‹ Contribution à l'étude de la centrifugation expérimentale en biologieChapitre 38 sur 51 · I. — MEMBRANES ET SOLUTIONS · texte numérisé non relu

I. — MEMBRANES ET SOLUTIONS

La centrifugation augmente considérablement l'intensité de passage des solutions au travers des membranes artificielles et naturelles.

Cette augmentation a été constatée sur des membranes de

Tape

collodion, de xanthate de cellulose, de Schleicher, sur des membranes tapissant les coquilles d'œufs de poule, sur des vessies de porc, des peaux de pêche et même enfin sur des jugulaires. Dans ce dernier cas, nous avons vu qu'un segment de veine, rempli de sang et parfaitement ligaturé, ne donne rien s'il est centrifugé dans du sérum tonique, mais colore un milieu hypotonique alors que les témoins restent sans la plus légère teinte.

L'examen microscopique ne révèle aucun globule, l'hémoglobine seule a passé au travers des parois veineuses. Le caillot formé dans le segment centrifugé en milieu tonique est intact. Celui formé dans le segment centrifugé en solution hypotonique est complètement disloqué.

La centrifugation produit ainsi un laquage.

La force centrifuge modifie les solutions de corps minéraux organiques el les pseudo-solutions colloïdales.

Si nous centrifugeons très fortement une solution! et que nous en prélevions, d’une part, les couches supérieures, de l'autre, les couches profondes, nous voyons que :

Dans les premières : Dans les secondes :

Pour obtenir la congélation, Pour obtenir l’état glace, il il suffit d'un froid moins intense faut un abaissement de tempéque celui nécessité par la solu- rature supérieur à celui exigé tion témoin. par la solution témoin.

La tension superficielle est La tension superficielle est réduite. -augmentée.

1 Les solutions salines donnent les meilleurs résultats.

De tels changements semblent connexes aux modifications de densité produites par la force centrifuge dans les solutions.

Signalons que des liqueurs restées plusieurs années sans être remuées ne présentent pas, comme on pourrail le croire, de concentrations différentes-entre leurs parties profondes et leur surface !. Cependant, il suffit d'une centrifugation énergique pour en voir apparaître. Dans le cas de sirop simple, nous avons constaté de fortes variations tant par la méthode du flacon que par le polarimètre.

Ces variations sont excessivement fugaces. Une colonne liquide centrifugée, abandonnée à elle-même, s'umifie très rapidement comme densité.

Cela tend à prouver que les solutions sont composées de particules impossibles à distinguer encore avec nos ultramicroscopes actuels.

Les mouvements browniens doivent, par des brassages continuels et intenses, rétablir l’uniformité récemment rompue d’une solution, puis la maintenir par la suite.

La centrifugation sous certaines conditions libère plus ou moins d'eau des gels.

Même très violente, elle ne change pas la densité des sols d'argyrol et autres métaux colloïdaux.

Les diastases se comportent différemment, suivant qu'il s agit de ce que le professeur Dubois appelle les macro- et les microzymases.

Ainsi, la purpurase du Murex brandaris et la luciférase du Pholas dactylus sont fortement influencées par la centrifugation. Les culots renferment un très grand nombre de vacuolides caractéristiques de ces deux macrozymases.

! Nous avons pu opérer sur des solutions immobiles depuis dix ans.

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Tandis que les mêmes phénomènes ne se produisent pas

lorsqu'on opère sur de la salive, du suc gastrique, pancréatique ou autres microzymases!.

Il — LA CELLULE

Ce que nous venons de constater au point de vue physicochimique, nous le retrouvons dans la cellule.

Ne pouvant, bien entendu, expérimenter sur une seule cellule?, nous avons employé une masse cellulaire et constaté que :

1° Sous l'influence de la centrifugation, la membrane laisse passer non seulement de l’eau, mais aussi des principes minéraux et organiques (sels, sucres, ferments);

2° Une pomme de terre centrifugée contient beaucoup plus de sucre dans son bout périphérique qu'elle n’en renferme dans son bout central;

3° Dans une pomme de terre centrifugée, les grains d’amidon revêtent un aspect fort différent, suivant qu'on les prélève à l’une ou l’autre extrémité du tubereule. Du côté où l’action de la force centrifuge se fait le plus sentir, les stries s’estompent plus ou moins, jusqu’à disparaître complètement.

Avec un éclairage d'intensité voulue*, on découvre sur le pourtour de chaque grain des plissements internes de la couche périphérique. |

Toutefois, il n’existe aucun changement, n1 dans la forme, ni dans la teinte des croix de polarisation.

1 Il est curieux de signaler qu’en plusieurs essais les principes actifs des microzymases ont été réunis à la partie supérieure des liquides centrifugés. Cela tient probablement à la viscosité des produits utilisés.

2 Nous.étudions plus loin l’action de la force centrifuge sur les êtres unicellulaires.

3 Cette intensité est très exactement obtenue par l'emploi de deux nicols en position parallèle, avec obj. 7, Leitz et ocul, 2.

= 90 Le protoplasme, les noyaux, les vacuolides sont entraînés

par la force centrifuge d'autant plus vite que les cellules sont

plus hydratées.

Il faut des vitesses de 1.200 tours au moins pour détruire à jamais les courants du protoplasme. Mais les mouvements browniens continuent à se manifester dans les zones pariétales protoplasmiques pendant plus de dix-huit heures encore.

Non seulement les chromatophores sont entraînés par la centrifugation, mais aussi divisés en un grand nombre d'éléments. Ils apparaissent alors comme s'ils étaient de simples agrégats de chloroleucites réunis par une gaine protoplasmique.

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