‹ Contribution à l'Étude de la Coxa Vara TraumatiqueChapitre 18 sur 28 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBservarion I (due à l'obligeance de M. le D' Moucuer).

Niv... Léon, âgé de 16 ans, employé de commerce, entre à l'hôpital Necker, salle Malgaigne, le 28 janvier 1903.

Son père et sa mère jouissent d'une bonne santé. Il est le cadet de sept enfants : six sont actuellement vivants et n'ont jamais été malades ; un seul, le 3°, est mort en bas âge.

Notre malade, né à terme, a été nourri au sein maternel ; à 14 mois, 1l commenca à marcher.

Jusqu'en 1901, santé parfaite. Cette année-là, il eut une crise appendiculaire et dut entrer à l'hôpital des Enfants-Malades. Après 3 mois d’immobilité au ht, pendant lesquels on maintint en permanence une vessie de glace sur la paroi abdominale, l’excision de l'appendice fut pratiquée par M. Brun. Les suites opératoires furent favorables.

Au mois de janvier 1902, Niv... était occupé, chez son patron, à nettoyer un parquet, lorsqu'il glissa et fit involontairement le « grand écart ». Aussitôt il ressentit une douleur intense en haut de la cuisse droite : il put néanmoins se relever seul et marcher sans aide, mais en boitant. Malgré la persistance d’une souffrance assez vive dans la hanche, il n'abandonna pas son travail et se contenta de se faire frictionner la région douloureuse. Huit jours après, la souffrance disparaissait, mais la claudication subsistait.

Pendant six mois le patient continua à travailler : la fatigue était rapide ; à la fin de la journée, la boiterie était plus accentuée qu’au début. En juillet 1902, les douleurs réapparaissent, le malade quitte alors son travail et reste couché. Au bout d’un

mois, ilse lève mais ne peut reprendre son travail ; il fait les commissions de sa mère ; dès qu'il a fourni une course un peu longue, il éprouve une gêne douloureuse de la hanche. En décembre 1902, un médecin diagnostique une coxalgie et ordonne

le repos au lit.

Le 28 janvier 1903, il entre à l'hôpital Necker. On confirme

le diagnostic de coxalgie et on institue l'extension continue au

moyen de l'appareil de Tillaux. Au milieu de mars, le malade part pour Vincennes. Il boite toujours, mais ne ressent plus aucune

. souffrance dans l'articulation coxo-fémorale. Dans les premiers jours d'avril il revient à l'hôpital. On ap-

Re

plique de nouveau un appareil à extension continue avec une force de ? kilos que l’on porte graduellement à 6 kilos 1/2. On lève l’appareil le 23 juin : l'atrophie musculaire et la raideur articulaire, inévitables après une longue immobilisation, sont combattues par le massage. Le malade sort de l'hôpital le 23 juillet.

Le 12 maï, on avait fait une radiographie. L'épreuve montre une déformation du col fémoral due à un décollement épiphysaire avec déplacement des fragments el réunion secondaire en position défectueuse ; du côté gauche, l’angle d'inclinaison est d'environ 130 degrés. La tête, le col sont dans leurs rapports normaux. La ligne épiphysaire est nettement visible ; dirigée obliquement de dedans en dehors et de bas en haut, elle forme avec l’axe du corps du fémur un angle de 40 degrés dirigé en bas et en dedans. A droite, le corps du fémur est en légère adduction. La pointe du trochanter se trouve à environ 1 centimètre 1/2 au-dessus d’une horizontale passant par le sommet du trochanter gauche. La tête fémorale est légèrement rapprochée du bord inférieur du sourcil cotyloïdien ; elle a subi en outre un mouvement de rotation en dedans de telle sorte que sa face articulaire regarde en dedans et un peu en.arrière. Le col, par suite de la rotation du membre.en dehors paraît raccourci; son bord supérieur ne semble pas être dévié avant son union avec la tête dont ilatteint le bord supérieur. Quant au contour du bord inférieur, ilest moins net : cependant, on se rend compte, qu'il n’est pas incurvé anormalement au niveau de son insertion sur la ligne intertrochantérienne. L’angle formé par l’axe du fémur et l'axe passant par le centre de la tête mesure environ 85 degrés. On remarque, en outre, suivant le bord interne du fémur et se prolongeant dans le col, une ombre qui doit représenter l'arc osseux d’Adams.

Examen le 8 juillet 1903. — Le malade est de taille élevée ; a de très longues jambes ; il a paraît-il beaucoup grandi depuis 2 ans. Musculature grêle; genu valgum bilatéral, assez prononcé à droite. Pas de chapelet costal rachitique. Dans la station debout il présente l'attitude caractéristique de la coxa vara : raccourcis-

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