INTRODUCTION
Roux avoue dans son intéressant mémoire sur la Staphylorraphie, que son jeune médecin Canadien est le premier sujet sur lequel il observe une perforation du voile du palais. Il n’ignore pas, sans doute, que des faits semblables ont été relatés et décrits par différents auteurs : Malouet (1735), plus tard Muys, Jourdain et Lévret; mais ce jour là encore il se félicitait du hasard qui lui faisait observer un fait considéré comme rare. Trente-quatre ans plus tard (oct. 1853), il pratiquait sa cent quarantième staphylorraphie. Ce chiffre, mieux que tout raisonnement, fait comprendre quelle était erreur de Roux et de ses devanciers. :
C’est un dentiste, Lemonnier, qui paraît avoir le premier tenté cette opération. Velpeau découvrit la relation du fait dans un ouvrage du DrRobert, régent de la Faculté de Médecine, publié en 1766 et ayant pour titre : Principaux Objets de Médecine (1).
(1) « Un enfant avait le palais fendu depuis Ie voile jusqu'aux dents incisives; M. Lemonnier, très habile dentiste, essaya avec succès de réunir les deux bords de la fente. Il fit d’abord plusieurs points de suture pour les tenir rapprochés, ensuite il les rafraîchit avec un instrument tranchant. Il y survint une inflammation qui se termina par suppuration et celle-ci fut suivie de la réunion des deux lèvres de la plaie artificielle. L'enfant fut parfaitement guéri. »
Remarquons, en passant, que ce fut une réunion par seconde intention.
Dans un paragraphe suivant, ilest fait mention d’un traitement des perforations du palais. Tout porte à croire que c’est de la cautérisation qu’il s'agit.
nee
En 1778, Eustache (de Beziers), qui déjà partiquait l'opération de Manne, observa une perforation du voile du palais sur son propre enfant. Il proposa l’opération et décrivit un procédé opératoire. L’Académie de chirurgie, à laquelle 1l en reféra, condamna par l'organe de Dubois, son rapporteur, la belle conception du chirurgien de Béziers.
Que Colombe ait pratiqué la staphylorraphie sur le cadavre, que ce même chirurgien en 1813 et Itard en 1815, aient proposé cette opération à leurs malades, c’est possible. Que de Graefe lait exécutée et qu'il ait publié l’observation dans le Journal de Hufeland, en 1816, le fait est incontestable. Mais ce qui est non moins incontestable, c’est que Roux, quoiqu’en aient dit des jaloux qui se firent Pécho des réclamations injustes de nos aigres voisins,n’eut pas connaissance de ces faits. Il conçut l’opération de toutes pièces et en moins de temps, comme le dit M. le jrofesseur Verneuil, . que nous n’en mettons à écrire ce paragraphe.
C’est le hasard presque qui lui amène la visite du jeune médecin Canadien et lui fait découvrir son infirmité ; il l’interroge, l’observe, comme savent observer les maîtres. Un mouvement de déglutition rapproche les lèvres de la solution de continuité ; l’idée à Jailli. Le surlendemain 1l la met à exécution. Onze jours après l'opération, Stephenson vient guéri se présenter à l’Académie des Sciences.
Il ya loin, ce nous semble, de ce coup de maître aux titonnements et aux communications à huis clos du professeur de Berlin. Nous ne contestons pas au savant d’Outre-Rhin loriginalité de son idée, si confuse qu'il l'ait conçue, mais, s’il accuse notre illustre compatriote