‹ Contribution à l'étude de la créatine et de son éliminationChapitre 22 sur 29 · LEP RS · texte numérisé non relu

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n'était cependant pas tout à fait nul. Nous avons étudié dans l'expérience VIT l'action comparative de ce faible travail musculaire et du repos absolu sur l'élimination par l'urine des substances azotées. Le premier et le troisième jour d'expérience correspondent aux Jours de repos des autres expériences ; le deuxième jour au contraire a été consacré au repos le plus complet sans toutefois garder lé Hit.

Expérience VII

JOURS ; ; | CRÉATI- ACIDE AZOTE : : QUANTITÉ UREE D EXPERIENCE URIQUE TOTAL

(travail musculaire modéré).

(repos absolu) AJOUT ET .Ù (RS SOUS D'R E :

(travail musculaire modéré)

On voit que pendant le deuxième jour, bien que la quantité d'urine émise soit plus élevée, le chiffre de la créatinine s’est abaissé ; la diminution a été de O0 gr. 1478 sur 1 gr. 4450, moyenne des jours de travail musculaire modéré, soit environ 1/10 de cette valeur.

On remarquera que si on fait la moyenne des quantités de créatinine éliminées pendant le deuxième et le troisième jour, on trouve 1 gr. 3934, qui diffère peu de 1 gr. 3963, chiffre correspondant au premier jour ; l’abaissement de la créatinine pendant le repos absolu a été compensé le jour suivant. Enfin,

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l'acide urique a légèrement diminué pendant le jour de repos absolu. Quant à l'augmentation durée, elle nous parait due à la plus grande abondance de la diurèse ; elle prouve, dans tous les cas, que les variations de cette substance ne dépendent pas directement du travail musculaire, puisque la diminution ou l'exagération de l’activité des muscles peuvent agir de la même manière sur son élimination.

L'expérience VIT nous montre done que, pour comparer les jours de travail exagéré, de marche forcée à un jour de repos absolu, ilfaudra retrancher aux jours de repos relatif, qui nous ont servi de termes intermédiaires, la quantité de créatinine excrétée due au travail modéré qui a été effectué ces jours-là.

L'influence du travail musculaire ressort donc très nettement des sept expériences précédentes et peut s’énoncer de la façon suivante :

1° Le travail musculaire augmente la quantité de créatinine éliminée par l'urine ;

2° L’excès de créatinine s'élimine surtout pendant la période de repos qui suit la période du travail ;

3° Les mêmes variations s'observent pour l'acide urique.

Toutefois nous devons ajouter que nous n'avons pas constaté une proportionnalité bien nette entre le degré du travail musculaire et l'excès de créatinine éliminé.

[l n'y a pas eu toujours un rapport simple entre l’augmentation de la créatinine et celle de l’acide urique sous l'influence de l’activité musculaire.

On pourrait nous objecter que la créatinine étant un des déchets de l'oxydation des albuminoïdes, les cendres, en quelque sorte, de leur combustion, il n'est pas étonnant de cons tater une augmentation de eréatinine éliminée, du moment que, dans chacune de nos expériences, il y a eu une élévation du

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chiffre de l’urée (1) excrétée pendant les jours de travail musculaire. Mais cette objection tombe d'elle-même devant les arguments suivants : d’abord, le rapport entre la créatinine et l'urée (qui est de 1/20 en moyenne pour nous-même, faisant usage d’une nourriture mixle) ne reste pas constant les jours de marche. Ce rapport a été trouvé tantôt inférieur, tantôt égal, tantôt supérieur à celui des jours de repos. En second lieu, dans plusieurs de nos expériences, l'élévation de l’urée s’est maintenue le lendemain du jour de marche, tandis que l’augmentation de la créatinine n’a jamais porté que sur le jour de travail musculaire. Le fait est absolument concluant.

D'ailleurs on sait que la eréatinine urinaire provient de l'hydratation de la créatine et que la proportion de créatine augmente dans les muscles qui travaillent. Cette créatine avec l'acide urique et les urates représente les principaux déchets, non des combustions qui se passent dans le muscle, mais du muscle lui-même qui s’use partiellement. Lagrange (2) a montré

(1) Dans tous les cas, on ne peut plus admettre que l'augmentation de l’urée, qu’on peut observer dans certains cas sous l'influence du travail musculaire, est due à une combustion plus avancée des substances azotées incomplètement oxydées, éliminées normalement par l'urine, puisque ces substances, telles que l'acide urique et la créatinine, sont excrétées en plus grande quantité à la suite de l’exercice musculaire.

(2) Physiologie des exercices du corps. — Lagrange se fie seulement à l'apparition des sédiments uratiques dans l'urine par suite de son refroidissement pour conclure à l'augmentation de l'acide urique et des urates éliminés. Nous avons eu maintes fois l’occasion de constater une élévation de la quantité de ces substances dans l'urine, sans que l’urine ait présenté le moindre trouble par son refroidissement. D'autre part, nous n'avons trouvé que 0 gr. 740 d'acide urique par litre, dans une urine ayant fourni par refroidissement des sédiments uratiques très abondants.

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que le muscle ne se débarrasse de ses déchets et ne répare l'usure de sa substance que pendant le repos qui suit le travail; il accorde à la présence de l'acide urique et des urates dans l’économie une part prépondérante dans le phénomène de la fatigue etil fait nettement ressortir que les sédiments uratiques, causés dans certaines conditions par le travail musculaire, n'apparaissent que dans l'urine émise trois heures au moins après la cessation du travail. On voit donc que l'élimination de la eréatinine est soumise aux mêmes lois que celle de l'acide urique et des urates, et que la présence de créatine ou de créatinine en excès dans le muscle ou dans le sang peut également intervenir dans la produetion de la fatigue.

Si nous considérons la fatigue comme une auto-intoxication par les déchets du muscle qui a travaillé,tels que l'acide urique, les urates et la créatinine, nous sommes en droit de nous demander quelle est l'influence exercée sur l'élimination de ces corps par les substances qu'on à préconisées pour combattre ou tout au moins pour prévenir la fatigue. On peut en effet, à prion, expliquer l’action des antidéperditeurs de trois façons: en admettant qu'ils diminuent la production des déchets, qu'ils facilitent l'élimination de ces déchets une fois formés, ou enfin qu'ils agissent sur le système nerveux, ce dernier mécanisme devant échapper aux investigations du chimiste.

Nous avons expérimenté sur la noix de kola, en nous servant d’une préparation qu'on trouve dans le commerce sous le nom de rations accélératrices condensées du D° Heckel. On sait que la noix de kola augmente la quantité de l’urine en lui communiquant une teinte jaune verdâtre et qu'elle élève le chiffre de l'urée; il était donc intéressant de savoir si à cette augmentation de l’urée correspondait une diminution des substances azotées incomplètement oxydées comme l'acide urique et la créatinine. Nous avons commencé par étudier l'influence de la kola sur l’homme à l’état de repos pour pouvoir la com-

24 ONE parer à l’action exercée par les mêmes doses sur l'individu pendant qu'il fournit du travail musculaire.

Expérience VIII

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