Corson, loc. cit., page
elle roulait sous la peau qui n'était nullement rouge; « cela ne valait pas la peine de s’en occuper».
Etat actuel : sur la ligne médiane antérieure du cou, au niveau de l’angle du thyroïde, existe une tumeur du volume d’une noix environ. La peau qui la recouvre est saine à la périphérie, mais vascularisée au centre, rien d’anormal dans le reste de la circulation veineuse cervicale. Par le palper on précise les limites de cette tumeur, ses connexions et sa consistance, La rénitence est très marquée, on la perçoit surtout au centre et d’avant en arrière, ce qui s'explique et par la minceur plus grande des parties molles à ce niveau et par ce fait que le larynx offre un plan résistant et fixe dans la pression antéro-postérieure, mais mobile quand le doigt explore latéralement.
La tumeur est parfaitement lisse, sans bosselure aucune; elle ne présente autour d'elle aucun cercle induré et ne se continue avec aucun/cordon appréciable, soit vers la thyroïde, soit vers les parties laryngiennes latérales. Lorsqu'on cherche à la déplacer, on constate qu'elle n’adhère qu'incomplètement, et seulement à son point le plus culminant, à la couche cutanée. Par contre, elle semble faire corps avec le thyroïde dont elle suit les divers mouvements pendant la déglutition et la respiration. Cependant, quand on fixe le thyroïde en le prenant entre les doigts et quand on cherche en même temps à déplacer la tumeur, on constate qu’elle jouit d’une certaine mobilité, peu étendue sans doute, mais indéniable.
L'état général n’est pas très satisfaisant. Le malade a de la bronchite chronique ; les sommets toutefois sont indemnes; en revanche la voix est légèrement voilée ; le malade prétend qu'il a toujours parlé ainsi depuis 1860, époque à laquelle il aurait eu de l’aponie à la suite d'un refroidissement,
Le diagnostic porté par M. Guyon fut hygroma préthyroïdien
enflammé.
Le traitement consista en une application centrale d’un petit cautère avec la pâte de Vienne.
Au sixième jour, l’eschare produite commence à se détacher et laisse suinter un liquide séro-purulent. Le stylet introduit au fond de la poche ne rencontre nulle part le cartilage à nu.
Au d'xième jour l’eschare tomba, laissant apercevoir une cavité régulière pouvant contenir une noisette environ et sans trace, bien sensible de bourgeonnement. On cautérise avec le crayon de nitrate d'argent ; pansement à plat. À partir de cette époque la cavité alla peu à peu en se comblant, mais avec lenteur, et ce ne fut qu’au bout de sert semaines que la guérison complète fut obtenue. Il ne restait plus à ce moment qu’un nodule dur d’un
volume équivalent à celui d’un petit pois.
OBsERVATION [II (1)
Le 1°" avril 1877, entrait au n° 27 de la salle Saint-André, à Necker, dans le service de M. Guyon, le nommé L..., âgé de 33 ans.
Cethonne est grand, assez maigre; son squelette et ses muscles sont fortement développés.
Les renseignements qu’il fournit sur son affection actuelle sont les suivants: il yaun mois, développement, sans cause connue, d’une petite grosseur non douloureuse, sur la ligne médiane du cou, au niveau de l’angle du thyroïde. Le malade ignore si elle datait en réalité de plus longtemps. Depuis huit jours elle a augmenté rapidement de volume au point d'atteindre celui d’une pomme d’api qu’elle présente aujourd’hui, 1° avril.
Elal actuel. — Tumeur du volume indiqué, de forme bien hé-
1, Corson, loc. cit., p. 21.
à NT 2
misphérique, coiffant l'angle du thyroïde qu'elle accompagne dans les divers mouvements de déglutition et de respiration; à son niveau la peau est rouge, tendue, luisante et manifestement amincie. Il n'existe aucun point noir pouvant faire pencher le diagnostic vers une tumeur sévacée. k
Le palper montre qu’il s’agit d’une collection fluctuante, nettement limitée, sans induration périphérique, sans prolongement quelconque, mais adhérente au thyroïde.
Les antécédents du malade méritent attention. À 16 ou 17ans, L... a eu un chancre induré suivi de roséole ; depuis lors aucun accident syphilitique n'aurait apparu ; la voix est toujours restée pure et elle l’est encore actuellement.
Du reste, sauf une légère douleur survenue depuis trois ou quatre jours, il n'existe aucun symptôme fonctionnel, soit à la respiration, soit à la phonation, soit à la déglutition.
Diagnostic. — Hygroma suppuré préthyroïdien.
4 avril. — Application d'un petit cautère à la potasse caustique.
7 avril.— L’eschare se soulève partiellement. Issue d’un liquide muqueux, d'aspect louche et sanieux, dont la quantité peut être évaluée à un verre à liqueur.
11 avril. — Le malade quitte l'hôpital sur sa demande. La tumeur s’est affaissée, mais il reste, outre la perte de substance produite par l'eschare, une cavité anfractueuse et peu végé-
tante.
OBsERVATION IV (1).
Hôpital Lariboisière, salle Sainte-Jeanne, service de M. Tillaux.
La nommée Marie T..., âgée de 49 ans, frangeuse, est entrée
à l’hôpital le 30 mars 1875.
1, Aïlre, Locctl D: 40° Vandaele 6