‹ Contribution à l'Étude de l'OthématomeChapitre 20 sur 25 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Anatomie pathologique.

Ici se place le fameux problème de savoir quel est le siège de l’othématome et quelle est la constitution de cet épanchement.

MABiLLE admet a priori que l’épanchement se fait dans le tissu cellulaire sous-cutané, mais nous comprenons d'autant plus mal cette solution que nous avons étudié en détail la structure de l'oreille. Le tissu cellulaire de la partie externe du pavillon fait en grande partie défaut et quand il existe il est extrêmement dense; la peau est intimement unie au cartilage dans la plus grande partie de son étendue et on s'explique difficilement que l’hématome puisse se faire dans son épaisseur.

D'ailleurs, MABizce établit une différence fondamentale entre l’ecchymose et l’hématome simple. Pour lui Pecchymose serait due à la rupture de capillaires; l’hématome serait dù à la rupture d’une artériole, l'hémorragie se faisant subitement ou au contraire très lentement suivant le diamètre de l'artère lésée. Il conclut que l’hématome est dû à la rupture d’une artère venant soit des auriculaires antérieures, soit des branches postérieures des auriculaires postérieures parce qu'il n'a jamais remarqué la couleur areen-ciel de l’ecchymose. Nous nous expliquons mal que l'épanchement se faisant dans le tissu cellulaire sous-cutané, régresse sans passer par les stades de coloration, que l’on observe dans la résorption de tout épanchement sanguin situé sous le derme.

Cossy qui a étudié la question de très près s'exprime en ces termes. « Un instrument piquant enfoncé au centre de la tumeur arrivé à la profondeur de trois millimètres environ, transmet au doigt la sensation d’une résistance vaincue. Aussitôt qu'il est retiré, il s'écoule spontanément une sérosité visqueuse, sanguinolente, inodore, dont la quantité varie suivant le volume de la tumeur. Celle-ci une fois vidée s’affaise. Un stylet que l’on y introduit pénètre dans une cavité qui ne paraît pas cloisonnée et dont le fond est constitué selon toute apparence par le cartilage de l'oreille qui paraît un peu inégal ».

Il ne nous parait guère vraisemblable qu'il se soit fait autour de l’épanchement une paroi résistante analogue à un cartilage de nouvelle formation.

Le Docteur PIQUÉ, cité dans la thèse d'HorrELou?p, attire l'attention sur ce fait que le bistouri doit, quinze jours après la formation de l’othématome, traverser une couche épaisse de cartilage, pour atteindre la collection liquide.

FoviLce a trouvé dans une coupe d’othématome un caillot organisé rougeâtre, compris entre deux couches de cartilage.

Vircaow explique que si la régression de ces épanchements est si longue à se faire, c’est justement parce que le périchondre et le cartilage empêchent le sang de se répandre dans les tissus voisins. Il compare l’othématome au céphalhématome. Dans un cas il y aurait décollement du périchondre et dans l’autre décollement du périoste; il se formerait ainsi un espace virtuel dont s’emparerait brusquement l’épanchement.

VircHow et Fovize sont donc d'accord pour déclarer que l'othématome se produit entre le cartilage et son périchondre. VircHow explique ce fait en précisant qu'il y a des altérations antérieures du cartilage qui facilitent le décollement.

Le Docteur TisakoFr a observé de même que l’othématome débute par une inflammation du périchondre, qui est suivie de l'absorption du cartilage due à la formation de

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nouveaux vaisseaux sanguins. € La rupture de ces vaisseaux engendre une cavité entre le périchondre et le cartilage, cavité qui augmente par l’afflux du sang. La forme caractéristique de l'hématome est produite par la cavité située entre le cartilage et le périchondre. Le sang est peu à peu absorbé et l'épaisseur des parois de la cavité est augmentée par la prolifération du tissu conjonctif ».

Pour RoBERTsoN, il y aurait un cartilage néo-formé antérieurement, dont les vaisseaux à parois embryonnaires se rompraient très facilement.

Il est vraisemblable que les opinions de VircHow, de FoviLLE, complétées par les observations de Tisakorr et de ROBERTSON, se rapprochent beaucoup de la réalité. Nous en sommes d'autant plus convaincu que MouRE a constaté la formation d’une véritable poche kystique entre le cartilage et son périchondre, chez un instituteur qu'il avait opéré pour un othématome.

Nous pouvons nous rendre parfaitement compte de la prolifération du cartilage, par l'examen histologique qu'a fait MAssé d’une pièce enlevée par Picqué. Le combpterendu est rapporté dans la thèse d'HorrELOUP et nous ne pouvons que le reproduire en entier : |

« 1) A la face profonde d’une couche épidermique on rencontre un feutrage formé de fibres conjonctives et élastiques, sinueuses, non agglomérées et seméesde ci, delà, de cellules allongées à noyaux ovalaires.

« 2) Plus profondément on trouve une couche de cartilage hyalin. Les chondroblastes sont très nets et colorés en rose par l’éosine. Les cellules cartilagineuses sont le plus souvent au nombre de une dans chaque chondroblaste. Quelquesuns de ceux-ci cependant contiennent deux cellules à petits noyaux irrégulièrement arrondis.

«3) En dedans de cette couche cartilagineuse on rencontre une couche assez épaisse de tissu mal coloré par l’éosine, ne présentant aucune structure fibrillaire. L'ensemble de

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