AVANT-PROPOS
La botanique, dit Fontenelle (Kloge de Tournefort), ne serait qu'une simple curiosité st elle ne se rapportait à la médecine et, quand on veut être utile, c'est la botanique de son pays qu'il faut éludier.
Personne noseratl certes reprendre aujourd'hui pour son compte l'affirmation de Fontenelle. En dehors de l'intérél qu'elle peut présenter en soi, l'étude approfondie du règne végétal à apporté à la philosophie des arçuments el des points de vue, à l'agriculture el à l'industrie, des résultats pratiques tels que la place de la Botanique, son importance comme science pure, son rôle comme science appliquée sont définitivement établis.
C’est cependant le double point de vue indiqué par Fontenelle qui a quidé ce modeste fravail dans lequel Je me suis proposé de passer en revue les plantes indigènes ou cultivées en France ef qui peuvent, par différents modes de contact el à des degrés divers. amener des dermatiles plus ou moins graves.
Dans son Discours sur l'histoire des plantes vénéneuses et suspectes de la France, Bulliard dit : « Les connaissances de l'homme ne devant pas se borner à ce qui peut lui étre utile, il doit prendre le même intérêt
à ce qui peut lui être nuisible pour l'éviter. »
Er ie.
Parmi ces plantes nuisibles, à connaître el à éviler, il faut placer toutes celles dont on verra les noms dans ce travail. Plusieurs d'entre elles ont élé fréquemment cilées pendant ces dernières années, dans les revues horticoles, particulièrement en Angleterre el en Amérique, el dans des journaux de médecine ; c'est la lecture de ces observalions qui n'a suggéré l'idée de faire une étude d'ensemble de ces végétaux.
Je me suis borné pour chacun d'eux, comme rensetgnements botaniques, à indiquer exactement leur idenlité et leur place dans la classificalion, une description complète el détaillée aurait été hors de proportion avec mon cadre, el une courte et sèche diagnose n'aurait quère renseigné sur ces plantes dont on frouvera la description dans tous les livres spéciaux.
J'ai pensé, en revanche, qu'il était important d'indiquer en quelques mots l'allure, la durée, l'habitat, etc. ces renseignements pouvant, dans certains cas, éveiller l'attention sur telle ou telle espèce.
J'ajoute, enfin, que je nat pas parlé, parmi les champignons, de ceux qui vivent en parasiles sur l’homme ef provoquent chez lui les accidents polymorphes que l'on connaît.
Méme limilé ainst, ce (ravail présente des imperfeclions que je ne me dissimule aucunement ; d'abord au point de vue des espèces citées, je n'ai pas la prétention d'apporter une liste définitive el de nouveaux noms viendront sans doute s'ajouter à ceux que je donne.
Quant aux espèces étudiées, les renseignements donnés sur beaucoup d'entre elles auraient gagné à être plus détaillés el plus précis. J'ai à ce point de vue,
HEnies
une excuse dans le grand nombre de plantes étudiées el dans les proportions que ce (ravail aurail élé amené à prendre si toutes avaient élé trailées avec les développements que quelques-unes ont reçus.
Enfin, pour beaucoup, les renseignements déjà publiés sont rares, et il aurait fallu instituer des expérimentalions el des recherches fort lonques pour pouvoir apporter une solution exacte el précise à bien des problèmes qui ne sont que posés au cours de cette étude.
J'ai, d'ailleurs, pour plusieurs de ces plantes, commencé des recherches plus approfondies et j'espère que l'avenir me permettra d'apporter, pour ma part, quelques-unes de ces solutions.
Je profite ici de l’occasion qui m'est offerte par l'usage pour exprimer à mon maître, M. le professeur Beauvisage, mes sentiments de reconnaissante affection el de respectueux dévouement. Plus de treize années ont déja passé depuis le jour où j'ai trouvé dans son laboratoire l'accueil plein de bonté et de cordialité qu'y ont toujours trouvé {ous ceux qui sont venus y chercher une direction el une méthode de fravail.
Depuis, j'ai eu le grand honneur d'être son collaboraleur non seulement dans son enseignement de la Facullé, mais encore sur plusieurs des lerrains où ül apporte l'unité de méthode scientifique et l'activité prodigieuse qui le caractérisent. Pour tous les (émotgnages d'affectueuse sympalhie q ue j'ai reçus sisouvent de lui,qu'ilveuille bien agréer ici,en retour, ce public hommage de mon affection el de ma reconnaissance.
M. le professeur Florence voulut bien, il y à onze ans, me choisir comme Chef des (ravaux praliques au