CHAPITRE PREMIER
Historique.
Les vétérinaires ont souvent observé à la suite de la castration du cheval, des tumeurs pédiculées qui se développent à l’extrémité du cordon testiculaire et auxquelles ils ont donné‘le nom de « champignon de castration ». ‘Ces tumeurs laissent exsuder un pus abondant qui se dessèche en formant des croûles. En examinant ce pus on y rencontre des grains jaunes qui peuvent en imposer pour des grains jaunes caractéristiques de lactinomycose.
A première vue, cette idée semble très exacte ; en effet, la castration chez le cheval se fait au moyen de deux petites planchettes appelées « casseaux » ; ces « casseaux » mis à demeure compriment le cordon ; les testicules ne tardent pas à se flétrir par suite de cette compression continue qui les prive de toute irrigation sanguine ; les Lissus mortifiés tombent et laissent à leur place un tissu de sphacèle.
Il n’est donc pas étonnant qu'on ait songé à attribuer le point de départ du champignon de castration aux débris végélaux qui viennent souvent souiller la plaie et qu'on ait confondu au début cette affection avec lPactinomycose. Cette ressemblance n’est d’ailleurs que superficielle el cesse
dès que les grains jaunes sont soumis à l'examen microscopique.
En 1869, Bollinger décrivit des grains jaunes qu'il trouva dans le poumon d'un vieux cheval dont il faisait l’autopsie et qu'il nomma « zooglia pulmonalis equi ». C'était d’après lui un parasite qui engendrait le « pneumomycosis chronica », affection dans laquelle il rencontra des débris végétaux.
En 1879, Rivolta et Micelone décrivirent le discomyces equi qu'ils considéraient comme très voisin de l’actinomyces bovis sans toutefois les assimiler complètement l’un à l’autre. En 1887, Rivolta lui donna un autre nom, celui de botryomyces qui lui est resté jusqu'à maintenant.
D'autre part, Bollinger (1884), Rabbe (1886), Kitt (1888). étudièrent ce parasite et conclurent à son identité avec le staphylocoque.
D’autres études furent faites en 1896-1897, par Johne qui voulut faire du botryocoque l'agent spécifique de laffection équine. Fe à
C'est en 1897 que Poncet et Dor, de :Lyon, qui les premiers remarquèrent que certaines tumeurs framboisifôrmes pédiculées, saignant au moindre contact, ayant leur siège d'élection aux doigts et à la main chez l’homme contenaient des botryomyces identiques à ceux de Bollinger et que les cultures de ces tumeurs ressemblaient à celles du staphylocoque. x
Puis Legrain publia des observations sans examen microscopique. ;
En 1899, Sabrazès et Laubie observèrent un. cas de botryomycose sans botryomyces et font de ce botryomycome un simple bourgeon charnu.
En 1904, Legroux dans sa thèse conclut qu'il n’existe nulle relation entre le « champignon de castration du cheval » elles cas de botryomycose qu'il présente dans sa thèse ; il concluait également que la botrymycose est une maladie de l’âge adulte.