EN GÉNÉRAL ET SUR CELLES DES VEINES SOUS-CUTANÉES EN PARTICULIER
L'observalion précédente est un exemple extrêmement remarquable de dilatation ou mieux d'hypertrophie veineuse bien distincte de la varice proprement dite ou de là dilatation latérale. En effet, il y a une grande différence entre la dilatation et la varice : que dans l’une, il y a intégrité, et que dans l’autre, il y a altération de parois veineuses; que dans l’une, le vaisseau remplit toutes ses fonctions relatives à la circulation, que dans l’autre, il y a stase du sang, maladie.
Il suit de ces considérations que dans le cas représenté planche VI, XVIe livraison, il y avait dilatation et non varice des veinés. Les tumeurs ombilicales elles-mêmes si volumineuses, de forme sphéroïdale, étaient formées par une veine
dilatée repliée sur elle-même, et nullement par une veine vari- .queuse.
LE pe
Ce fait d’ailleurs présente à considérer deux phénomènes bien distincts :
1° La dilatalion des veines sous-cutanées abdominales. Le développement de ces veines.a lieu dans tous les cas- d’obstacle à la cireulation dans les veines profondes et a pour but le rétablissement du cours du sang. Aussi n'est-ce pas rare de voir ces veines acquérir un développement considérable dans certains cas (Cruveilhier cite les exemples suivants : Grossesse, cas d’une femme atteinte de maladie d’articulation de la hanche, cas d'une femme morte d’une tumeur de l'ovaire). :
-2 Le fait de la continuilé des veines sous-cutanées abdominales dilatées avec la veine ombilicale perméable comme chez le fœtus, MÉRITE DE FIXER TOUTE NOTRE ATTENTION.
L'étude des anomalies du système artériel, conduisant à ce résultat général, que les troncs vasculaires remplacent souvent de petites branches et même des rameaux déliés, je me suis demandé s’il n'existerait pas dans l’état normal entre les veines sous-cutanées et la V. O. quelques voies de communication trop petites pour avoir fixé l'attention. Or, l'étude de ces veines, soit à l’état normal, soit dans le cas de dilatation rapporté plus haut, m'a convaincu que cette communication était tout à fait anormale.
Mais celle communication anormale est-elle congénitale, estelle accidentelle ? ;
D’après les commémoratifs, le développement de ces veines serait consécutif à des coups violents reçus dans l'abdomen, à un long voyage à pieds, à un genre de vie extrêmement pénible. Mais on sait combien peu de valeur il faut donner aux commémoratifs. ÎL EST DONC PROBABLE QUE LA COMMUNICATION EST congénitale.
Il ne serait cependant pas impossible qu'une veine oblitérée devint de nouveau perméable. On peut acquérir la conviction que l'adhérence des parois de la veine ombilicale réunies à l'aide d'une inflammation adhésive, n'est pas intime, surtout chez quelques individus, et il serait possible que l'effort du sang qui vient frapper incessamment contre la limite de l'adhésion finisse par en triompher.
Une manière de voir, plus probable encore, est celle-ci savoir que la V. ©. resle perméable, lorsqu'indépendamment de sa communication avec la veine porte, elle recoil comme
dans le cas précédent, une veine des: parois abdominales. ENFIN UNE DERNIÈRE CONSIDÉRATION : c'est la petitesse du foie.
L'existence de la veine ombilicale dans le fœtus n'est donc pas la source du grand volume que le foie présente à cet âge de la vie. Il est vrai que la perméabilité de la V. O. chez l'adulte ne peut pas être comparée à celle du fœtus. Car chez le fœtus, cette veine charrie un sang vivifiant, puisé dans le placenta, tandis que chez l'adulte, la V. O. perméable charrie-du sang venu de l'individu luimême. L
Il pourrait se faire que G&TTE PERMÉABILITÉ FUT UNE CAUSE D'ATROPHIE DU FOIE, en ce sens que ce vaisseau serait bien plus apte à porter le sang du foie vers d'autres organes que de le transporter des autres organes vers le foie.
De nouvelles observations pourront seules confirmer ou infirmer cette explication.
REMARQUE IMPORTANTE : Cruveilhier constate l'existence d'une grosse rate et admet une perméabilité ombilicale d'origine congénitale, « quoique, chez certains individus, l'effort du sang qui « vient frapper incessamment l'adhésion des parois veineuses « ombilicales, puisse en triompher », et, comme conséquence de ce fait : Ia petitesse du foie.
Ces constatations sont d'une importance capitale, que nous tenons à souligner dès à présent.
Ces quatre conclusions (à savoir : perméabilité congénitale de la veine ombilicale, grosse rate, possibilité de création d'un canal dans les « parois de la veine ombilicale adhérentes », atrophie hépatique peu marquée), constitueront les principaux éléments pathogéniques que nous aurons à envisager au chapitre VI. “