‹ Contribution à l'Etude de l'Organisation de la Lutte Antituberculeuse. Un Dispensaire Parisien de l'Office Public d'Hygiène Sociale en action. Statistiques de six années de fonctionnementChapitre 46 sur 98 · ASSISTANTES SOCIALES · texte numérisé non relu

ASSISTANTES SOCIALES

La création du service des assistantes sociales à l’hôpital constitue un progrès considérable pour la liaison nécessaire : L entre l'hôpital et le dispensaire antituberculeux. ù

Elles ne sont malheureusement pas encore en nombre suffisant pour leur permettre de remplir un rôle que nous considérons comme de premier plan.

Pour les trois hôpitaux dont relèvent les quartiers des Gran-

des Carrières et de Clignancourt (Secteur du dispensaire Marcadet), il y a une assistante sociale à l’hôpital Bretonneau et une à lhôpital Bichat. A l'hôpital Lariboisière, l’assistante sociale est attachée au service de la Maternité. - A l’assistante sociale, le dispensaire envoie une note sur les malades dont l’hospitalisation est jugée nécessaire; et l’assistante tient le dispensaire au courant de leur état pendant leur séjour à l'hôpital et signale la date et les conditions de leur départ.

Son rôle, à l’égard du dispensaire, ne se limite pas là et, malgré la lourde tâche qui lui incombe, elle signale souvent les malades en traitement pour tuberculose, afin de permettre au dispensaire de les conseiller à leur sortie et de visiter immédiatement leur famille. C’est là, ou plutôt ce devrait être, un des meilleurs moyens de dépistage, la plus efficace manière de permettre de remplir la mission de prophylaxie et d'hygiène.

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Que deux œuvres officielles s’emploient à la lutte antituberculeuse, ce n’est assurément pas de trop, si l’on envisage l’étendue de la tâche et cela d’autant plus que chacune d’elles répond à un besoin spécial, s’oriente vers un but particulier.

Il est légitime certes, de parler de liaison étroite, mais l’on ne saurait concevoir une fusion. |

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Tout d’abord, les Offices d'Hygiène sociale ont été créés par une loi spéciale visant non pas seulement le département de la Seine, mais tous les départements français. Ils ont leurs statuts officiels et sont tous en relations directes les uns avec les autres.

Quand on conseille à un des malades du dispensaire, blessé du poumon par la vie de Paris, de regagner sa campagne, c’est un devoir de l’adresser à l’Office d'Hygiène qui dessert sa localité. C’est pour lui une bonne parole et un conseil utile.

Il est regrettable que la situation financière n’ait pas encore permis l’application de la loi dans tout le territoire français.

En second lieu est-il besoin de rappeler qu’à l’hôpital le tuberculeux est un numéro que l’on couche et que l’on s’efforce de soulager; mais qu’à l’O. P. H. $S., le tuberculeux est le membre d’une famille, l’habitant d’une maison, le compagnon de travail à l’usine, à l’atelier, au magasin, au bureau, dans les moyens de transport, dans la rue, etc.

L’infirmière-visiteuse l’y suit partout : apprend à lui et à sa famille, avec tous les ménagements voulus, sa côntagiosité.

Elle lui enseigne comment il peut éviter aux siens, à ses cama-

rades de travail, et à tous, les dangers de contagion qu’il porte en lui.

A l'hôpital, on reçoit le malade, au dispensaire on s'occupe avant tout de ceux qui sont en relation avec lui et qu’il est susceptible de contaminer.

Aussi bien n’y a-t-il rien de commun entre l'infirmière du dispensaire, ses malades et leur famille, et l'infirmière de l’hôpital à l’égard de ses malades auxquels se terminera sa tâche. Cela ne veut pas dire que nous voulons diminuer le mérite de l'infirmière d'hôpital que nous avons pu apprécier à sa juste valeur.

Enfin, troisième et dernière raison que nous envisagerons, le rôle essentiel de VA. P. est de soigner et de guérir, quand cela est possible, les malades qui s’adressent à elle.

Le rôle du dispensaire est tout différent. De par sa définition

même d’organe d'hygiène et de prophylaxie, il ne comporte en

principe ni soins, ni traitement : il s’efforce d’éloigner les porteurs et les semeurs de bacilles tuberculeux, il les conseille pour qu'ils évitent, tout au moins le plus possible, de contagionner leur famille ou leur entourage, et soustrait leurs enfants, à la contagion. Conseils au dispensaire, conseils et surveillance discrets mais attentifs de l’infirmière-visiteuse, isolement des semeurs de bacilles, envoi des enfants à la campagne, en préventorium, etc voilà le rôle de l'O. P. H.S.

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RAPPORTS DU DISPENSAIRE AVEC L'ŒUVRE GRANCHER ET AVEC LES ŒUVRES PRIVÉES DE PRÉSERVATION OÙ DE TRAITEMENT HYGIÉ- NIQUE DE LA TUBERCULOSE.

Tout le monde connaît les merveilleux résultats de l’œuvre Grancher qui a réalisé ce but merveilleux mais scientifiquement prévu de supprimer la tuberculose chez les enfants de familles tuberculeuses.

Fondée le 7 novembre 1903, l'Œuvre Grancher n’a cessé de s'étendre, grâce aux efforts de son fondateur et de sa fondatrice Mme Grancher-Abreu. Après la mort de son mari, Mme Grancher n’a cessé de s’intéresser à l’œuvre jusqu’à sa mort toute récente. Il ne serait donc que juste d’associer Mme Grancher-Abreu à son mari dans la dénomination de PŒuvre. |

L’Œuvre Grancher a bien voulu accueillir un certain nombre d'enfants du dispensaire Marcadet et pour tous le résultat a été parfait.

«Dans la famille tuberculeuse, l'Œuvre de Préservation «prend des enfants encore sains, de 3 à 10 ans et les place à «la campagne dans des familles de paysans également saines «où les Pupilles passeront leur vie scolaire jusqu’à 13 ans, « plus même, car il est sûr que beaucoup resteront aux champs < et feront souche de paysans ou de paysannes ».

« Cette sélection de la graine encore saine de la race hu- «maine réalise la formule de Pasteur appliquée à la sérici- < culture ».

« Formule idéalement simple et scientifique, elle est Ja meil- «leure qu’on puisse opposer à l’envahissement du fléau tu- « berculeux car

« Médicalement, elle donne une solution complète et radicale, «elle supprime en effet toutes les causes de la tuberculose; «causes lointaines, le taudis et la misère des grandes villes «< qui préparent le terrain; cause immédiate, la contagion fa- « miliale.

« Socialement, l’enfant, enlevé à la promiscuité d’un logis «infecté de tuberculose, et placé pour une longue période de «sa vie dans une bonne maison, en plein air, avec une nour- «<riture abondante, devient un être nouveau physiquement et « moralement. Il arrive plein de vigueur au seuil de l’adoles- «cence et peut alors choisir entre la vie des champs et le re- «tour à la grande ville » (J. Grancher).

C’est en 1907, que le Professeur Grancher exposait ainsi le but et la méthode de son œuvre. Elle a donné ses fruits, ’elle a fait sa preuve, il faut la continuer, il faut l’étendre, il faut

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