LES FORMES CLINIQUES
La symptomatologie de la colite chronique primitive est la même que celle des phases torpides de l’amibiase chronique secondaire. Aussi, décrirons-nous leurs formes cliniques dans un seul et même chapitre.
Le début est souvent insidieux. Il peut être caractérisé par les symptômes d’un embarras gastro-intestinal bénin, avec lassitude, inappétance, soif intense, diarrhée assez abondante, langue sale, abdomen sensible et apyrexie (TRAN VAN CHi).
La forme colitique.
La plupart des malades viennent consulter pour des symptômes de colite banale (colite muco-membraneuse, colite spasmodique, endocolite muqueuse). C’est, en effet, la forme habituelle de l’amibiase intestinale dans les pays tempérés. Elle peut se traduire par des types coprologiques différents :
1. Diarrhée chronique : Les malades ont une à deux selles par jour, matutinale et postprandiale. Ce nombre est augmenté par le moindre écart de régime. Les matières sont abondantes, fécaloïdes, mais pâteuses, molles ou mêmes liquides. Généralement de couleur verte foncée, elles ont l’aspect de la « bouse de vache », de « purée d’épinards ». Mélangées avec du mucus, elles semblent vernissées, brillantes. Abandonnées dans le vase, elles se répandent en deux parties. L’une centrale, constituée par des matières fécaloïdes, est entourée par du mucus incolore. La thérapeutique symptomatique reste inefficace.
2. Alternatives de diarrhée et de constipation : Les malades sont plus ou moins longtemps constipés et présentent de temps en temps des épisodes soit de diarrhée en « bouse de vache », soit de fausse diarrhée : matières dures et débris glaireux dans un liquide fétide.
3. Constipation chronique : Dans environ 10 % des cas, la constipation peut être opiniâtre, ne cédant à aucun laxatif habituel, résistant aux cures thermales répétées.