OBSERVATION II
(Cette ‘observation et les trois suivantes ont été signalées par Darier à la Société de Dermatologie et syphilis, avril 1904.)
Mile L..., cinquante-cinq ans, laveuse, entre à la Pitié pour une dermite artificielle localisée sur les poignets. On lui trouve le corps couvert de taches rondes ou ovalaires, plus ou moins pigmentées, peu ou pas saillantes. La réaction urticarienne à la piqûre commence environ une minute après l'irritation et persiste pendant plusieurs heures.
La malade dit qu'elle éprouve de temps en temps des « poussées » spontanées, avec congestion et prurit. On ne voit rien de semblable pendant un mois et démi de son séjour à l'hôpital. Pas de dermographisme de la peau intermédiaire aux taches. La maladie remonterait à l’âge de six ou sept ans.
OrservarTioN III (20 juillet 1904.)
M. F..., cinquante-six ans, vigoureux, entre à l'hôpital pour une éruption qui a débuté entre le ro et le 15 juin 1904. Le malade ne se plaignait de rien auparavant. Les premières taches ont apparu sur le tronc sous forme de boursoufiures analogues à des piqûres d’insecte; il s'en développe con stamment de nouvelles qu'il ne remarque que parce qu'il se regarde souvent. Les taches sont arrondies, planes, lenticulaires, d’un rose jaunâtre ou un peu livide. Leur nombre a doublé en huit mois. La réaction urticarienne a toujours été très nette. Pas de dermographisme, pas de prurit ni de poussées urticariennes spontanées des taches existantes.
OBsERVATION IV
Chez une jeune fille de dix-neuf ans, bien portante, se sont développées depuis deux ans des taches au niveau du creux épigastrique, au nombre de 6 à 8 au début ; elles sont maintenant 150. Elles ne présentent ni saillie, ni prurit. La réaction urticarienne est très nette à la piqûre : au bout d'une ou deux minutes la tache piquée se soulève, durcit, devient d'un blanc jaunâtre avec halo érythémateux. Pas de dermographisme, pas de poussées urticariennes spontance, pas de prurit.