‹ Contribution à l'étude de la bordure épithéliale périphérique du lobule hépatique et de ses variations dans quelques états pathologiquesChapitre 8 sur 23 · DR LA BORDURE ÉPETHÈLIALE PÉRIPHÉRIQUE · texte numérisé non relu

DR LA BORDURE ÉPETHÈLIALE PÉRIPHÉRIQUE

DU LOBULE HÉPATIQUE

ET DE SES VARIATIONS DANS QUELQUES ÉTATS PATHOLOGIQUES CHAPITRE PREMIER

LE LOBULE HÉPATIQUE NORMAL D'APRÈS MM. COYNE ET CAVALIÉ

Le lobule hépatique, d’après MM. Coyne et Cavalié, apparaît comme le lobule classique sous la forme d’un polyèdre assez régulier appendu aux branches d’origine des veines sus -hépatiques. Toujours comme le lobule classique, ce polyèdre est constitué par un groupement des cellules hépatiques en travées rayonnant autour d’un axe central, travées commandées par un double système capillaire : sanguin et biliaire.

Chez les classiques, néanmoins, on trouve des idées peu précises sur le mode de délimitation du lobule hépatique en regard du tissu fibreux. MM. Coyne et Cavalié, eux, décrivent à la limite du lobule une véritable capsule épithéliale, formée, chez le porc notamment, de cellules aplaties, se colorant plus vivement que les autres cellules du lobule hépatique.

Chez l’homme, cette disposition, quoique constante, est moins apparente que chez le porc. Les cellules qui composent cette bordure sont en effet cubiques, beaucoup moins aplaties et se

rapprochent davantage de la forme des cellules constituant les travées hépatiques.

Les cordons des cellules hépatiques intra-lobulaires viennent se continuer à la périphérie avec cette capsule épithéliale. Lorsqu'une ramification veineuse porte pénètre de l’espace porte dans le lobule, les cellules bordantes se réfléchissent dans le lobule sur le vaisseau capillaire et forment ainsi un cordon de cellules hépatiques intra-lobulaires.

FIG et

Lorsque la bile formée dans le lobule va se déverser au niveau de l’espace porte dans le canalicule biliaire de cet espace, la capsule épithéliale se réfléchit hors du lobule constituant par ses cellules aplaties un canalicule intercalaire qui se jette ensuite dans le canal biliaire de l’espace.

MM. Coyne et Cavalié montrent ainsi l'importance de cette capsule qui empêche la diffusion de la bile dans l’espace porte. Dans la cirrhose hypertrophique, où, comme nous le verrons par la suite, cette bordure est de bonne heure disloquée par des faisceaux de tissu conjonctif, on constate dès les premiers jours, en clinique, l'apparition d’un ictère, permanent par la suite, qui constitue l’un des signes les plus importants de cette affection,

Hering a décrit des passages ou canalicules intercalaires qu’il représente comme formés par l’aplatissement brusque des cellules ‘hépatiques qui limitaient le canalicule intralobulaire.

Cette observation fort juste est incomplète. L'origine de ces cellules aplaties est laissée dans l'ombre. Pour MM. Coyne et Cavalié, au contraire, ces cellules proviennent non d’une cellule hépatique quelconque, mais des cellules hépatiques périphériques déjà aplaties qui constituent la capsule épithéliale du lobule.

Leur théorie, en complétant les idées émises par Hering et les corroborant, explique admirablement les relations du lobule hépatique avec les voies biliaires. Elle montre également très bien comment le réseau capillaire sanguin pénètre dans le lobule hépatique fenêtré sans que ce dernier perde son individualité anatomique et physiologique. Nous verrons que cette bordure, formée de cellules plus résistantes que celles des travées hépatiques, remplit encore un rôle de protection nullement négligeable vis-à-vis du lobule. La figure 1 montre la forme aplatie très nette des cellules de cette bordure. Elle ne permet malheureusement pas de voir comment pénètrent dans le lobule les vaisseaux sanguins. Cette lacune est comblée dans la figure 2, où l’on voit en bas et à gauche les cellules de la bordure se réfléchir à l’intérieur du lobule en suivant un vaisseau et former ainsi un des cordons cellulaires intralobulaires.

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