PROPHYLAXIE
L’amibiase étant une maladie « des mains sales », la proune maladie métropolitaine et même mondiale. RAVAUT a insisté sur le danger de voir s'installer en Europe cette parasitose, si facilement transmissible d'homme à homme, et responsable de désordres graves et persistants dans l’organisme humain. Les ravages que fait l’amibe sur le continent, sont encore limités, mais comme la fièvre ondulante et la tularémie, l’amibiase menace de devenir une maladie de l’avenir. Pour enrayer ce mal et peut-être le chasser d'Europe, il est le devoir de tous les médecins de dépister tous les cas d’amibiase larvée et tous les porteurs de kystes sains. Comme pour la syphilis, dans chaque cas d’amibiase, on doit remonter jusqu’à la source de la contamination, faire des enquêtes soigneuses dans l’entourage des malades pour dépister tous ceux qui pourraient disséminer le mal. Les malades guéris d’une dysenterie aiguë ne doivent pas être abandonnés. Un traitement prolongé doit leur être appliqué pour les complètement débarrasser de leurs germes.
Aux porteurs de germes sains qui refuseraient de se laisser traiter, il faut montrer quel danger social ils constituent et la lourde responsabilité qu'ils prennent sur eux s’ils persistent à disséminer les agents de contamination.
Pour les porteurs sains, LABBÉ conseille un traitement mixte. Une cure émétinienne pendant trois jours, à la dose de 6 à 8 centigrammes par jour, est suivie d’une injection de novarsénobenzol de 20 à 30 centigrammes. Avant d’entreprendre le traitement, on peut réactiver l’amibiase latente à l’aide de lavements au nitrate d’argent au millième, au permanganate de potasse ou à l’eau oxygénée ; puis on appliquera un des traitements de RAVAUT. Il faut suivre ces porteurs de germes et répéter le traitement
autant qu’il le faudra pour faire disparaître définitivement les kystes.