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Dans l'œuf centrifugé de Cumingia, e micromère peut enfermer taute la substance huileuse, tout le vitellus ou tout le pigment sans que ses dimensions et ses rapports avec le pôle de l'œuf soient changés. La nature des cellules n’est donc pas déterminée par des différences régionales, mais par la figure karyokinétique et les matériaux qui l'entourent. Les théories relatives à la division cellulaire attribuant au noyau ou à sa chromatine un rôle prépondérant et celles admettant les différences cytoplasmiques régionales en dehors du fuseau, ne tiennent pas compte du facteur essentiel de la division cellulaire, c’est-à-dire de la figure karyokinétique.
Les expériences de l’auteur sur les œufs de Cérébratulus, correspondent à celles de Lillie sur les œufs de Chætoptérus. D'après lui, les asters peuvent être entraînés passivement à travers le cytoplasma, sans se déformer, ils se comportent donc comme un corps solide, ce qui prouve qu'ils ne peuvent pas être considérés comme résultant de forces émanant du centrosome.
Ces travaux nous apprennent aussi que les œufs de Téléostéens ne peuvent tourner librement que dans leur membrane; ils s’orientent toujours de la même manière lorsqu'ils sont centrifugés, le germe dirigé vers l'extérieur du centrifugeur. La pesanteur est sans action sur le développement de l'embryon. Si les œufs sont centrifugés avant d’être fécondés, on observe dans la plupart d’entre eux la pénétration de plusieurs spermatozoïdes. Il se produit alors souvent à côté du blastodisque, des petits amas de cyfoplasmas microblastodiques renfermant un spermatozoïde, qui peuvent présenter un commencement de segmentation, mais ne donnent jamais d’embryons? Les œufs centrifugés et les œufs polyspermiques donnent souvent des embryons normaux dont le mode de formation ne peut s'expliquer par la théorie de la concrescence de His”.
Les Batraciens furent fréquemment utilisés par Morgan.
1 Cf. Index bibliographique, n°° 52 61, et n° 2 (r904, Renaut): (1906-1907, Dubuisson) : (1908, de Varigny); (1909-1910, Dubuisson; (1910, Henneguy).
Ce dernier, en centrifugeant à 1.600 tours des œufs de Rana sylvestris put démontrer que la cavité blastocélienne n’est pas indispensable à l'ontogenèse *.
Des œufs de Crapauds? traités pendant, trois minutes et des œufs de Grenouilles traités pendant sept minutes à 1.600 tours prennent une zone claire de plus en plus grands, tandis que les pigments se rassemblent à un pôle. Si la centrifugation a lieu de suite avant ou après fécondation, les phénomènes sont très nets et démontrent que le pigment noir réparti en une zone sous-équatoriale n’agit pas comme substance formative.
Parallèlement à ces études sur les œufs d’Oursins, M. Clendon* en entreprend sur ceux des Grenouilles. Dubuisson résume ainsi ses travaux :
L'œuf non segmenté d’Acris grillus ou de Rana pipiens soumis à une force centrifuge 2.771 fois plus grande que la pesanteur, se sépare en trois couches : 1° une couche centripète graisseuse et jaunâtre ; 2° une couche moyenne protoplasmique et translucide; 3° une couche pesante de vitellus colorée par les granules de pigment noir. Par des méthodes cytologiques et microchimiques, 1l fut prouvé que ces couches étaient formées de parties presque pures. La couche moyenne contient le noyau ou le fuseau. En centrifugeant de la substance ovulaire en masse, on put vérifier ces faits par des méthodes purement chimiques. Les résultats montrèrent que les différences physiques et chimiques peuvent rendre compte des anomalies observées dans le développement des œufs centrifugés sans avoir besoin d'admettre une lésion protoplasmique.
Les œufs furent centrifugés à différents stades depuis le gonflement de la couche gélatineuse jusqu’au stade à huit cellules. Les figures miotiques étaient comprimées dans la direction de
1 Cf. Index bibliographique, n° 52 à 6r.
? Cf. Index bibliographique, n° 52 à 61 et Influence de la force centrifuge sur les œufs de Grenouilles, in n° 2 (1910, Goldsmith).
$ Cf. {ndeæ bibliographique, n° 47 à 51, et Index bibliographique n° 2 (1909, Dubuisson. F. Vles) (1910, M. Goldsmith).
la force. Cet effet semble dû à la compression du réseau alvéolaire, d’un côté par la couche grasse, de l’autre par la couche vitelline. La compression de la partie protoplasmique de l'œuf peut déterminer l'orientalion verticale du troisième clivage observée par Morgan.
Mac Clendon ! constate qu'une force supérieure à environ 6.000 fois la pesanteur au bout de deux minutes stratifie les œufs d’Oursins en quatre couches.
1° La plus éloignée du centre de rotation comprend des corpuscules du vitellus et des granulations pigmentaires rouges.
29 La suivante contient des corpuscules vitellins sans pigments.
3° Dans la troisième, fluide, transparente, se trouve lenoyau.
4° La dernière offre un aspect très opaque. En général, les couches centripèles sont composées de cristaux gras et de protéides; les couches centrifuges renferment un pigment lipochrome, beaucoup de cristaux gras, un peu de lécithine et des protéides. |
La centrifugation produit peu de troubles.
Grâce à la force centrifuge, Lyon* démontre sur les œufs d’Asterias qu'il n’existe aucune différence entre les maturés et les non maturés.
Tandis que la fécondation abaisse rapidement la densité des œufs de Chætopterus, elle ne produit rien chez ceux d’Arbacia.
Ayant fait agir des forces 6.000 fois plus grandes que la pesanteur, Lyon constate dans les œufs traités un certain nombre de couches, de teinte et de réfractions différentes variant avec les espèces.
Il voit que la segmentation débute par le pôle le moins
1 Cf, Index bibliographique n° 41 et 53 et n° 2 (1909, Dubuisson. F. Vles); (1910, M. Goldsmith).
2? Index bibliographique, n° 45 et 46, et Index bibliographique, n° 2 (1907, Dubuisson, 1908).
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dense, et que la centrifugation semble déterminer sa direction.
Les œufs d'Ascaris megalocaphala fournirent des matériaux d’études à plusieurs expérimentateurs, entre autres à Boveri! et Miss Mary Hogue?.
Pour ces derniers, il y a’‘stratification des inclusions de l'œuf par la centrifugation, les particules vitellines vont vers l'axe de rotation et les granules plus lourds du côté opposé, mais les chrosomes ne sont pas influencés.
La division est sans rapport avec la disposition des inclusions, en sorte qu'on trouve tous les modes de distribution anormale, entre les deux blastomères du vitellus et des oranules, suivant l'orientation de chaque œuf relativement à l'axe de rotation; c’est seulement lorsque la vitesse de rotation est rapide et agit tout le temps de la division, que presque toujours le fuseau se dispose parallèlement à la stratification, donnant deux blastomères à distribution égale, probablement par suite d’un aplatissement et suivant la règle de Hertwig, mais encore dans ce cas, si la centrifugation est interrompue un peu avant la division, l'œuf reprend sa forme et le fuseau sa position quelconque par rapport aux inclusions. D'autre part, grâce à une forte centrifugation commencée avant et poursuivie pendant la formation du fuseau de la première division, 1l peut se former une balle granuleuse à l'extrémité distale du sillon alors perpendiculairement à l’axe de la rotation et à la stratfication de l’œuf, balle que Boveri attribue à la résistance, à la pénétration du sillon de la calotte granuleuse. Mais la proportion des œufs à balle est très variable.
Boveri pense que la balle ne se produit que dans le cas où l’axe ovulaire se trouve exactement dans la direction de la force centrifuge; quand'il n’y a pas celte symétrie parfaite, le chemin détourné du sillon ne se réaliserait que d’un côté et
! Cf. Index bibliographique, n° 6, et no 5 (1910. Michel). ? Cf. Index bibliographique, n° 35, et n° 2 (1910, Michel).
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la balle, incomplètement séparée, rentrerait ultérieurement dans l’autre blastomère.
Dans un œuf centrifugé, plus le fuseau est excentrique, plus grande est la masse libérée en une balle. Dans les œufs faiblement centrifugés, malgré la disposition variable des inclusions par rapport au fuseau et, par suite, leur répartition quelconque entre les deux premiers blastomères animal el végétatif (même au point qu'elle peut y être intervertie), le développement ne sen poursuit pas moins normalement, fait déjà constaté par d’autres auteurs sur d’autres animaux: ces inclusions ne sont donc en rien des substances organo-formalives et il doit y avoir dans l’ovoplasme une polarité invisible indépendante. Mais les œufs fortement centrifugés ont presque toujours un développement anormal, qu'ils soient à balle ou sans balle. Ce développement anormal tient à l'aplatissement par centrifugation qui le fait débuter par deux blastomères méridiens équivalents; la seconde division se faisant encore dans le même plan, il en résulte pour le stade 4, au lieu de la forme terminale en T, une file de cellules qui, ensuite, se recourbe, puis se ferme en anneau, pour aboutir finalement à la forme rhombique ordinaire; alors la segmentation devient variable et irrégulière.
Conklin? eut recours à la centrifugation chez les Pulmonés d'eau douce pour déterminer le plus complètement possible l’organisation de l'œuf et son mécanisme de développement.
Entre la première maturation et le premier clivage, la centrifugation peut modifier la position des substances et celle des fuseaux de maturation, ainsi que le point de sortie des globules polaires, mais ne semble pas agir sur la position de l'axe ovulaire qui, par conséquent, serait déjà fixé, opinion émise précédemment par Lillie et Morgan.
Les effets nuisibles de la centrifugation EUR de la
1 D'après Aug. Michel, cf. Index no LS UE no? 1010. 2 Cf. Indez bibliographique n° 12, 13,et n° 2 (1910, Michel).
première maturation au premier clivage, depuis un développement ordinairement normal jusqu’à un développement toujours anormal. |
Les résultats différents de la centrifugation sur les œufs de divers animaux pourraient s'expliquer par la proportionnalité des effets de la centrifugation au degré de différenciation. Les substances colorées ne sont pas organo-formatives et représentent de simples inclusions; car la centrifugation peut les localiser et même rejeter la substance grise sans troubler le développement. Au contraire, la substance claire est du protoplasme s’accroissant pendant le développement, mais pas encore différenciée avant la segmentation; cependant, puisque la polarité et la symétrie sont déjà établies auparavant, il ya peut-être quelques charpentes permanentes, non modifiées par la centrifugation comme le sont les substances visibles et pouvant ultérieurement présider à la régulation®.
Garbowski?, en expérimentant sur des œufs de Paracentrotus lividus et d'Asterias qlacialis, a vu, dans la plupart des blastomères d'œufs d'Oursins, des centrosomes situés de l’un ou des deux côtés du noyau. Les phénomènes apparurent très nets par suile du déplacement des pigments jaunes sous l'influence de la centrifugation. L'auteur considère ces modifications du pigment comme des phénomènes vitaux. De toute cette étude très intéressante, il résulte que la distribution du pigment n’est aucunement en rapport avec la polarité de l'œuf. Ces données ont été acquises grâce à la force centrifuge.
Très récemment, Arthur Banta et Ross Acken Gortner au cours d'expériences sur les œufs de Rana sylvatica, trouvèrent par hasard que la force centrifuge peut, sous certaines con-
ditions produire des larves douées de queues accessoires abdominales”.
1 Cf. Index bibliographique, n° 2. 1910, Auguste Michel. ? Cf. Index bibliographique, n° 10, et n° 2, V. Delage. $ Cf. Index bibliographique, n° 3.
Girgoloff! constate qu'il existe des ressemblances entre la division de l’œuf comprimé et celle de l’œuf centrifugé. D'autre part, ceci est intéressant pour nous, il y a des ressemblances aussi avec les actions des produits chimiques et des basses températures.
Pour Browne*, lorsqu'on centrifuge des spermatocytes de Notonecte, les divisions cellulaires restent normales.
Adrews, après expérimentation sur des graines de Ricin avec un poids de 4 kilogrammes environ, voit les composants se stratifier suivant leur densité.
Mais, dix-huit heures plus tard, ces graines mises à germer sont redevenues normales. Si la germination n’a pas lieu, rien ne reprend la disposition naturelle.
L'auteur étudie très sérieusement l’ordre dans lequel se réparent les tissus.