‹ Contribution à l'étude de l'ostéopsathyrose idiopathique (maladie de Lobstein)Chapitre 15 sur 32 · OBSERVATION XII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XII

(Observation du professeur Brenner (New-Orléans). The Archives of pédiatrie s, 1906, p. 583).

Résumé de l'observation .— Enfant de six ans. Rachitisme probable.

Nombreuses fractures des membres inférieurs, souvent diagnostiquées tardivement.

Déplacements notables.

Symptômes des fractures très atténués.

Guérison rapide avec cols appréciables. Déformation notable de certains membres.

L’enfant a été rarement soigné à l’hôpital.

Radiographie intéressante.

Hérédité. — Père et mère bien portants ? Peu de renseignements.

Frères et sœurs normaux.

S...B...,âgéde cinq ans et demi, me fut envoyé, à fin d’examen, le 12 avril 1906. C’était un petit garçon d’apparence délicate, avec une tête un peu grosse, par rapport au reste du corps. 11 marche clopin-clopant avec l’aide d’une paire de béquilles. Les membres inférieurs sont courts et les pieds tournés en dehors.

Le père et la mère sont tous les deux en vie et semblent

être sains et robustes. Il est le sixième enfant ; les autres enfants paraissent normaux.

Jusqu’à l’âge de quatre mois il fut bien portant. A ce moment, à la suite d’une maladie de sa mère, il fut nécessaire de le sevrer et de le nourrir au lait condensé ; il eut alors une diarrhée persistante. La première dent vint à un an, dit la mère, à deux ans, soutient le père.

Les fontanelles sont restées ouvertes jusqu’à quatre ans. Alors qu’il commençait à peine à marcher, au cours de sa troisième année, il fit une chute de sa petite voiture, se plaignit beaucoup et ne voulut plus essayer de marcher. Peu de temps après son pied se tourna en dehors et sa hanche devint saillante. La fracture ne fut pas soupçonnée et aucun traitement ne fut appliqué. Un peu plus tard, il se cassa également le bras, mais le diagnostic ne fut pas fait : aucun traitement. Un jour, son père sentit une bosse sur le radius gauche, ce qui lui fit penser que l’os avait été cassé.

Après une période dont je ne peux fixer la durée, l’enfant recommença à marcher, puis, au bout de quelques mois, il se cassa de nouveau une jambe.

En février igoS, il fut amené à un médecin pour la difformité de sa hanche. On fit le diagnostic de coxa vara et on pratiqua l’ostéoclasie. Lorsqu’on enleva la gouttière plâtrée, il se trouva que l’os était dans une position plus mauvaise qu’antérieurement. Entre temps, la santé du petit malade était devenue mauvaise, et il fut urgent de le remonter par des toniques.

En décembre igoS, le membre inférieur gauche, qui était d’un pouce plus long que le droit, commença à raccourcir.

la hanche à devenir saillante et douleureuse. On. ne soupçonna pas de fracture.

Au bout de quelque temps, l’enfant recommença à marcher clopin-clopant avec des béquilles. Les deux membres sont maintenant de la même longueur.

A l’examen, il semble qu’on ait affaire à une coxa vara des deux hanches ; les trochanters sont plus saillants et plus hauts que normalement. Les mouvements de l’articulation ne sont pas diminués, mais quelque peu douloureux.

L’examen radioscopique montre, immédiatement, la nature de cette maladie des hanches. Du côté droit, un peu au-dessous le trochanter, on peut voir un eal marquant la place d’une ancienne fracture. Un peu plus bas, il apparaît que l’os a été cassé à une autre place. Du côté gauche, on voit nettement la trace d’une fracture, juste au-dessous du grand trochanter. Le fragment supérieur a été soulevé par l’action des muscles pelvi-trochantériens et il y a un sillon marqué entre les deux fragments. Aucun cal n’est visible, mais l’union a, sans aucun doute, eu lieu.

La radiographie des deux hanches est encore plus concluante Les altérations des deux diaphyses fémorales sont très nettes, et on a la preuve qu’à un moment donné il y eut un décollement épiphysaire du fémur droit accompagné d’un léger déplacement. La diaphyse du fémur droit paraît plus épaisse qu’à gauche.

L’examen radioscopique du reste de la charpente osseuse permet de reconnaître une ancienne fracture du radius gauche. Rien d’autre à noter, sinon l’extrême minceur des péronés.

En raison de l’extrême fragilité des os, je ne jugeai pas Poirrier 4

prudent de pratiqùer une nouvelle ostéoclasie pour atténuer la déformation des hanches. Un traitement tonique ; huile de foie de morue, malt et phosphore, fut simplement institué et le malade retourna chez lui.

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