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PHYSIOLOGIE GÉNÉRALE ET MÉCANISME D'ACTION

Les expériences précédentes prouvent que l'étude des effets produits par la centrifugation est essentiellement du domaine de la physiologie générale, puisque, dans bien des cas, ils sont comparables à la fois chez les animaux et les végétaux.

De nombreux travaux antérieurs aux nôtres relatent combien les œufs et les graines sont modifiés dans leur constitution par la force centrifuge.

Nos études sur les solutions, les membranes, les cellules, expliquent ces perturbations.

Convenablement appliquée, la centrifugation rompt l’équilibre cellulaire normal en activant les échanges osmotiques et en modifiant la concentration du bioprotéon.

Nous avons montré aussi que les œufs etles graines peuvent être accélérés dans leur développement par la force centrifuge, ou retardés s'ils sont trop longtemps soumis à son influence, que les organismes animaux ou végétaux issus de produits centrifugés sont plus petits, moins lourds, comparés aux témoins, qu’il existe enfin chez tous les êtres élevés en organisation, une concentration des milieux intérieurs, une

perturbation des principales fonctions (circulation, nutrition) susceptibles de produire des anomalies morphologiques externes ou internes.

Comment naissent tant de perturbations?

Est-ce par simple pression ?

Non-seulement une pression exercée par d'autres moyens ne donnera pas les mêmes résultats, mais les organismes ainsi traités seront détruits.

A côté de la pression bien spéciale obtenue par les centrifugeuses intervient un autre facteur.

Tout porte à croire qu'il s’agit de déshydratation, d’'essorage des tissus. En effet :

1° Les organismes peu hydratés ne sont pas atteints par la force centrifuge (Hanneton). Ceux renfermant au contraire, un gros pourcentage d’eau, sont fortement modifiés (vertébrés).

2° Les êtres aquatiques centrifugés dans leur élément ne sont pas ou peu troublés (Vorticelles, Paramécies, Euglènes, Poissons, spermatozoïdes, etc.)

3° Les papillons ne peuvent percer leurs cocons faute de liquide pour dilacérer les fils.

4° L’hyperconcentralion du sang, l'augmentation du nombre des globules rouges ou des principes cellulaires, indiquent des humeurs diminuées.

5° Suffisamment prolongée, la centrifugation dessèche les grenouilles plus complètement encore que les solutions salines employées par Claude Bernard.

6° De belles recherches de Raphaël Dubois, démontrèrent, voici longtemps, que les anesthésiques généraux agissent comme déshydratants. Or, dans une série d'expériences, nous avons constaté une concordance entre les résultats obtenus par la force centrifuge etles vapeurs d'anesthésiques.

Des œufs sont acélérés dans leur développement par l’éther

ou le chloroforme. Les larves soumises à ce traitement donnent un pourlage de sexes voisin à celui fourni par la force centrifuge.

Bien entendu, ces mêmes corps augmentent les concentratons des liquides bioprotéoniques. ;

Si les phénomènes dus à la centrifugation sont plus intenses, c'est parce que produits plus lentement, d'une façon plus progressive. Avec les anesthésiques, on parviendrait probablement au même résultat si leur toxicité n'était à redouter.

En plus de cette action, dans bien des cas, la pression intervient directement (agglomération des globules, des principes de la cellule, des vorticelles, etc.)

Mais ilest curieux de voir des forces aussi intenses agir sans amener une destruction irréparable des tissus.

D'ailleurs, dans l'industrie même, on a signalé depuis longtemps l’action toute différente des essoreuses et des presses (par exemple, les premières n'’abiment pas les soies que les secondes font déteindre à puissance moindre).

Du long exposé de nos travaux, il semble donc bien résulter que les troubles consécutifs à la centrifugation des êtres vivants (animaux et végétaux) sont dus à deux facteurs :

La déshydratation, l'essorage progressif du bioprotéon, d'une part; sa compression (sous une forme toute spéciale) de l’autre.

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