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ROLE PHYSIOLOGIQUE DE LA CRÉATININE

La créatinine de l'organisme provient de la créatine, substance qui se forme principalement aux dépens du tissu musculaire, sans que nous connaissions les termes intermédiaires du dédoublement de la fibre musculaire. D’après certains auteurs, la créatine et la créatinine seraient partiellement oxydées dans l'économie et transformées en urée (1). Munk a en effet observé que l’ingestion de éréatine augmente, chez l’homme et chez le chien, les quantités d’urée et de créatinine éliminées par l'urine. D'autre part, d'après les expériences de Oppler, Munk, Perls et Zaleski, après l’extirpation des reins, la créatine s’aceumulerait dans le muscle et l’urée danslesang, ce qui donnerait à penser que la transformation de la créatine en urée aurait lieu dans le rem, fait que M. Ssubottin dit avoir vérifié en faisant digérer de la pulpe rénale avec une solution de créatine.

Mais tous les arguments cités en faveur de cette transformation sont infirmés par des expériences contradictoires de Voit, Meissner, Gscheïdlen.

Nous avons essayé sur nous-même l'influence de la créatine ingérée en nature sur l’excrétion des substances azotées de l'urine, nous avons constaté une augmentation de la créatinine, à peu près correspondante à la créatine absorbée, mais pas d'augmentation durée. Voit et Meissner étaient arrivés aux mêmes résullats, quoique ce dernier auteur injectât directement dans les veines de la créatine et de la créatinine.

(4) Nous avons vu qu’on peut chimiquement transformer la créatine en méthylhydantoïne ou méthylglycolurée, qui représenterait l’un des termes d'oxydation intermédiaires entre la créatinine et l’urée.

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Quoi qu'il en soit, il est certain qu’une partie au moins de la créatine est éliminée par l’urine, après avoir été transformée en eréatinine. Les auteurs ne sont pas non plus d’aecord sur l'endroit de l'économie, où s'opère cette transformation ; elle aurait lieu, suivant les uns, dans le muscle lui-même, suivant d'autres, dans le sang, suivant d’autres enfin, dans le rein, où

l'urine acide se forme aux dépens du sang alcalin.

M. Sarokow avait pensé que le travail musculaire présidait à la transformation de la créatine en créatinine. Cette opinion, contestée par Nawrocki, est cependant très vraisemblable ; on sait, en effet, que lorsque le muscle travaille, il devient acide, et que son acidité est due à l'acide lactique. Or, nous avons pu démontrer que l'acide lactique étendu, transforme an vitro la créaline en créatinine, au bout de quelques jours et à la température de 38°.

Pour cela, nous avons placé dans une étuve des solutions de créatine pure à 1/500 contenant diverses proportions d'acide lactique.

Créatine à 1/500 Acide lactique à 1/5 Echantillons n° 1 SCOR Et mes Le ECC:

— n° 2 RIDE ER CRE Le & cc.

— n° 3 SCO Te ele SCC:

Au bout de vingt-quatre heures, nous avons pu constater, à l’aide de la réaction de Weyl, que les trois échantillons renfermaient une faible quantité de créatinine. Cette quantité à augmenté pendant les jours suivants, ainsi que nous l'indiquait la réaction de Weyl, qui a donné, les troisième et quatrième jours surtout, une coloration rouge très manifeste.

La transformation de la créatine en créatinine dans le sang,

-est peu probable ; on sait, en effet, que, dans un milieu alca-

Jin, c’est toujours la transformation inverse qui tend à se pro-

-duire.

Les auteurs qui accordent au rein la propriété d'opérer la transformation, s'appuient surtout sur ce que, dans divers états pathologiques du rein, on observe une diminution de la créatinine éliminée par l'urine.

Nous avons essayé de faire digérer à 38° de la pulpe rénale de veau avec une solution de créatine pure (1); le liquide, qui ne donnait pas d'abord la réaction de Wevyl, la donnait très manifestement après quaraute-huit heures; mais comme il s'était formé, malgré nos précautions antiseptiques, un commencement de décomposition, nous ne concluons pas.

(1) On peut, eneffet, se demander si la transformation en question, qui n’est en réalité qu'une déshydratation, ne s'opère pas par l’action d'un ferment soluble.

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