CHAPITRE X
Retour sur ‘Br.
4. Raïes de conversion. — Nous allons revenir maintenant à l'étude de la courbe d'absorption donnée figure 27. Cette courbe présente trois points anguleux correspondant à des épaisseurs d'écrans de 0,40-1,90 et 4,65 mg./cem?. Ces discontinuités traduisent l’existence de trois raies électroniques dont la première est manifestement une raie d'électrons Auger.
D’après la courbe empirique de la figure 33 les deux autres parcours corre-pondent à des énergies de 34 et 53 kev. La différence de ces énergies est 29 kev et diffère assez fortement de 12 kev (différence entre les discontinuités d'absorption K et L du brome) pour que malgré l'imprécision expérimentale on puisse en déduire que ces deux raies ne sont pas la conversion K et L du même quantum. Dans ces conditions il existe un certain arbitraire dans l'estimation des photons qui donnent naissance à ces raies, selon qu'on considère celles-ci comme des raies de conversion K ou L. On aurait ainsi raie de 34 kev + quantum de 35,5 kev (L) ou de 47,5 kev (K); raie de 53 kev— quantum de 54,5 kev (L) ou de 66,5 kev (K).
On notera cependant que la présence d'électrons Auger indique l'existence d’une conversion K, mais comme nous n'avons pas étudié l'absorption au-dessus de 7,27 mg./em? il peut y avoir dans cette
région encore d’autres raies et nous ne pouvons pas affirmer que les électrons Auger soient associés à l’une des précédentes. Quoi qu'il en soit, notre résultat est en désaccord avec celui de Downing et Roberts (64) qui ont trouvé que la radioactivité de “Br n’était pas accompagnée de l'émission de raies X, d'où ils ont conclu que 5 0/0 au maximum des désintégrations Ê étaient accompagnés de conversion interne. Ici nous ne pouvons donner le pourcentage exact de conversions par rapport aux désintégrations 6, car nous ne sommes pas sûr que la fin de la courbe d'absorption corresponde au spectre 6 pur, mais nous pouvons la considérer comme une limite supérieure. Nous pouvons alors en déduire une limite inférieure du nombre d'électrons Auger et par suite du nombre de conversion K par désintégration. On trouve ainsi qu'il y a au moins 0,5 conversion K par désintégration £.
2. Les mesures d'absorption en coïncidences croisées. — Les résultats obtenus avec #?Br sont représentés par la figure 4o. Cette courbe ne montre que la discontinuité relative aux électrons Auger, ce qui indique qu’il n’y a pas de coïncidences entre rayons de conversion ni entre rayons 8 et rayons de conversion. Celles que l’on mesure sont certainement des coïncidences entre rayons Ê et y. Les mesures de Downing et Roberts (64) ont en effet montré que celles-ci étaient nombreuses.
La présence d’une raie d'électrons Auger traduit l’existence de coïncidences entre ceux-ci et les rayons de conversion K correspondants.
3. Interprétation. — L'absence de coïncidence entre les deux raies de conversion indique que leur émission n’est pas simultanée. On peut donc imaginer une émission en cascade mais avec un intervalle de temps supérieur à 2,3.1076 sec., soit deux modes alternatifs de transition.
Le fait que l’on n’observe pas de coïncidences entre les raies de conversion et les rayons 8 indique qu'il ne s’agit pas de quanta émis imméiliatement après la désintégration 6, celle-ci ayant laissé le noyau dans un état excité.
Deux hypothèses nous paraissent compatibles avec les faits observés :
19 la période de 34 heures n'est pas celle de ‘Br, mais celle d’un état métastable qui subit la transition isomérique ‘?Br*— S?Br, la période de désintégration & de Br étant assez courte pour que l’on ait toujours pratiquement l'équilibre de régime ;
20 la désintégration 6 de Br produit SKr te un étal excité métastable (de vie supérieure à »,3.10-$ sec.).
} S2Br + Ê kr LA ART