VALEUR THÉRAPEUTIQUE DE L'UROTROPINE
L’'Urotropine. — Antiseptique des voies urinaires.
L'action antiseptique de l’urotropine est la propriété principale de ce corps, c'est celle que tous les auteurs se sont efforcés de mettre en évidence par l’expérimentation et la clinique. Nicolaïer est le premier qui ait fourni un travail complet sur la question en 1894, et c'est depuis celte époque seulement que l'urotropine à mérité de prendre place en thérapeutique au premier rang des médicaments tels que le salicylate de soude, l'acide benzoïque, le salol qui visent à produire une action antiseptique sur les organes et le liquide uripaire, en s'éliminant par la voie rénale. Ces médicaments sont d'usage courant en clinique, cependant tous les praticiens n'ignorent point combien leur action est inconstante et peu sûre. À ce sujet, voici comment
s'exprime M. Guiard, dans son livre sur le traitement du prostatisme :
« Nous ne devons pas pourtant abandonner tout « espoir de réaliser l’antisepsie des voies urinaires par « une médication interne et d’en obtenir d'excellents « résultats thérapeutiques. Je dois même réserver une « mention spéciale à un nouveau produit, l'urotropine, « que le professeur Nicolaïer a eu le grand mérite « d'introduire dans le traitement des affections infiam- « matoires de la vessie et de l'urêthre. Nous pouvons « ranger ce médicament au premier rang de ceux « qu'il convient d'utiliser chez les prostatiques infec- « Lés; les résultats que j'en ai obtenus ont été très « satisfaisants ; mais si nombreux et si surprenants « que soient les bons effets qu'il exerce, ils ne sont pas «constants et il existe en dehors de la tuberculose « quelques observations dans lesquelles son action est « restée complètement impuissante. »
L'action de Furotropine dans les infections des voies urinaires doit être, selon nous, envisagée dans deux sortes decas.Dansunpremiergroupe,nouscomprenons toutes les lésions infectieuses secondaires où l'infection n'est pour ainsi direque symptomatique ; par exemple, la cystite consécutive à un rétrécissement uréthral ou la cystile des tabétiques. Ici l'urotropine rend de réels services,.elle calme les phénomènes douloureux et diminue l'infection, mais ses bons effets ne sont pas durables et ne se maintiennent pas tant que dure la cause initiale de l'affection. Dans un second groupe de faits, nons envisageons les infections profondes et anciennes, où l’urotropine agit souvent comme un anti-
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septique interne puissant ; sous son influence, en effet, les urines redeviennent claires, les douleurs se calment légèrement, mais il est illusoire d'obtenir avec ce médicament une guérison même passagère.
Il est un premier fait qu'il nous faut mettre en lumière et sur lequel nous devons particulièrement insister, C’est que l'urine des malades ayant pris de l’urotropine, devient claire et reste claire dans la plupart des cas. Or, aucun médicament de ce genre y compris le salol, n’est capable de produire un pareil effet. Il nous à été donné d'observer ce phénomène en particulier chez un tabétique dont nous publions plus loin l'observation (Observation XXI). Ce malade rendait des urines très troubles et, de plus, se plaignait de violentes douleurs dans la région vésicale, Une dose de 1 gr. 50 d'urotropine par jour, rendit aux urines leur limpidité et atténua d'une facon considérable les phénomenes douloureux el, en outre, ce qui est bien en faveur de l’action bienfaisante du médicament, c’est qu'après la suppression de l’urotropine, les urines redevinrent troubles et le malade recommenca à souffrir.
La clarification des urines est le principal effet de l'urotropine; c’est un résultat facile à vérifier el qui saute aux yeux dès que l’on emploie ce médicament. La sédation des douleurs est moins constante, cependant nous avons trouvé des malades, de vieux uripaires en général, qui ont redemandé du médicament après en avoir pris une première fois (Observations XXI et XXII). Un autre caractère de l’action de l'urotropine, C’est qu'après l'ingestion de ce reméde, l'urine d’abord alcaline et d’odeur ammoniacale, perd
cette réaction alcaline pour en prendre une légèrement acide et l'odeur ammoniacale disparait complètement, au moins tant que dure l’action de l’urotropine.
On comprend, dès lors, que ce médicament puisse avoir une influence heureuse sur les infections des voies urinaires. Nous avons pu remarquer que celte action favorable se manifestait surtout dans les infections légères ou récentes, er particulier dans celles résultant de rétention d'urine, soit à la suite de paralysie vésicale ou de rétrécissement uréthral. Dans ces cas, l'urine résiduale favorise la pullulalion des bactéries, et la décomposition de l'urine, empire l’état du malade. Dans de tels cas, où l'urine est alcaline, ammoniacale etsouvent purulente, l’action del’urotropine est remarquable et, de l'avis des auteurs, surpasse l’action des divers remèdes et diurétiques, tels que benzoates, salol, bleu de méthylène, et Casper la considère comme un spécifique dans ces affections. Ce dernier, en effet, dans les cystites ammoniacales des vieillards, à obtenu uïe améloriation inespérée et, à pu maintenir les malades dans un état très satisfaisant par lurotropine. Il l'a employée maintes fois pour des hypertrophies de la prostate durant depuis des années avec une rétention d'urine, une cystite dont la guérison est malheureusement impossible et il a pu rendre l'existence supportable aux malades, ce qu'il considère comme un devoir du médecin. Il faut dire que bon nombre de cas de cystites légères, bénignes, guérissent toutes seules après suppression des causes qui les provoquaient et sans urotropine, de même qu'on voit des améliorations de cystites provenant de rétrécissements dans les voies
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urinaires, quand on élargit le calibre des canaux etque l'écoulement de l’urine se rétablit. Cependant l'urotropine est un remède excellent, tant que la cause première de la maladie n’a pas disparu et elle soutient et favorise le traitement local qu'il ne faut jamais négliger dans ces cas.
La blennorragie semble être améliorée souvent par l’urotropine. Le médecin anglais Dalton dans un travail publié dans The Therapist publie un certain nombre d'observations, desquelles il découle que l'urotropine aurait une réelle valeur pour guérir les écoulements provenant d’uréthites postérieures (Observations XV, XVI). Nous croyons devoir nous ranger à l'avis de Goldberg qui dit que les infections gonorrhéïques légères sont très améliorées par l’urotropine, surtout lorsque ces infections sont assez limitées (Observations XI à XIV). Dans ces cas l’urotropine contribue à maintenir les bons effets d’un traitement local en aseptisant les urines. De plus, il est facile de comprendre que ce médicament, par son ation sur les microorganismes, dont il entrave le développement, peut, dans certains cas, empècher la propagation de l'infection et jouera ainsi un grand rôle au point de vue prophylactique. |
Quand on passe maintenant à l'étude de l’action de l'urotropine dans les cystites à infection plus prononcée, on peut voir que ce médicament à une certaine valeur dans le traitement symptomatique de ces affections et, qu'il peut apporter aux malades un grand soulagement.
Orlowsky l'a employée chez sept malades atteints
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de cystite (à la dose de 0 gr. 50, trois fois par jour). Pour mieux déterminer l'action de lurotropine, il procède de la facon suivante : après avoir soumis ses malades à un traitement inditrérent, il leur à administré de l’urotropine, après quoi, il les à soumis de nouveau à un traitement indifférent. Pendant toute la durée de l'observation, il a donné à tous les malades la même nourriture etil a constaté que sous l'influence de l'urotropine, les phénomènes catarrhaux s’améliorent, les douleurs éprouvées pendant la miction deviennent moins aiguës.
Casper reconnait une valeur réelle à l’urotropine dans le traitement des cyslites graves, accompagnées d'état général mauvais et dans les pvélo néphrites ascendantes consécutives. Voicicomment ils'ex prime : « Dans les cas où il y à de la suppuralion dans les « reins etla vessie souvent depuis des années, il existe « de véritables intoxications du sang. Alors que « l'inflammalion dure déja depuis longtemps sans « avoir amené de troubles généraux, l’état des « malades se modifie subitement; ils s’affaiblissent, « perdent l'appétit, le teint devient livide, la langue « sèche, lasoifestardente etcontinuelle, la température « s'élève. C'est la fièvre urinaire chronique qui pro- « vient d'une résorplion des toxines des microorga- « nismes où dune intoxication par l'urine.
« C'est dans ces sortes de cas quel'urotropine mani- « feste entièrement son effet: J’en ai traité un grand « nombre par ce remède et, presque toujours, il amena « une amélioration surprenante; l’affaissement dis-
« parut, la langue devint humide et l'appétit fut « recouvré. »
Dans ces sortes de cas l’urotropine amène, en effet, une amélioration considérable, en ce sens qu’elle calme les douleurs parfois violentes etarréte les fermentalions ammoniacales de l'urine; mais on ne doit pas songer à obtenir une guérison durable avec ce seul médicament, car il ne faut pas lui demander d'avoir une action directe sur les lésions ou les inflammations préexistantes des voies urinaires. Les lésions tuberculeuses, en particulier, ne semblent nullement modifiées par l’action de l'urotropine ; dans un seul cas pourtant, dont nous relatons plus loin l'observation, Purotropine semble avoir apporté une légère amélioration et, de plus, nous devons ajouter que l’urotropine à été administrée dès que les premiers symptômes de l'affection ont apparu (Observation XXI.
L'urotropine agil comme un désinfectantde l'urine el, elle agit d'autant mieux, qu’on lui donne une action plus énergique à doses égales, en acidifiant simultanément l’urine à l’aide du benzoate de soude et de l'acide phosphorique. Nous avons vu, en effet, que l’action antiseptique de l’urotropine est due à ce qu’elle dégage de la formaldéhyde et que ce dégagement se fait beaucoup mieux et avec beaucoup plus d’abondante en présence dun acide.
On peut dire que lurotropine est totalement inoffensive, même à de fortes doses. Jamais chez les malades auxquels nous l'avons administrée, nous n'avons eu à noter d'accidents. Cependant, M. Janet à pu observer
une seule fois, une violente colique néphrétique consé- Or 3