RALENTISSEMENT DU COURS DE L'URINE
Comme artifice de technique et pour améliorer les images, LENARDUZZI, PECCO, ZIEGLER et KÔHLER ont trouvé bon de provoquer une staäse dans les voies urinaires
FAT | es supérieures ou bien de ralentir le cours de l'urine. A.cet effet, on s’est servi de la position de TRENDELENBURG, Ou
bien de la lordose lombaire, accentuée en mettant un
rouleau sous le bassin, pieds tendus, ou encore du remplissage préalable de la vessie à la manière de ROSENO.
Mais le moyen le plus efficace est la compression urétérale, On l’a réalisée, soit :
Par voie inguinale externe; Soit, et mieux, par voie interne : par le vagin chez la femme et par le rectum chez l’homme.
Cette compression, de courte durée, est recommandée par tous les auteurs. CONSTANTINESCO pense que cette . compression serait surtout indiquée dans les cas où l’on soupçonne une lésion de début, cas où il y aurait un certain intérêt à augmenter l’intensité des images pour saisir les différences possibles entre les deux côtés. Dans les cas où il s’agirait de lésions confirmées, la compression serait moins utile. « Mieux vaut laisser les choses en état, écrit-il, pour tirer tous les renseignements rénaux et, éventuellement, vésico-urétéraux, que la compression efface. »
Injection.
L’injection sera essentiellement intraveineuse, l’infration du produit en dehors de la veine pouvant être caustique. Nous avons cependant relevé dans la littérature quelques cas où le liquide s'étant répandu de la veine . dans les tissus, la résolution se faisait sans le moindre accident.
Les promoteurs de la méthode et les auteurs qui les ont suivis pratiquaient l’injection en deux temps, à un
intervalle de deux à trois minutes et très lentement. « Cette manière de procéder, dit DRAGoNAs, est très désagréable au malade, car elie demande deux piqüres et le prolongement du temps de l'intervention. » Aussi proposait-il, en 1931, de pratiquer l'injection en une seule fois et en deux minutes. Il prétendait qu’il ny avait à cela aucun inconvénient ni le moindre symptôme désagréable. Certains cliniciens pratiquent l'injection rapide, en deux à trois minutes, à la manière de Dra- GONAS. Il est recommandé, dans ce cas, de s’arrêter d’injecter s’il survient de la dyspnée, tachycardie, ou sueurs.
Cependant, la plupart des expérimentateurs conseillent de pratiquer l'injection lentement, soit en dix ou quinze minutes.
L’injection d’urosélectan déterminant parfois, le long du trajet de la veine et au niveau de l’épreuve, une douleur assez vive, JEHIEL a remarqué qu’en pratiquant l'injection, le bras étant en position élevée, cette douleur était très atténuée ou même absente.
Appareils utilisés pour l’injection.
Toutes sortes d'appareils ont été préconisés. On pourra se servir aisément de l’appareil à injection intraveineuse de sérum, ou de deux seringues de 20 centimètres cubes. SCHUSMASCHER a employé une burette à double courant; dans l’une des branches se trouve de l’urosélectan; dans l’autre, du sérum physiologique, ce qui lui permet, à la fin de l'injection, de laver la veine.
VAR {ne
La seringue à transfusion de JUBÉ, l'appareil de TZANCGK, ont été également employés.
Dose à injecter.
Vox LiCHTENBERG injectait 100 centimètres cubes de. la solution à 40 %, pour les sujets adultes, et 40 à 60 centimètres cubes au-dessous de 16 ans. D’autres auteurs convinrent de diminuer la dose. À l'Hôpital Necker, en 1931, CONSTANTINESCO utilisait cependant la dose totale à partir de-12 ans et moitié dose au-dessous. Nous avons vu que la solution de 40 % avait été ramenée à 30 %. Les images obtenues ont été tout aussi bonnes. Actuel- lement, la tendance est de réduire la dose à 20 et même 15 grammes. Chez des sujets particulièrement fatigués ou chez ceux où des manifestations toxiques sont à redouter, on est arrivé à injecter de faibles doses, ce qui n’a pas empêché l’obtention de bonnes images.
En pratique, on utilisera d’une manière générale des doses peu élevées (20 grammes) lorsque lépreuve est facultative. On emploiera une dose plus élevée (30 grammes) quand le diagnostic et l'indication opératoire reposent essentiellement sur cette épreuve. On augmentera ainsi les chances de succés.
Chez l'enfant, on a utilisé les doses suivantes : au-dessous de 16 ans, 16 à 24 grammes du produit.
Chez le nourrisson : 8 grammes dissous dans 20 centimètres cubes d’eau suffisent.
tea.
Prise des clichés.
La radiographie est faite sur le malade couché. Parfois, il y aura intérêt à faire varier la position: ainsi, dans le cas de néphroptose.
Les promoteurs de la méthode, Swicx et Vox Licx- TENBERG, Conseillaient de prendre trois clichés: un quart d'heure, trois quarts d'heure, une heure un quart après l'injection. Ils pensaient qu’en pratique ces trois clichés suffisaient le plus souvent.
Le moment de la prise du premier et du dernier cliché ont été plus particulièrement étudiés.
Le premier cliché, suivant le conseil de HUTTER, devrait être pris dès la fin de l’injection. On pourrait ainsi noter les différences de rapidité dans Papparition des images. |
Le dernier cliché devrait, dans les cas de reins à mauvaise élimination, être pris très tard, au bout de deux ou trois heures.
Signalons que l’emploi du ténébryl permettra des radios un peu plus rapprochées : la première, dix minutes après l'injection; la deuxième, quinze à vingt minutes plus tard; la troisième, quarante minutes après environ.
CONSTANTINESCO pense que pour tirer le maximum de renseignements, il est indispensable de prendre au moins les trois épreuves réglementaires. À son avis, il serait nécessaire de prendre quatre épreuves, la première regardant le remplissage vésical, question importante dans l'interprétation des images. Les épreuves multiples réclament, il est vrai, beaucoup de matériel
radiologique, mais on compense, dans certains cas, par l'ampleur des renseignements et leur valeur.
Une autre question qui échappe bien souvent est la figuration de la vessie. CONSTANTINESCO fait remarquer que l’image vésicale est l'expression fidèle de la valeur fonctionnelle des reins, et l’on peut poser comme formule, s’il n’y a pas d'autre obstacle dans le trajet des voies excrétrices : “1
Vessie intense : rein bon.
Vessie faible : rein mauvais.
Vessie absente : rein détruit.
Il nous faut signaler aussi que la plupart des urologistes pratiquent un cliché témoin avant toute injection. Nous avons déjà exposé le but principal de cette pratique : voir les gaz.
Les règles que nous venons d'exposer ne sont pas absolues. Le moment de la prise des clichés varie avec chaque malade. Ainsi que le dit le Docteur ROQUETANIÈRE dans sa thèse: « D’une facon générale, les données fournies par des clichés successifs développés au fur et à mesure nous fixeront sur l'horaire à établir pour la prise des autres radiographies. »
Incidents et accidents
L'urosélectan est une substance chimique qui, malgré son contenu en iode, est bien tolérée par l'organisme.
Expérimentalement, dans les intoxications aiguës par Purosélectan, les lapins meurent d’œdème aigu du pounion et le produit se dépose dns tous les vaisseaux de l'organisme.
On a beaucoup exagéré les manifestations consécutives à la pyélographie intraveineuse par l’urosélectan. JEHIEL pense que « la gravité ou l’inocuité complète ont été certainement affirmées d’une manière trop absolue. » il ajoute qu’il convient de juger la méthode avec moins de rigueur et de parti-pris.
Nous allons passer en revue les divers accidents qui se sont produits en essayant de les rapporter à leur véritable cause. On distingue : Ç
1° Les incidents indépendants de toute erreur :
a) Incidents bénins; b) Incidents plus graves;
2° Les incidents par faute de l'opérateur, dans lesquels nous distinguerons avec les auteurs :
a) Les fautes de technique;
b) Les erreurs d’indication.
1° Incidents indépendants de toute erreur.
Ils ne sont pas constants. Ils étaient Re plus fréquents au début de la méthode.
Au cours des nombreuses pyélographies pratiquées à l’Hôtel- Dieu, nous n’avons constaté aucun accident sérieux.