‹ Contribution À L'Étude De L'UzaraChapitre 15 sur 23 · PAS · texte numérisé non relu

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Le chien est fixé solidement par les pattes sur une table à contention. On lui coupe les poils de la région interne de l’une des pattes. On repère la veine saphène et après incision on libère la veine avec la sonde canelée. On lie le bout périphérique de la saphène et l’on ntroduit dans le bout central une canule métallique àa Mmandrin.

Cette canule, à demeure dans la veine, sert à faire les injections intra-veineuses nécessaires : d’abord celle de chloralose, puis celle du produit à étudier.

Quelques minutes après l'injection de chloralose l’animal est complètement anesthésié, ce qu'on vérifie en constatant l'abolition du réflexe cornéen. On obtient ainsi un sommeil tenace, paisible, qui dure de nombreuses heures et permet les opérations les plus lonzues, sans aucune précipitation, et sans qu'il soit nécessaire de pratiquer une deuxième injection de chloralose. Du reste, devant un résultat si parfait, on est arrivé à se demander pourquoi on n'emploierait pas le chloralose pour l’anesthésie humaine : on a renoncé à son utilisation dans l’anesthésie générale à cause de - la période d’excitation préliminaire et à cause de la longueur de temps inutile de l’anesthésie.

L'opération n’est commencée que lorsqu'on à acquis la certitude de l’anesthésie complète. Quand lexpérience est terminée, on injecte dans la veine quelques

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centaines de centimètres cubes d'air, ce qui provoque économiquement la mort de l'animal (1).

Le chien est donc sur la table à contention, complètement anesthésié. On commence par couper les poils sur le devant du cou, puis l’on incise la peau longitudinalement dans la région médiane. On incise ensuite les masses musculaires et l’on arrive directement sur la trachée. De chaque côté de celle-ci on trouve les carotides, accompagnées du pneumogastrique. Après avoir libéré les pneumogastriques et les avoir séparés des carotides qui les accompagnent, on les sectionne Fun et l’autre. En sectionnant les pneu- Mmogastriques on à surtout pour but de supprimer les diverses influences venant des centres, et qui passent en partie par les nerfs de la dixième paire. Pour toutes les expériences que nous avons pratiquées, nous avons opéré avec la respiration artificielle : on incise transversalement la trachée dans laquelle on introduit une canule de JoryEr en rapport, par un tube de caout-

(1) Voici donc un chien qui a donné sa vie pour faire avancer la connaissance des hommes ! Que la Société Protectrice des Animaux soit rassurée, car l’emploi du chloralose leur permet de mourir avec vraiwent ut minimum de souffrance. :

Nous croyons qu'il y a par trop de sensibleries grotesques à faire une charge contre les souffrances des animaux de laboratoire, car pour notre part. nous avons toujours constaté la plus grande humanité de la part des opérateurs avertis.

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chouc de fort diamètre, avec un souffleur mécanique ou autre appareil à respiration.

b) Enregistrement de la pression carotidienne.

Pour l'enregistrement de la pression carotidienne, on utilise le manomètre de LunwiG ou plus exactement le kymographe de Lupwic. C’est simplement le mano-

mètre à mercure en U des physiciens, mais muni d’un flotteur portant une tige à l'extrémité de laquelle est fixé un stylet inscripteur. Notons en passant que c'est grâce au kymographe de Lupwic que fut introduite en physiologie la méthode graphique.

Avant de mettre en rapport la carotide avec ia branche latérale du manomètre de Lupwic, on opère quelques stérilisations. On prépare : un long tube de caoutchouc, un T en verre, un tube en caoutchouc court et une canule artérielle en verré, pourvue elle aussi d'un tube de caoutchouc court, ces différents objets sont soumis à l’ébullition prolongée dans l’eau distillée.

Le tube de caoutchouc court est fixé à la seule branche médiane du T en verre ; on y dispose un pressetube de Mour. Ajoutons que ce dispositif habituel n’a que peu d'intérêt, car le T en verre sert à voir le sang et donne la possibilité d'extraire un caillot s’il s’en formait : chose rare, avec la précaution que l’on a d’inter-

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poser entre le mercure et le sang une solution anticoagulante. S

On dispose sur le tube de caoutchouc joint à la canule artérielle une pince à vis, et on la bouche à une des extrémités du T en verre. L'autre branche est reliée à l’autre extrémité du tube de caoutchouc qui communique à la branche latérale du manomètre de Lupwic.

La pince à vis est desserrée, tandis que le presse-tube de Monr est maintenu fermé : on injecte. alors par : l'autre branche latérale du manomètre de Lupwic une solution saturée de sulfate de soude et de sulfate de magnésie.

100 gr. sulfate de soude, 100 — — de magnésie, 800 — d’eau distillée.

On injecte cette solution de telle sorte qu’elle remplisse les deux branches latérales du manomètre de Lupwic, ainsi que tout le système de tube de caoutchouc et de verre qui relie l’une des Drabche de ce manomètre à la carotide.

Tout l'air ayant été chassé, on ferme la pince à vis, et l’on injecte encore une quantité suffisante de solution anticoagulante, déjà employée, de façon à produire sur la colonne mercurielle une pression d’environ 8 à IQ CM.

ou

La carotide droite ou gauche ayant. été libérée, comme nous l'avons dit plus haut, on ligature sa partie distalle, puis on dispose à quelques centimètres de la ligature une pince-clamps de Doyen. On fait ensuite une petite incision transversale dans la carotide avec un ciseau à extrémité mousse, et avec un tampon imbibé de la solution anticoagulante indiquée plus haut, on exprime le sang contenu dans le segment de carotide, limité, d’une part, par la pince de Dove, : d’autre part par la ligature. Alors seulement on introduit la canule carotidienne par l'ouverture pratiquée dans l'artère. On fait une solide ligature assurant la fixation de la canule carotidienne dans la carotide.

On desserre la pince à vis, et le sang se trouve alors en contact avec le liquide anticoagulant, lequel est luimême en contact avec le mercure du manomètre.

La pression s'inscrit alors sans aucune difficulté au moyen d’un petit levier de paille garni à son extrémité d’une baleine. Ce levier de paille est fixé à l'extrémité d’une tige métallique assujettie par son extrémité intérieure à un flotteur qui suit fidèlement les oscillations de la pression carotidienne.

Le fragment de baleine, qui termine le levier susdit, appuie sur un papier recouvert de noir de fumée, qui est entraîné d’un mouvement régulier par un tambour métallique animé d'un mouvement de rotation

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uniforme, grâce à un moteur électrique à vitesse constante.

Un chronographe de Jacover marque le temps avec une plume métallique qui inscrit un trait chaque seconde sur le papier enfumé.

c) Enregistrement des contractions intestinales in situ.

Pour énrègistrer les contractions de la musculature circulaire de l’intéstin grêle in situ, on opère comme: Suit : on pratique une incision longitudinale de quelques centimètres, à travers la peau et la musculature de l’abdomen, au voisinage de la ligne médiane. On. incise ensuite le péritoine et on extrait une anse intes- tinale de la cavité péritonéale. Puis, dans la partie de l'anse intestinale opposée au mésentère, on pratique une incision longitudinale dans laquelle on fait pénétrer un petit ballon de caoutchouc, fixé par une sonde en gomme, qui est elle-même reliée à une burette en verre en Communication par un tube en caoutchouc avec un tambour enregistreur de MAREY.

La burette, la sonde et le ballon de caoutchouc sont remplis d'eau de telle façon que la pression qui s'exerce sur là paroi du ballon soit égale à environ 12 à 15 cm. d’eau. | |

Le mécanisme de l'inscription s'explique très facile-

ment : à chaque contraction de la musculature circulaire de l'intestin, il y a expression d’une partie du liquide contenu dans le ballon, de telle sorte que l'air qui se trouve à -la partie supérieure de la burette subit une pression qui s'exerce sur un tambour dont la membrane élastique devient convexe et actionne le levier enregistreur fixé sur elle.

Ainsi donc, une contraction intestinale s’inscrira par un relèvement de la ligne du tracé plénismographique et les contractions successives donneront une ligne

sinusoïdalé.

d) Enregistrement des contractions de l'intestin isolé.

Pour enregistrer les contractions de l'intestin isolé, on prélève d’abord des segments d’intestin grêle. L’appareillage employé est constitué par deux récipients communiquants : un tube de verre immergé dans un thermostat, et un flacon situé à un plan supérieur.

Les segments de l'intestin grèle ayant été prélevés, sont introduits dans le tube de verre qui est rempli de liquide de Rincer, et maintenu à 37° grâce au thermostat.

L'intestin est oxygéné au moyen d’un petit tube de verre d’où s'échappe des bulles d'oxygène qui barbottent dans le liquide de RINGER. ;

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Le tube et le flacon sont réunis par une tubulure en verre et en caoutchouc. Ce dispositif, véritable vase communiquant, permet de remplacer facilement le bain dans le tube par d’autre liquide de RINGER, en réserve dans le flacon. Car en ouvrant simplement le

robinet qui ferme le flacon, le liquide s'écoule sous

pression, et chasse en le renouvelant, le liquide du tube, liquide qui tombe dans l’eau du thermostat.

On fixe le lambeau d’intestin, à un crochet de verre par sa partie inférieure, et sa partie supérieuxe est reliée par un fil à un levier qui se déplace devant la feuille enfumée, servant à l’enregistrement.

Chaque fois que l'intestin se contracte, le levier est attiré vers le bas, la ligne du graphique monte. Et inversement.

e) Enregistrement des variations de volume du rein.

Pour enregistrer les variations de volume du rein on emploie, au point de vue appareillage, l’'oncographe.

Cet oncographe se compose de deux cuvettes métalliques fermées à leur partie supérieure par une membrane de caoutchouc assez fortement tendue.

Chaque cuvette est percée d’un orifice sur lequel est soudé un tube métallique. Ces deux tubes métalliques communiquent par l'intermédiaire de tubes de caout-

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chouc avec un T métallique, dont la branche médiane est reliée elle-même par un tube de caoutchouc, avec un tambour enregistreur de MAREy.

Pour employer cet appareil on pratique une incision transversale au-dessous des côtes. On pénètre ainsi dans la cavité abdominale, d’où l’on extrait le rein en ayant bien soin de ne point léser les connexions circulatoires ‘ou nerveuses. On enveloppe alors le rein entre les deux vases formés par les cuvettes dont nous avons parlé plus haut. Le rein étant, bien entendu, en contact avec les membranes en caoutchouc, on a la possibilité, grâce à une vis micrométrique de rapprocher ou d’'éloigner ces deux valves.

On comprend ainsi que, toutes les fois que le volume du rein diminue, les membranes de caoutchouc se détendent, faisant ainsi un appel d’air dans la tuyauterie, ce qui détermine une concavité de la membrane du tambour enregistreur. Concavité qui se traduit par une descente du levier, de telle sorte que, sur les tracés, la vaso-constriction rénale se manifeste par une chute de la courbe, alors qu'une vaso-dilatation de cet organe se traduit par un relèvement de la courbe. |

Au sujet de l'enregistrement des variations de volume du rein, il est des réflexions qui mettent une certaine confusion dans la lecture et l’interprétation des résultats.

En effet, une vaso-dilatation entraîne toujours une

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hypotension, comme une vaso-constriction entraîne une hypertension. Aussi, quand les variations des tracés plénismographiques sont de sens contraire, l’interprétation est assez facile ; ainsi, hypertension et diminution de volume du rein montrent évidemment une vaso-constriction reinale. |

Mais au contraire, si la courbe varie parallèlement à la courbe de la pression artéridlle, c’est-à-dire si le volume du rein augmente en même temps que la pression artérielle s'élève, l'interprétation des résultats devient fort difficile.

f) Résultats des expériences

Nous avons donc fait quelques “expériences sur des. chiens, en suivant un modus operandi identique à celui précédemment énoncé. De nos expériences, nous retenons trois d’entre elles, qui nous ont donné entière: satisfaction. Nous allons les relater et reproduire leur tracé plénismographique.

Ces expériences feront mieux comprendre les idées. relatées plus haut, et seront des preuves expérimentales nouvelles à l'appui de nos idées personnelles, qui se trouvent absolument semblables à celles émises par RayMonp-HaMeT.

Toutes nos expériences ont été effectuées sur des.

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chiens endormis par le chloralose, et soumis à la res-

piration artificielle comme il a été indiqué plus haut.

PREMIÈRE EXPÉRIENCE : Action de l’uzara sur l'intestin

in situ (Fig. 1).

Nous avons employé la technique précédemment décrite, et nous avons pu constater une inhibition extrêmement nette des constractions de l'intestin in

situ.

Le ban N° r a été obtenu avec un chien de 9 kilog., dans la saphène duquel on a injecté la solution d'uzara, non De en une seule fois, mais d’une façon continue jusqu’à la mort de l'animal.

La technique de cette injection continue est la suivanté : On introduit le produit à injecter dans une burette de Moxr graduée. On règle l'écoulement avec le robinet de verre de la burette relié par un caoutchouc

à la canule laissée à demeure dans la saphène.

Sur la figure, une petite flèche indique le début de l'injection lente. À la mort du chien, on avait injecté 75 cm° de solution d’uzara à 0,10 %, c'est-à-dire qu'il a fallu o gr. 075 d'extrait d’uzara pour tuer ce chien de

9 kilog.

La première ligne de la figure indique le temps en

secondes.

La deuxième ligne représente les contractions de l'intestin. On les voit rapidement inhibées par l'uzara.

Si l'on n’enregistrait que les contractions intestinales,. On aurait une ligne droite lorsque ces dernières sont inhibées. Les soulèvementsque l’on observe COrrespon: dent aux mouvements respiratoires suraJoutés.

La troisième ligne marque les modifications de la pression carotidienne qui présente une chute brusque lorsque l'animal meurt.

DEUXIÈME EXPÉRIENCE : Action de l’uzura sur les contrafions de l'intestin isolé (Fig. 2).

Le diagramme N° > montre un enregistrement des. contractions de l'intestin de chien, intestin isolé et soumis à l'influence de l’uzara.

-Le bain de liquide de Rincer dans lequel se trouve le segment intestinal est d’un volume de 20 cm La pêtite flèche de la figure indique le moment où l’on a ajouté au bain un demi-centimètre cube d’une solution d'uzara à 1/50°. Le tracé qui s'élève brusquement indique la contraction de l'intestin, contraction si violente que l'intestin se trouve en véritable tétanos.

TROISIÈME EXPÉRIENCE : Action de l’uzaru sur les variations de volume du rein et sur la pression artérielle: (Fig 13);

Le diagramme N° 3 à été obtenu avec un chien de 9 kilog. Nous avons employé non plus l'extrait hydroalcoolique de racines d’uzara en solution aqueuse, mais.

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une solution d’uzarine cristallisée qui en est le principe actif et le glucoside essentiel.

Les variations de volume du rein ont été enregistrées, comme nous l'avons décrit précédemment, grâce à l’'oncographe.

Sur la figure, la flèche indique le moment où l’on a injecté dans la saphène quatre milligrammes et demi, soit un demi-milligramme par kilog. d'animal. On constate aussitôt une vaso-constriction très marquée du rein, simultanée à l’augmentation très nette de la pression carotidienne.

Il semble que ces trois expériences apportent la preuve expérimentale des quatre actions physiologiques essentielles de l’extrait d’uzara

1° Hypertension carotidienne ;

2° Inhibition des contractions intestinales ;

3° Contraction de l'intestin isolé ;

4° Vaso-constriction rénale.

Nous croyons d’un certain intérêt d'ajouter à notre travail deux graphiques de Raymonp-HAMET récemment parus dans le Bulletin de la Société de Biologie.

Le premier (Fig. 4) représente l'inscription simultanée de deux fragments d’intestin isolé de lapin. Il rappelle du reste notre deuxième expérience sur l’intestin isolé de chien. Il la complète en ce sens qu'on peut

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voir, au début, la contraction de l'intestin soumis à l'effet de l'uzara, puis l’inhibition de ce même intestin mis en présence d’une solution d'adrénaline.

Le deuxième graphique (Fig. 5) montre ce que devient l'action de l’uzara d'une part, et de l’adrénaline d'autre part, sur l'intestin soumis à l’action de l’ergotamine. On voit très nettement que l’action inhibitrice de l’adrénaline est supprimée, alors qu'au contraire l’action intestinale constrictive de l’uzara est conservée. (Ta

Si l’adrénaline n’a plus d’action après l'injection d’'ergotamine (paralysant des terminaisons sympathiques), c'est une preuve que l’adrénaline agit uniquement par l'intermédiaire du sympathique.

Par contre l’action de l’uzara n'étant pas modifiée par l’ergotamine prouve que l’uzara exerce son action sur d’autres structures que le sympathique, vraisemblablement sur la fibre lisse musculaire elle-même.

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