PINCE D'EVEN
Vers la fin du x1x' siècle, Even imagina également une pince marteleuse, sorte de triquoise moins importante que la Tenaglione Italienne et déjà munie de levier articulé. Le résultat qu’il obtint avec elle ne l’enthousiasma pas et notre ancien
Al
Maître, le Professeur Moussu, put écrire que ce n’était pas un instrument, mais un outil.
Au début du xx‘ siècle, Even présenta à la Société Centrale de Médecine Vétérinaire un nouvel instrument, il comprenait, dit Souquère, une partie fixe forgée en forme d’Y, la queue formait manche, une branche formait machoîre fixe, l’autre branche portait une fente dans laquelle coulissait une machoire mobile. A l’extrémité de cette branche s’articulait le second manche, muni à ce point d’une coudure en segment de serpe excentré par rapport à la charnière et qui s’appuyait sur la machoire mobile. Les deux machoires étaient rapprochées en rapprochant les manches et la pince était munie d’un dispositif qui permettait de régler au degré voulu la compression des machoires.
Cette pince était encore très lourde et d’un maniement, par conséquent, assez délicat. De plus, comme avec la Ténaglione et la Pince de Goubaux, l’on écrasait les deux cordons ensemble. Il en résultait donc toujours des chutes de peau et des escarres.
Moussu estima que cette pince constituait un perfectionnement sur les précédentes, mais la méthode du martellement ne parut jamais enthousiasmer notre bon Maître qui ne nous en parla même pas lors du cours qu’il nous fit à Alfort.
De même, ïl ne parut que très médiocrement intéressé par le rapport que nous nous hâtames de lui adresser en 1925 sur les résultats que nous avions obtenus au moyen de la pince marteleuse de Burdizzo.
6°. — PINCE DE REGGIANNI.
Avant de décrire la pince marteleuse de Burdizzo, nous devons maintenant dire quelques mots d’un autre modèle imaginé par un Italien, Reggiani.
Comme toutes les pinces précédentes, c'était une tenaille à mors arrondis.
Reggiani conseillait d’écraser le cordon en plusieurs parties afin que l’on soit sûr du résultat et de la compression. Les machoires, une fois fermées, devaient, suivant la taille et l’âge du sujet, le demeurer deux, trois, quatre, cinq, six et même sept minutes.
La méthode est imparfaite. Elle durait longtemps, elle demandait une contention sérieuse de l’animal, des escarres pouvaient en résulter.
Elle fut vite abandonnée.
D'ailleurs on le verra, nous sommes systématiquement opposés au principe du martellement multiple sur le même cordon, car il peut en résulter des escarres et des plaies. On perd
donc de la sorte l’un des principaux bénéfices de la méthode.
Pour la même raison, nous repoussons donc systématiquement la pince dite de Colesan et dont l'invention est postérieure à celle de Burdizzo. Cette pince est munie de machoires doubles qui permettent ainsi le martellement en deux points différents du cordon.
Souquère reproche également avec justesse à ce procédé d'être presqu’impraticable chez les taureaux âgés.
7°. — LA PINCE D’ESCHINI.
Le Docteur Italien Eschini reprocha à la méthode de Burdizzo de ne pas permettre une immobilisation suffisante des cordons avant le martellement. Il imagina donc un dispositif destiné à maintenir strictement ces cordons sous la morsure de la pince.
La pince d’Eschini est donc pourvue d’une pincette unie aux branches principales, pincette qui fixe le cordon. Lorsque l’on ferme l'instrument, les branches de la pincette se rapprochent avant que les branches principales n’aient coincé le cordon. On agit sur la pincette par un engin muni d’un levier excentrique et que l’on actionne avant la fermeture des branches principales.
En outre, une branche de la pince est pourvue de morailles fixes alors que l’autre est agencée de facon à ce que l’on puisse mettre, selon le cas, des morailles pour ovins, pour bovins ou même pour équins.
Un coin permet d'autre part de régler la pression des morailles.
Par ailleurs, la technique opératoire se rapproche énormément de celle de Burdizzo.
Tout comme le Docteur Burdizzo, nous estimons que le Docteur Eschini a introduit une complication inutile dans sa pince.
L'opération est plus délicate à mettre en œuvre. Sa durée surtout est plus longue. Une fois de plus, on perd un temps précieux.
8°. —— PINCE MARTELEUSE DE BURDIZZO.
C’est en 1906, c’est-à-dire il y a 29 ans environ que le Docteur Burdizzo, ainsi qu'il a bien voulu nous le faire savoir personnellement, a construit sa première pince. Celle-ci était presque parfaite.
La pince marteleuse de Burdizzo est, ainsi que l’on s’en rendra compte en regardant la gravure ci-contre, une pince à machoires arrondies et nickelées avec le plus grand soin. Ces machoires mousses sont incapables de provoquer la moindre blessure à la peau. Leur réglage a fait l’objet des soins les
EP oe
plus attentifs et la formule qui, nous le répétons, a été trouvée au bout de quelques mois de tatonnement, n’a plus été modifiée depuis 1907. Les machoires se rapprochent lorsque l’on rapproche les bras de levier reliés à leur extrémité supérieure par des charnières munies de leviers. Ce sont ces leviers qui multiplient la force exercée par l'opérateur et permettent ainsi le martellement brutal et instantané du cordon sous la peau, cela quels que soient l’âge et la taille du sujet opéré.
Il existe, ainsi que nous l’avons dit, différents modèles de pinces.
Pour notre part, nous en connaissons quatre : ;
1° Le Grand Modèle à branches longues, dit Modèle Colonial, imaginé par notre Confrère Veglia ; sa longueur est de
MSA
40 centimètres, la largeur des machoires de 9 c/m.et son poids de 2 kgs 260. Ce modèle peut être utilisé pour tous les animaux de grande taille, quel que soit leur âge.
2° Le Grand Modèle à branches courtes dont la longueur est de 35 centimètres, la largeur des machoires de 9 centimètres et le poids de 2 kgs 065. I1 peut être également utilisé pour tous les animaux quelle que soit leur taille et quel que soit leur âge ; mais, il est évident qu’étant donné la longueur des bras de leviers, ce modèle est moins pratique pour les taureaux âgés.
3° Le petit modèle dont la longueur est de 30 centimètres, la largeur des machoires de 7 centimètres 1/2 et le poids de 1 kg 800. C’est le modèle à recommander pour la castration des béliers, des boucs, pour celle des taurillons de moins de neuf mois.
4° Les deux modèles Baby.
Le premier de ces modèles mesure 19 centimètres et pèse 450 grammes. Cet instrument est tout juste suffisant pour castrer les agneaux de lait. On l'utilise également pour les chats, les chiens, les lapins et, disent certains auteurs, les verrats.
Le Docteur Veglia, successeur du Docteur Burdizzo a enfin imaginé un nouveau modèle Baby, entièrement métallique (l'extrémité des branches des quatre modèles précédemment décrits est, en effet enrobée de bois), ce modèle mesure 22 centimètres 1/2 de longueur, la largeur des machoires est de 5 centimètres et il pèse 700 grammes.
Technique de l’opération
Il y a tout au plus 25 ans que l’on connaît la pince marteluse de Burdizzo et pourtant les auteurs sont loin d’être d’accord sur la technique même de l'opération.
Nous allons successivement passer en revue les principales techniques conseillées soit par l'inventeur même de la pince, soit par les différents praticiens qui ont eu à l'utiliser.
Technique de Degois, Vétérinaire à Rambouillet.
Pour Degois, l'opération est des plus simples, aussi bien chez le taureau que chez le bélier, aucune précaution préalable n’est à prendre. L'opération se pratique sur un animal maintenu debout et un aide tient la tête et les naseaux. On peut opérer seul, mais il est plus commode de charger un aide de la pince.
Le testicule droit, saisi de la main droite par l'opérateur ou par l’aide, est attiré au fond des bourses. Le cordon est amené par la pression des doigts de la main gauche contre le côté externe de la peau du scrotum. La pince est placée sur le cor-
don, les doigts maintenant celui-ci pour qu’il n'échappe pas aux mors de la pince. Une forte pression enserre le cordon que l’on sent craquer sous cette pression. On maintient la pince fermée pendant une demi-minute.
Une seconde application sera toujours faite sur le cordon un peu plus haut que la première et l'opération sera terminée.
Pendant cette dernière, les réactions du taureau auront été à peu près nulles. Au début de la pression le rein se voussera, le flanc se rétractera, mais l’animal ne bougera pas : il ne réagirait que si le cordon venait à s'échapper avant le martellement et que l’action de la pince se soit ainsi trouvée exercée sur la peau.
Celle-ci est toujours le siège de deux ecchymoses linéaires aux points d'application de la pince. Il peut quelquefois sourdre un peu de sang, mais il n’y a pas de coupure.
Pour le mouton, enfin, l’opération est encore plus simple que pour les bovins. Le bélier est posé sur les fesses, le dos appuyé aux jambes de l’aide regardant l’opérateur. Celui-ci opère seul, la proximité du sol permettant de poser une des branches de la pince par terre, ce qui facilite son maniement. Les deux cordons sont comprimés l’un après l’autre, toujours à deux endroits différents.
Technique actuellement préconisée par le D' Burdizeo.
On castre l’animal debout sans aucune contention. Le taureau est attaché court au ratelier, à l’anneau d’un mur, à un pieu. S’il y a un aide, celui-ci, se plaçant contre le flanc de l’animal, le pousse contre le ratelier.
Il ne faut avoir aucune crainte d’être frappé par l’animal.
Manipuler les testicules le moins possible et appliquer la pince sur le cordon en ayant soin de placer sur le genou droit l’un des manches de cette pince. C’est en prenant un point d'appui sur ce genou que l’opérateur qui tient le cordon dans sa main gauche fermera la pince au moyen d’une pression exercée, sur le manche demeuré en l’air, au moyen de sa main droite.
Avant de fermer complètement la pince sur le cordon, cependant, il faut bien s’assurer que celui-ci n’a pas glissé d’entre les machoires de la pince.
Si l’on craint que le cordon n'ait pas été complètement écrasé, il vaudra mieux renouveler l'opération en appliquant aussitôt la pince plus haut, car le cordon martelé s’épaissit très vite et il serait impossible de rompre au même endroit.
Pour les taureaux de plus d’un an on peut faire appliquer, par un aide, la pince sur le cordon que tiendra énergiquement l'opérateur.
Méthode de Souquère, Vétérinaire à Lavardens (Gers).
La technique est très simple. La castration se fait sur l’animal debout. Pendant qu'avec une main l'opérateur tient la pince ouverte, le pouce et l'index de l’autre main pressent le cordon contre le côté externe du scrotum et l’y maintiennent fermement. Les mors de la pince sont placés sur le cordon, puis l'instrument est fermé à l’aide du genou jusqu’à ce que le cordon soit un peu comprimé et ne puisse plus s'échapper. Ensuite, on saisit les poignées de la pince avec les deux mains et on les presse jusqu’à ce que l'instrument soit entièrement fermé.
L'opération présente, néanmoins, dans la pratique, quelques difficultés.
Les appareils ont souvent des manches trop courts, de telle sorte que, lorsqu'on intervient sur des taureaux âgés, il peut être difficile et même impossible de fermer complètement la pince. Il suffit, pour remédier à cet inconvénient, d’allonger les branches de l'instrument. Burdizzo conseille d’engager l'extrémité des manches dans deux tubes de fer longs de 30 ou 40 centimètres.
Une deuxième difficulté tient à ce que, au moment de saisir les manches de la pince avec les deux mains, l'opérateur doit lâcher le cordon ; celui-ci glisse hors des mors de la tenaille et on n’écrase que la peau. Ceci arrive toujours chez les taureaux de plus d’un an, dont les cordons, durs et élastiques, résistent au < Coup de genou ».
Pour remédier à cela, le D' Burdizzo à fait subir à l’instrument des modifications diverses. Aucune n’a résolu la difficulté. De telle sorte que l’opérateur est souvent obligé d’avoir recours à un aide à qui il confie soit la fixation du cordon, soit le maniement de la pince.
Pour éviter l'intervention de l’aide, écrit Souquère, nous avons fait fabriquer un petit appareil très simple, destiné à emprisonner le cordon et à éviter son glissement latéral.
Nous opérons de la façon suivante : les bourses sont engagées entre les branches de l'appareil, l'ouverture de ce dernier étant tournée vers la droite. On glisse le cordon gauche dans le premier compartiment ; on ferme un peu l'appareil ; puis le cordon droit est placé dans le troisième compartiment. On rabat la tige filetée dans son encoche et on visse l’écrou en ramenant le plus possible le scrotum vers le compartiment médian.
Les deux mains sont dès lors libres pour faire l’écrasement. On fait ensuite une deuxième compression au-dessus de l’appareil fixe-cordon. On opère ensuite l’autre testicule de la même façon.
ee
Méthode d'Isnard, Vétérinaire à Amiens.
Taureaux. — L'opération a lieu sur l’animal debout. Un aide muni d’une pince mouchette est toujours nécessaire pour contenir l’animal. L'opération proprement dite se pratique avec un second aide et en trois temps. Quand elle est bien pratiquée, il n’y a aucune réaction à craindre de l’animal. Avant le premier martellement il ne se méfie de rien. Après, la douleur est si forte que le second martellement peut être pratiqué sans que l’animal oppose la moindre résistance.
1" TEMPS. — L'aide assouplit la peau des bourses, puis maintenant un testicule au fond de ces organes, isole et délimite sous la peau un fragment de cordon de 4 centimètres environ qu'il maintient très soigneusement en haut entre son index et son pouce gauche, en bas entre son index et son pouce droit.
2° TEMPS. — L'opérateur saisissant à deux mains la pince, coince entre les machoires de celle-ci le lambeau solidement maintenu par son aide.
3° TEMPS. — L'opérateur appuie sur les bras de la pince. Il n’a à surmonter qu'une légère résistance. Il sent parfaitement le cordon solidement maintenu subir la très puissante pression de la pince.
L'opération est terminée, il ne reste plus qu’à passer à l’autre cordon.
La durée du premier temps ne doit pas dépasser dix secondes, celle du second trois secondes et celle du troisième deux secondes.
Avec trois aides, sur les hauts plateaux Constantinois, nous avons pu faire 100 jeunes taurillons en 1 heure 1/2.
Béliers et Boucs. — L'opération se pratique sur les animaux maintenus par un aide dans la position précédemment décrite par Degois, soit sur les animaux couchés suivant les techniques que nous avons déjà relatées.
La castration se pratique avec un aide et également en trois temps.
La technique est la même. La durée des trois temps opératoires est également identique.
Mais nous ferons toutefois remarquer tout de suite que lorsqu'on se trouve avoir à castrer un nombre important d’animaux, plusieurs troupeaux parfois et que l’on dispose d’un personnel suffisant, plus de 5 personnes, par exemple, par suite de l’extrême facilité avec laquelle on immobilise complètement et rapidement bélier ou bouc il est possible de faire 200 castrations à l’heure sans se fatiguer.
Cela n'est-il pas préférable que d’immobiliser un seul aide pendant six ou sept fois plus de temps ?
io
Critique des diverses méthodes
précédemment exposées
Méthode de Degois.
Cette méthode prévoit que deux applications seront faites sur le même cordon, à deux centimètres environ l’un de l’autre. « Si l’on procède ainsi, dit Degois, on délimite un lambeau « qui, en principe se mortifie. Mais, d'autre part, en ne prati- « quant qu’un seul martellement, n'est-il pas à craindre que « des rapports se rétablissent par la suite entre les deux seg- « ments du cordon et qu’ainsi le but véritable de l’opération « ne soit pas atteint ? »
Personnellement, j'avais pensé également, la première fois qu'il me fût permis de voir pratiquer cette opération, qu’il était nécessaire d'appliquer la pince marteleuse su le cordon en deux endroits différents et j’eus l’occasion de castrer ainsi les animaux de plusieurs troupeaux.
Or, si par la suite je n’ai jamais eu d'accidents en effectuant un seul martellement, j'en ai noté quelques uns en doublant l’action de la pince. De la gangrène cutanée a été notée par moi avec toutes ses complications, alors que cet accident est impossible si l’on ne martelle le cordon qu’en un seul endroit.
Certes, nous reconnaissons qu’en martelant deux fois, si des complications peuvent surgir elles se produisent rarement. Mais le pourcentage vraiment faible des ratés, tout au plus d’une bête sur 300, que nous avons relevé à partir du moment où nous eûmes bien en main la technique de l’opération est vraiment trop insignifiant pour que l’on puisse perdre un temps supplémentaire, toujours précieux, en pratiquant le martellement en deux points différents.
Du reste, en 1927, nous tinmes à soumettre cette question à l'inventeur même de la pince notre Confrère le Docteur Napoléone Burdizzo, qui nous répondit textuellement ce qui suit :
« Pour castrer avec ma pince, il suffit d’un seul « écache- « ment (1) ». Il est rare que j’en aie fait deux et encore s’agis- « sait-il seulement de castration de solipèdes, animaux à cor- « don testiculaire fort développé. »
(1) Le mot Italien employé par notre Confrère BURDIZZO est impossible à traduire exactement en Français. Le mot martellement serait celui qui se rapprocherait le plus, mais le mot Italien à un sens plus brutal, l'expression : « écachement » fait d’ailleurs image.
A iN es
Méthode de Souquère.
« Une sérieuse difficulté, écrit Souquère, tient à ce qu’au « moment de saisir les manches de la pince avec les deux « mains, l'opérateur qui opère seul doit lâcher le cordon:
« Celui-ci peut glisser hors des mors de la tenaille et l’on « n’écrase que la peau (sic). Cela arrive toujours chez les tau- « reaux de plus d’un an dont le cordon dur et élastique résiste < au coup de genou, de telle sorte que l’opérateur est souvent « obligé d’avoir recours à un aide à qui il confie soit la fixation < du cordon, soit le maniement de la pince.
« Pour éviter l'intervention de cet aide, nous avons fait fa- « briquer un petit appareil très simple qui est destiné à em- «< prisonner le cordon et à éviter son glissement latéral. »
Nous ne partageons pas l'avis de notre Confrère Souquère.
L'un des premiers avantages de la méthode dite de Burdizzo est, en effet ,sa rapidité d'exécution. Avec une main d'œuvre suffisante, l’opérateur peut, nous le répétons, passer très vite d’un animal à l’autre, lorsqu'il opère sur des effectifs importants, ce qui est en général le cas pour les troupeaux de moutons. Ce qui est, d’un autre côté, presque toujours le cas dans les pays à élevage extensif comme l'Afrique du Nord, par exemple, aussi bien pour les bovins que pour les ovins.
Dans Ces conditions, il faut constituer une sorte de chaîne, chaque membre de l’équipe ayant un travail régulier bien connu de lui et qu’il arrive à effectuer mécaniquement.
Rappelons ,du reste, ici, sommairement ce que nous effectuions nous-même en Algérie.
Le même jour, un troupeau d’ovins devait être simultanément castré, vacciné au moyen du vaccin anti-claveleux et marqué sur le dos. La vaccination anti-claveleuse entraînait, en outre ,la pose dans chaque oreille d’un plomb, plomb qui se trouvait également composté, la vaccination aussitôt pratiquée, au moyen d’une pince composteur fournie par le Gouvernement Général de l’Algérie.
Notons que ces jours là il était rare que nous n’ayons pas en outre dans notre journée à vacciner, sans les castrer, 1.200 ou 1.500 moutons. Nous avons même eu l’occasion d’en vacciner 2.850 dans une journée.
I1 fallait donc aller vite.
Chaque troupeau de moutons était alors dirigé dans un parc. À l'entrée de ce parc, un barrage solide était établi, barrage derrière lequel nous disposions notre table d'opération. Aucun mouton ne pouvait ainsi sortir sans avoir été successivement marqué sur le dos, castré, vacciné contre la clavelée et pourvu à l'oreille d’un plomb composté indiquant la date de la vaccination.
Huit aides étaient nécessaires.
Deux de ces aides s’emparaient des moutons qui facilitaient, d’ailleurs, leur tâche en venant se presser, comme des moutons qu’ils étaient, contre le barrage de sortie, afin d’aller rejoindre leurs congénères.
Le troisième aide marquait l'animal sur le dos et lui plantait dans l'oreille droite une épingle dont il retournait ensuite, au moyen d’une petite pince, en U la partie inférieure.
Le quatrième aide faisait pénétrer cette partie recourbée en U dans le plomb qu’il compostait immédiatement.
Le cinquième et le sixième aide saisissaient à ce moment l’animal, l’un par la tête et un membre antérieur, l’autre par les deux membres postérieurs et le mettaient sur le côté gauche, devant nous et sur la table d'opération déjà nommée. Le membre antérieur droit, légèrement déporté en avant, découvrait ainsi la partie sans laine située en arrière du coude droit. Avec la seringue, la vaccination était un fait accompli et l’animal glissait aussitôt un peu plus loin sur la table où les deux derniers aides, le septième et le huitième, le castraient au moyen de la pince marteleuse de Burdizzo.
Au début, il y avait évidemment toujours une petite période de tâtonnement, mais au bout de quelques minutes une cadence rapide s’imposait irrésistiblement et il ne fallait pas une heure pour marquer, vacciner et castrer 200 moutons.
Quelles complications spplémentaires n’eut-il pas résulté de la mise en place d’une pince limitante destinée à tenir le cordon ou de tout autre appareil de précision !
Méthode de Burdizzo.
« Un aide n’est pas nécessaire, l'opérateur pouvant prendre « un point d'appui sur son genou pour refermer les machoires « de la pince en temps opportun », dit-on.
Notre Confrère Souquère a déjà exposé le point faible de cette technique qui amène de nombreux râtés.
Si l’un des principaux avantages du procédé de Burdizzo est sa rapidité d’excéution, il ne faut pas que cette rapidité d'exécution entraîne des râtés. Ceux-ci étant, en effet, impossibles avec les autres procédés.
D'où la nécessité de l’aide, qui se rend compte instantanément de la manière dont l'opération a été exécutée et qui sent tout de suite si un deuxième « écachement » doit être pratiqué plus haut sur le même cordon.
Nous ajouterons, pour être complet, que la Société la Burdizzo, toujours soucieuse de tenir compte des desiderata des praticiens qui utilisent ses instruments, a imaginé une pince à genouillère, c’est-à-dire possédant à l’extrémité d’une de ses
vives
branches, une partie métallique recourbée et s’adaptant très bien sur le genou de l’opérateur. Malheureusement, il nous est apparu au cours des divers essais que nous effectuâmes tant en Algérie qu’en France, avec des appareils de ce genre, qu’ils déséquilibraient légèrement l'opérateur entraînant chez lui par surcroît, une fatigue supplémentaire lorsque, comme c’est le cas pour le mouton, il était obligé de placer son genou très bas pour effectuer la castration. De plus, l'instrument, ainsi muni d’une genouillère fixe, ne pouvait vraiment plus être utilisé aîsément par les personnes opérant avec le secours d’un aide.
Dans ces conditions, Burdizzo, vient d'inventer un nouvel instrument muni d’une genouillère démontable et qui permet ainsi, à tous les praticiens, d'utiliser son instrument, quelle que soit la technique qu'ils adoptent.
N'oublions pas enfin que l’une des machoires des nouvelles pinces marteleuses de Burdizzo est pourvue de deux encoches à chacune de ses extrémités. Elle rend plus difficile encore le glissement du cordon, en admettant que l’aide soit assez négligent pour ne pas maintenir soigneusement ce cordon entre ses mains
Suites de l’opération
Après le premier coup de pince, il n’est pas rare de voir l'animal se raidir, voûter son dos et quelquefois même, tomber sur le sol, surtout lorsqu'il s’agit d’un jeune sujet d’espèce bovine. Il ne faut pas s’en alarmer. Les taureaux adultes se contentent de beugiler et de se contracter.
Le second coup de pince paraît, en tous cas, moins douloureux. Ce n’est qu'une illusion évidemment. L'animal est tellement endolori par le premier martellement qu’il ne réagit pour ainsi dire plus.
Pendant une trentaine de minutes il demeure un peu hébété, mais cette stupeur s’atténue rapidement et au bout d’une heure, il n’est pas rare de voir les animaux songer à manger. Au bout de 12 heures on note un engorgement du cordon et de la région opérée, mais cet engorgement n’a rien d’inquiétant. Il est normal et doit s’accentuer pendant une dizaine d'heures, il ne gênera en rien l’animal et celui-ci mangera comme d'habitude.
Vers la fin de la première semaine, le scrotum se plisse. I] est aisé de conclure que le cordon se rétracte sur lui-même et que le testicule commence à diminuer sérieusement de volume. On peut même, à cette époque, commencer à percevoir très nettement, sous la peau, les formes et les dimensions de cet organe.
Ces signes vont aller en s’accroissant. Les plis de la peau des bourses s’accentuent. Le volume des testicules diminue de plus en plus. Au bout de 15 jours on acquiert la certitude que l'animal est bien castré et la castration est devenue un fait accompli, au bout d’un mois seulement chez beaucoup de sujets, au bout de deux mois chez d’autres, au bout de quelques mois chez les vieux taureaux et les vieux bêliers.
Il n’y a jamais de complications lorsque l'opération est bien pratiquée. :
Les deux seules complications que l’on puisse noter sont dûes à l'opérateur. Celui-ci peut, s’il n’opère pas à égale distance du ventre et des testicules, atteindre l’un de ces derniers organes. Une orchite risque alors de se développer de la façon la plus normale qu'il soit.
Si l'opérateur, d'autre part, martelle le cordon en deux ou plusieurs endroits, s’il prolonge trop longtemps le contact de la pince marteleuse sur la peau des bourses, il peut évidemment provoquer une plaie et celle-ci peut s’infecter.
Avantages de la Méthode
La méthode de Burdizzo est on ne peut plus simple à pratiquer. N'importe quelle personne peut, du jour au lendemain, la mettre en œuvre. Aucun doigté n’est nécessaire, aucune connaissance anatomique approfondie rjest indispensable. Il n’est pas non plus besoin d’être un athlète pour arriver à castrer dans de bonnes conditions.
La méthode n’est enfin pas fatigante. Il est possible, sans se surmener, de castrer un nombre considérable d'animaux dans la journée.
La méthode peut être mise en œuvre à n'importe quelle période de l’année, aussi bien par les froids les plus intenses que par les chaleurs les plus grandes.
Les animaux peuvent être castrés à n'importe quel âge et sans aucune préparation préalable. Aucun soin consécutif puisqu'il n’y à pas évacuation de sang. Les animaux castrés en pâture peuvent être relâchés immédiatement. Les animaux Castrés à l’étable ou dans les bergeries peuvent y être maintenus sans inconvénients.
Le pourcentage des ratés est excessivement faible. Même en allant très vite on peut le réduire à condition, nous le répétons, de ne pas opérer seul.
C’est là une opération pour nous sine qua non.
Autre avantage sur lequel nous insistons une fois encore : la rapidité de l'opération. Cette rapidité est aussi intéressante dans les pays où l’on est appelé à pratiquer quotidien-
nement de nombreuses castrations que dans ceux où l’on ne castre, au contraire, qu’un petit nombre d’animaux chaque jour.
Autre avantage : la conservation du maniement du testicule. Cet avantage peut paraître, à première vue, secondaire. En réalité, il est d’une importance considérable car, dans un grand nombre de régions, ce maniement est on ne peut plus apprécié. Il facilite singulièrement les transactions.
Le dernier avantage de la méthode est enfin de ne faire souffrir l’animal que pendant un laps de temps relativement bref. Certes, le martellement est une opération très douloureuse, mais la douleur ne dure pas.
Les animaux ainsi castrés ne maigrissent donc que très peu et s’engraissent par la suite très facilement. Notre Confrère Degois a du reste effectué, sur ce point particulier, des études très précises.
Nous en publions une que nous extrayons du Recueil de Médecine Vétérinaire de l’Ecole d’Alfort.
« J’ai suivi régulièrement, écrit Degois, le développement < de plusieurs lots d’'agneaux de la même bergerie et la com- < paraison qui en est résultée peut présenter assez d'intérêt, < pour être rapportée ici :
«< Dans la même bergerie, logement et alimentation étant semblables, 4 lots de 6 animaux ont pu être faits . chaque lot « pesait 135 Kïlogrammes environ.
« Un lot de pincés.
« Un lot de castrés par excision des testicules. < Un lot de mâles.
< Un lot de femelles.
POIDS AU JOUR JOURS APRÈS LA CASTRATION DE LA CASTRATION ge 28° 40° 50° | 70 | 7 | 6pincés | 135.5 | 145.3 | 156 168.1 | 177.4 | 183.7 | 193.9 6LCAStrÉS 135 138 88155 611012281693 2M177 10101832 Gimales ee" 137.2 | 1448 | 160 166 176.2 6 femelles ..... IM135 49 Ir 152.3 | 158.1 | 169.2 | 163.5 | 169.9 |
« Les deux lots d’opérés n’ont présenté aucun signe de malaise à la suite de l’opération.
« Celle-ci à cependant plus éprouvé les castrés que les pincés comme le montre la pesée du 8° jour.
« Au 50° jour, tout choc opératoire disparu depuis long- « temps, l’avantage de poids est nettement aux pincés sur
DO D le
« les châtrés, les pincés s'étant développés autant que les « mâles. À cette date plusieurs mâles ont été châtrés, et les « femelles sont allées au pâturage ou leur acclimatement « leur a fait perdre du poids.
« Au 79° jour, les pincés ont gagné plus de 10 kilogrammes « sur les châtrés. »
Observations personnelles
Première observation personnelle (Oued Athménia, Algérie), Domaine de M. Jean M... des I.., 1" Mai 1924.
300 antenais sont à castrer. Nous avons à notre disposition, outre le propriétaire, sept arabes sans compter notre aide personnel.
Les antenais sont enfermés dans un parc. Ce parc est clos par une porte en bois. L'opération va se dérouler par un beau temps en dehors du parc et devant la porte de celui-ci.
La pince marteleuse de Burdizzo est confiée à notre aide Amira Ben Saadi.
Deux arabes sont placés dans le parc en permanence, leur rôle est d’approvisionner les trois autres qui doivent maintenir en permanence sur le sol deux moutons en position de castration, c’est-à-dire couchés sur le côté droit, le membre postérieur gauche déporté en avant et réuni aux membres antérieurs.
Nous sommes personnellement chargé du rôle le plus délicat, c’est-à-dire de la contention des cordons à marteler. L'opération se déroule normalement à la cadence de deux moutons par minute. Au bout d’un quart d'heure, le propriétaire comprend que deux aides supplémentaires nous permettront d'aller beaucoup plus vite. Nous arrivons ainsi à avoir toujours quatre moutons en posture de castration.
Nous parvenons à ce moment, en nous relayant M. M... des I. et moi à faire jusqu’à quatre castrations par minute.
Au bout d'une demi-heure, cependant, comme rien ne presse, la cadence se ralentit. En deux heures, les 300 moutons sont castrés.
Nous revenons six semaines plus tard. Trois sujets seulement ont été ratés. Nous les émasculons immédiatement au moyen de la pince de Reimers.
Ajoutons, pour être complet, que lors de la première opération, trois cordons seulement ont dû être martelés en deux parties différentes, les cordons, en question, ayant échappé à la main de l’aide chargé de les tenir.
Deuxième observation personnelle (Aïn M'Louk, Algérie), Domaine de M. G..., 1" Août 1924.
is
Trois troupeaux comptant respectivement 257, 298 et 274 têtes sont à castrer. Il s’agit toujours d’antenais.
Sept aides sont mis à notre disposition, sans compter notre aide personnel.
L'opération est entreprise à l’entrée d’un parc à moutons.
Le propriétaire absent ne peut nous aider.
L'opération commence au petit jour.
Le premier troupeau est achevé à sept heures du matin.
Sept cordons ont dû être martelés deux fois.
Après un arrêt nécessité par l'introduction dans le parc du second troupeau et de la prise du déjeuner, l’opération reprend ; à midi le second troupeau est terminé.
Deux cordons seulement ont dû être martelés deux fois.
Après un repos d’une heure l’opération reprend. A quatre heures de l’après-midi, le dernier troupeau est achevé.
Quatre cordons ont dû être martelés une seconde fois.
Nous repassons un mois plus tard à Ain M’Louk, sept animaux qui nous paraissent mal castrés sont émasculés au moyen de la pince de Reimers. Entre temps, un animal est mort d’orchite et deux autres sont morts vraisemblablement de charbon sans qu’il puisse être établi un rapport entre l’évolution de ce mal et la castration.
Troisième observation personnelle (Châteaudun-du-Rhumel, commune mixte, Douar des Ouled Larbi, Algérie, 14 Septembre 1924).
Deux troupeaux comptant respectivement 328 antenais et 340 antenais appartenant à divers propriétaires indigènes et vendus à un courtier indigène bien connu Boudjema Ben Ahmed sont rassemblés dans un fondouk.
Un personnel indigène très nombreux est mis à notre disposition. Neuf indigènes auxquels s'ajoutent nos deux aides personnels.
Nous avons des bottes de paille compressées à notre disposition sur lesquelles nos animaux sont couchés à la sortie du fondouk dont l'entrée est barricadée.
L'opération commence à sept heures du matin, elle se terminera un peu après midi, quatorze martellements doubles ont dû être effectués.
Les animaux ayant dû être immédiatement expédiés par la route à l'issue de l’opération, il nous à été impossible de constater les résultats de notre intervention, mais par la suite Boudjema Ben Ahmed nous à à plusieurs reprises amené de nouveaux animaux à castrer au moyen de la pince de Burdizzo. Il s’est toujours déclaré très satisfait de ce mode opératoire. Les animaux nous a-t-il dit souffrent moins et peuvent être mis en route le lendemain de l'opération.
ER re
Quatrième observation personnelle (Mechta Châteaudun, commune de Châteaudun-du-Rhumel, Algérie).Domaine de M. D..., le 19 juillet 1924, à 6 heures du soir.
Un troupeau de 280 antenais enfermés dans un parc doit être le même jour castré, marqué sur le dos, vacciné contre la clavelée, et marqué à l'oreille au moyen de la pince composteur délivrée par le Gouvernement Général de l’Algérie.
M. D... sa femme, huit indigènes et nos trois aides sont à notre disposition.
L'opération se déroule très vite, les animaux sont extraits du parc par un indigène qui les fait défiler successivement devant l’aide chargé de leur enfoncer dans l'oreille droite une épingle pourvue d’une médaille. Un second aide, au moyen d’une petite pince recourbe l’épingle en forme d’U. L'un de nos aides introduit l’U de l’épingle dans le plomb qu’il composte.
Madame D... marque à ce moment la bête sur le dos. Deux indigènes saisissent l’animal qui est couché sur une botte de foin pressé. Un de nos aides maintient les cordons. M. D... martelle ; presque en même temps nous injectons le vaccin anticlaveleux et l’animal est violemment projeté, trop violemment souvent, sur le sol, où après quelques minutes de stupeur il va retrouver ceux de ses congénères qui ont subi les opérations successives que nous venons de rapporter.
L'opération a dû être interrompue pendant quelques minutes à trois reprises différentes pour le nettoiement de la seringue à vaccin.
180 moutons ont été castrés, marqués et vaccinés en 55 minutes ; par la suite, la chaleur étant relativement élevée bien que nous nous trouvions à la fin du jour et, la fatigue commençant à se faire sentir parmi nos aides, surtout parmi ceux qui étaient chargés de saisir les moutons, la cadence s’est légèrement ralentie et 45 minutes ont été nécessaires pour terminer le travail entrepris.
Huit martellements supplémentaires ont été nécessaires.
Un animal est mort sans que la castration puisse être incriminée.
Quatre moutons ont été ratés et ont été castrés 6 semaines plus tard par émasculation.
Cinquième observation personnelle (Bou-Malek, commune d'Oued Athménia, Algérie), Domaine de M. C..., 2 octobre 1924.
Un taureau de race Tarentaise âgé de deux ans nous est présenté. L'animal est attaché dans un coin de l’étable, c’est un sujet assez calme
Nous avons à notre disposition, outre le propriétaire, un de
ses commis indigènes et notre aide particulier Mohammed Ben Ahmed.
nine
Une pince mouchette est mise au taureau que le propriétaire maintiendra en agissant à la fois sur l’anneau nasal et sur la pince mouchette ; au moyen d'une plate longe on porte en avant le membre postérieur gauche, cette plate longe est placée sous l’encolure, puis ramenée du côté gauche où son extrémité sera tenue par l’aide indigène du propriétaire.
Notre aide masse les bourses et délimite tout d’abord un fragment du cordon gauche, le tout en se plaçant derrière l'animal ; nous nous approchons, nous coinçons le lambeau de cordon délimité entre les machoires de notre pince. Un coup sec, une réaction brutale du taureau, le martellement est effectué. Nette réaction. Durant quelques secondes, l’animal gémit, vousse son dos, remue la tête ; mais ces réactions vont vite en s’atténuant.
Notre aide s'empare alors sans aucune difficulté du second cordon et le martellement de ce second cordon est terminé quelques secondes plus tard sans que l’animal ait marqué cette fois le coup autrement que par un léger fléchissement des reins.
Deux mois plus tard, nous repassons dans l’exploitation, la castration est achevée, l’animal est en bon état de graisse et quelques semaines plus tard, il peut être vendu un bon prix sur le marché d'Oued Athménia.
Sixième observation personnelle, Aubigny (Somme), exploitation des frères V.., 1” Juillet 1928.
Un troupeau de 242 moutons est à castrer.
Mais il s’agit surtout là d’une démonstration pour nous.
Nous avons à notre disposition, outre les deux frères V.…., deux domestiques, une servante et deux enfants.
Les sujets à castrer sont dans la bergerie, une meule de paille est placée devant la porte, c’est sur cette meule que les moutons sont immobilisés.
Nous opérons personnellement les 100 Der sujets, le cordon étant maintenu par un des frères V.., une heure environ est nécessaire. Nous passons ensuite la pince au second frère V.. Plus de deux heures sont nécessaires pour faire 98 sujets, mais entre temps les deux frères se sont relayés à la pince. Celle-ci à été également expérimentée par un berger que l'opération intéressait et qui est venu nous prêter mainforte. Comme le jour tombe, nous reprenons enfin l'instrument et les derniers animaux sont alors castrés en moins de 30 minutes.
Douze cordons ont du être martelés deux fois. Quatre animaux ont été ratés. Il n’y a eu aucune mortalité et les animaux se sont très bien engraissés.
Un dernier mot pour signaler qu’au cours des diverses observations que nous venons de signaler les échecs notés ont eu
pour cause essentielle les divers changements de main qui se sont produits au cours de l’opération.
Quand il y à un aide avisé et sérieux au cordon, il ne doit pas y avoir d'échec. Il se peut, en effet, que sous la pression des machoires de la pince le cordon s'échappe, bien, que cela ne doive pas se produire lorsque le cordon est entre les mains d’un aide sérieux, mais la supériorité incontestable de l’aide sur tout instrument mécanique destiné à contenir le cordon provient précisément de ce que l’aide enregistre ce glissement du cordon et provoque ainsi une seconde mortification à quelques centimètres au-dessus du premier.
Perfectionnement Hauptner
Hauptner a, cependant, adopté une agrafe qui permet de fixer le cordon avant le martellement. C’est, à proprement parler, une pince munie d’un ressort et dont Souquère écrit ce qui suit :
« C’est une pince à ressort dont les deux branches écartées à la base pour contenir le cordon s’appliquent fortement l’une contre l’autre à leur pointe pour le retenir. On ouvre l’agrafe à l’aide de deux leviers faciles à enlever. On les place de côté sur les cordons, on enlève ensuite les leviers et l’on applique la pince de Burdizzo.
« Pour l’autre cordon on fait de même ».
Et Souquère d’ajouter qu'il n’aime pas ces ressorts, ou bien ils ne retiennent pas les cordons, ou bien ils meurtrissent trop fort le scrotum.
Nous ajouterons à celà que la mise en place de cette agrafe constitue une complication inutile, une perte de temps supplémentaire indésirable à tous points de vue.
Perfectionnement de Burdizzo
Le Docteur Burdizzo a imaginé une petite pince destinée à maintenir le cordon avant le martellement. Cette pince se trouve substituée aux doigts de l’aide.
C’est une petite tenaille à machoires étroites. Souquère ne veut pas l'utiliser. Il faut, en effet, d’après lui, la lâcher pour déterminer l’écrasement. De plus un aide doit la tenir et Souquère est opposé à la présence de cet aide, nous l’avons vu ; à tort, du reste, à notre avis.
Notre Confrère estime d’ailleurs que si cette tenaille était munie d’une crémaillère la tenant fermée, elle pourrait être utilisée.
Age
En ce qui nous concerne, nous estimons que cette pince est une complication supplémentaire qui ne peut pas remplacer l’aide. C’est une perte de temps nouvelle et inutile.
Pince de Cristofori
C’est une petite pince, ayant à peine dix centimètres de long et c’est une pince à ressort.
Souquère lui reproche d’avoir un ressort beaucoup trop faible et de ne pouvoir être utilisée que pour les petits sujets.
Pince d’'Amorosi
Le Docteur Italien Amorosi, de Campobasso, a imaginé une pince à bras allongés qui, saisissant à la fois cordon et bourses, immobilisent en avant le cordon. Les manches, dit Souquère, sont rapprochés par un boulon avec écrou à oreille et les machoires qui pressent le scrotum sont aplaties et bifurquées. C’est dans cette bifurcation que le cordon sera martelé.
Souquère reproche à l'instrument d’être volumineux, de tenir trop de place entre les cuisses du taureau et d’être encore à déplacer lorsque après avoir opéré le premier cordon, on veut passer au martellement du second.
Nous n'avons jamais personnellement utilisé cet instrument.
Pince de Colesan
Ici, les machoires sont doubles et le cordon se trouve ainsi comprimé en deux endroits différents d’un seul coup.
Nous croyons avoir fait justice de cette méthode qui fut, à un moment donné préconisée par Degois et qui se traduit quelquefois par des mortifications cutanées génératrices de plaies.
Souquère reproche d'autre part à la méthode de nécessiter souvent un trop gros effort pour les taureaux d’un an. Souquère voudrait aussi que la distance entre le point d’écrasement, pût varier suivant la taille des animaux.
plie