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Ces mesures, faites à l'air, ont donné les résultats suivants :
Dans le sulfate et le chlorure de sodium, dans le sulfate ferreux et dans le sulfate de magnésium, le potentiel observé est au début de — 0 v. 50 environ, puis, en 3 heures, il baïsse aux environs de — 0v.70. Les valeurs les plus basses que nous avons obtenues dans ces conditions ont été de — 0 v. 73, cette limite élant atteinte au bout de 7 à 8 heures (fig. 4).
Dans le sulfate d'’ammonium, dont le pH est de 6,6, le potentiel est au début de — O0v.67, puis il baisse, et après 20 heures, nous avons obtenu — 0 v. 76.
Dans le chlorure d’ammonium de pH 6,2, le potentiel du fer, initialement de — 0 v.35, marque une baisse qui l’amène en 24 heures à —- 0 v. 72.
on = [e) > © Électrode saturée au calomel o Kæ) | 2 ee heures + Il I 1 IÈ L L al O 1 2 5 a 5 6 Fig. 4. — Potentiels du fer dans le sulfate de soude à 1% 1. Solution aérée ; 2. Solution désaérée.
Des courbes analogues ont été décrites par Mc AuLay et Basrow (), puis par Evans (2).
Au bout de 1 h. 30 à 2 heures d'immersion, il se produit une attaque de l'acier et on voit se former une couche d'hydrate ferreux verdâtre, qui s’oxyde peu à peu au contact de l’oxygène dissous. Cet hydrate n’est pas adhérent, et le fer reste brillant en dessous.
D’après ces mesures, on voit donc que dans tous ces électrolytes se produit une dépassivation lente du fer, le potentiel du début indiquant une
(1) A. L. Mc AuLay et S. H. BasTow. — J. of. Chem. Soc., 1929, 85.
(2) U. R. Evans. — J. of Chem. Soc., 1929, 92. L. C. BANNISTER et U. R. Evans. — J. of. Chem. Soc., 1930, 1361.
en sur
passivalion initiale très nette, due sans doute à l’action de l'oxygène de Pair sur la surface de l’électrode. La décroissance du potentiel serait due à une destruction lente de cette passivation par les anions de la solution : Cl, SO“; en effet, puisque les potentiels sont les mêmes dans les différents sels employés, il est logique d’admettre que l’action activante est due aux anions. Nous verrons d'ailleurs que tous les anions ne possèdent pas cette propriété activante : certains ont, au contraire, une action nettement passivante, qui se traduit par une montée très sensible du potentiel du fer.
L'action passivante de l’air sur le fer peut se mettre en évidence de la façon suivante :
Le potentiel de l’électrode étant de — 0 v. 730, nous sortons cette dernière de l’électrolyte et la laissons à l’air un quart d'heure. Le potentiel obtenu dès la réimmersion de l’électrode était remonté à — 0 v. 68, puis il redescend en 2 heures à — 0v.73. Ainsi, malgré la couche d’'hydrate, c’est le fer qui impose son potentiel, de même qu'il peut se passiver par exposition à l'air à travers cette pellicule.
Nous avons fait des mesures semblables, mais en désaérant soigneusement la solution considérée, avant d’y introduire l’électrode de fer. Pour cela, nous y avons fait barboter, soit un courant d'azote, soit un courant d'hydrogène (1) pendant au moins 3 heures avant l’expérience, et durant tout le cours de celle-ci. Dans ces conditions, dans le sulfate de soude à 1 %, nous avons eu dès le début un potentiel de — 0 v. 69 qui, après 10 minutes seulement, avait atteint déjà la valeur limite de — Ov.74 (fig. 4).
On peut en conclure que l’oxygène dissous dans l’électrolyte gène l’action dépassivante de ce dernier, par sa tendance à ennoblir le fer, tout comme l'oxygène atmosphérique.