PIE TAN UT SRE
et s’écoulerait dans un pseudo espace suftra-vaginal et dans l'orbite.
2° Un système de gaines vasculaires dont la seule un. peu connue serait celle entourant la veine et lartère centrale du lapin.
3° Un système interstitiel circulant dans les espaces injectables résultant des recherches de Schwalbe, Michel, Axel Key et Retzius.
Dans l’espoir d’élucider quelques points de cette question nous avons eu recours aux divers moyens de recherches connus, qui sont :
a) Des injections cadavériques dans le nerf lui-même.
b) Des injections de micro-organismes dans le tronc nerveux.
c) Des injections de matières pulvérulentes aseptiques dans le vitré pour voir si les particules se retrouvaient
dans le nerf.
1° Les injections de matières pulvérulentes aseptiques
dans le tronc lui-même.
a) Les injections cadavériques ont porté sur vingt nerfs optiques d'enfants de 0 à 1 mois. Nous nous sommes servi au lieu des masses aqueuses du liquide de Gerota plus diffusible à base d’éther et térébenthine.
Nous avons pu reproduire aussi les figures classiques d'Axel Key et Retzius, où l’on voit la substance injectée occuper les espaces névroglitiques du nerf.
Cependant nous pensons que cette méthode est bru-
tale et que les résultats qu'elle donne sont erronés. Le liquide moule en effet les faisceaux secondaires du nerf, en s’insinuant parfois dans leur intérieur, mais cet aspect n’est obtenu que grâce à la présence des cloisons conjonctives qui servent de barrière à l'injection, et la canalisent. Le liquide dilacère la névroglie mais ne peut vaincre la résistance des fibres conjonctives. Ainsi au chiasma, alors que ces fibres viennent à manquer, la façon dont se dispose l'injection est incohérente. Elle décolle la pie-mère occupant la couche névroglitique superficielle, s’étale en petites suffusions entre les fibres nerveuses qu’elle dissocie. On peut ainsi obtenir, en poussant derrière le bulbe, la sortie du liquide par la bandelette correspondante, mais cette injection déjà obtenue(par un autre procédé) par Knies n’a aucune valeur scientifique.
Une autre présomption contre ce procédé anatomique c’est qu’il n’est possible que sur des cadavres. Or au cours de nos essais nous avons remarqué que l’injection ne passait bien que sur ceux dont l’état de fraicheur n’était pas absolument parfaite. Il ne saurait cependant s’agir ici de décomposition au sens commun du mot. Seulement, en faisant des tentatives sur des animaux immédiatement après la mort, nous avons constamment échoué, tandis qu’en attendant vingt heures nous parvenions à faire passer le liquide. Ajoutons que la pression employée était toujours une pression moyenne.
b) Nous avons reproduit aussi les expériences de Nuel
et Benoît sur le chien en attendant plus longtemps pour
pratiquer l’énucléation. Pour cela nous avons injecté: avec tous les soins aseptiques désirables une goutte d’encre de Chine dansle vitré en nous efforçant de la déposer vers le centre du globe dans la zone du canal hyaloidien. Malgré l'examen le plus attentif nous n’avons vu passer aucune granulation dans le nerf. La papille était absolument libre et aucune accumulation d’encre, si petite soit-elle, n’était visible à cet endroit.
Ce passage des corpuscules dans le tronc optique n’est donc possible que sur le lapin seulement.
c) Nous inspirant les expériences faites sur les nerfs périphériques nous avons tenté d’injecter dans le tronc même du nerf optique des micro-organismes pour voir dans quelle direction ei dans quels endroits ils se propageaient. Nous nous sommes servis à cet effet de streptocoques.
Malheureusement ces résultats sont sans valeur,l’animal d'expérience étant le lapin qui possède un système particulier. De plus les injections dans le tronc même du nerf infectent fatalement, lors du retrait de l’aiguille, les espaces des gaines, hâtant ainsi la diffusion des germes, et faussant les conclusions possibles. C’est pour cette raison que nous n'avons pas renouvelé nos tentatives sur d’autres animaux.
d)Enfin nous nous sommes servi de matières pulvérulentes injectées directement dans le nerf. À cet effet, nous avons utilisé des chiens dans le tronc optique desquels nous avons déposé une goutte aseptique d’encre de Chine. Ces animaux ont été sacrifiés trois heures et
demie, quatreheures et demie, cinq heures et demie, six
heures et demie et douze heures après l'injection. Les organes énucléés étaient alors fixés, inclus etcoupés en séries. Jusqu'à cinq heures et demie après l’opération nous n’obtinrent d’autres résultats que la présence de grains d'encre dans l’espace intervaginal. Ces grains étaient libres et vraisemblablement déposés à cet endroit loin du retrait de l’aiguille qui avait instillé la
goutte dans le tronc nerveux.
Dans les pièces enlevées six heures et demie après l'injection nous n’avons observé aucun changement ni aucun corps étranger dans le tissu fasciculé ou stellaire du nerf optique, mais les grains d’encre étaient abondants dans l’espace sous-arachnoïdien, et se retrouvaient également dans la dure-mère.Ces grains étaient libres, et en un point présentaient un aspect très particulier autour d’un vaisseau de cette membrane dontils entouraient presque complètement la tunique adventitielle.
\ Enfin, dans les pièces enlevées douze heures après le
dépôt de la goutte d'encre dans le nerf, nous trouvons les grains de l’espace intervaginal phagocytés en grand nombre. De même de nombreuses cellules lymphatiques bourrées de granulationsse voyaient dans lagaine durale. Ces grains donnaient bien l'impression d’avoir été pris dans la cavité sous-arachnoïdienne et entraînés à cet endroit.
Le point le plus intéressant de ces dernières coupes; fut cependant la présence dans le tissu interne du nerf
optique de traînées d’encre visibles trois millimètres en
arrière du point d'injection. Les granulations noires étaient localisées dans les espaces stellaires conjonctifs et dans les rayons qui émanent de ces espaces, constamment occupés par des vaisseaux, si petits soient-ils. Nous avons pu voir dans ce cas présent les corpuscules d’encre autour de la gaine adventitielle de plusieurs artérioles coupées transversalement. Ces gaines n'étaient pas libres, mais bien intra-cellulaires, paraissant bien avoir été englobées par des cellules plus conjonctives que lymphatiques. On retrouvait d’autres de ces cellules dans les cloisons coupées longitudinalement. Mais, malgré les recherches les plus attentives, il nous fut impossible de déceler d’autres petits corps étrangers dans les faisceaux secondaires du nerf, en contact avec des fibres nerveuses.
Nous pensons donc que les méthodes connues sont incapables de nous renseigner sur le point de savoir s’il existe un courant actif de lymphe dans les espaces névroglitiques du nerf optique. Ces espaces sont bien le siège des œdèmes, mais ce fait pathologique n'implique pas forcément existence d’une circulation physiologique normale de lymphe. Nous croyons,en revan- -che, que la conception des gaines péri-vasculaires se rapproche plus de la réalité des faits. Cependant on ne doit pas les considérer comme des chemises lymphatiques, ou circule librement du liquide.
L’histologie moderne tend de plus en plus à assigner à chaque vaisseau de l’organisme une gaine conjonctivo-lymphatique.
Peut-être ces gaines sont-elles plus développées pour
les centres nerveux et les organes qui en dépendent. Le nerf optique posséderait les siennes. Ce ne serait donc pas une exception et les organes visuels rentre-
raient dans la règle générale.
Vu : le Président de la thèse,