CINQUIÈME PARTIE
Traitement.
De nombreux lraitements ont été opposés à la dacryocystite. Mais si tous n’ont pas donné de guérisons absolues, un certain nombre du moins ont amené des améliorations notables.
Les anciens chirurgiens, dans les cas de dacryocystite aiguë, appliquaient des sangsues sur la région orbitaire et pratiquaient ensuite l'incision de la tumeur.
D’autres employaient des applications de pommades hydrargyriques sur la région orbitaire, appliquaient « des cataplasmes de cerfeuil » sur la région du sac, ct finissaient par inciser la tumeur lacrymale.
Dans les cas de catarrhe du sac, certains ont appliqué l4 pommade au précipité rouge, étendue sur le bord libre des paupières; d’autres ont pratiqué des onctions sur le sac lacrymal avec une pommade à l’iodure de polassium.
L’électricité elle-même a été mise à contribution. On plaçait l’un des conducteurs sur le sac et l’autre dans la narine.
Les injections de nitrate d'argent à 0,05 ou
AE
0,20 pour 30 grammes d’eau distillée, le murate de mercure, le muriate d’ammoniaque, l'acide chlorhydrique fortement étendu, l'acide nitrique très dilué, la potasse caustique en solution très étendue, le bichlorure de mercure, le sulfate de zinc, la teinture d’iode, ont été employés tour à tour par les Weller, les Velpeau, les Mackensie, les Wharton Jones, les Deval, etc.
Tous ces traitements reposaient sur l'idée suivante : modifier l’état de la muqueuse du sac.
D’autres ont eu recours à la sonde, pensant qu’il fallait d’abord rétablir la perméabilité du canal et pratiquer ensuite seulement des injections médicamenteuses dans le but de modifier l'état de la muqueuse. Ces derniers procédés constituent de véritables opérations. Nous allons les rappeler en quelques mots.
Anel à pratiqué en 1712 le cathétérisme suivi d'injections. Son procédé a été modifié par Hays, de Philadelphie, Travers, Laforest. Puis, à cause de la difficulté de l'introduction du stylet par le point lacrymal rétréci, est venu s’ajouter la dacryocystotomie qui consiste à inciser le point lacrymal et qui constitue aujourd'hui ce qu’on appelle le débridement du point lacrymal.
Desault introduit un selon dans le canal lacrymo-nasal. Pour ce faire, il fait d’abord passer un fil par les voies lacrymales, y attache
Deer MERE
quelques brins de charpie (c’est le séton), tire sur le fil qui entraine le séton qui se trouve ainsi placé. Il renouvelle ce séton tous les jours. Le traitement dure de six mois à un an.
D'autres chirurgiens fixent dans le canal lacrymal une canule courte, maintenue en place par un ressort de montre.
Wenzel emploie dans les mêmes conditions une corde à boyau de médiocre grosseur.
Scarpa, de Pavie, introduit une sonde qu'il remplace par un stylet en forme de clou et le malade doit porter le stylet pendant au moins une année.
D’autres enfin, pour arrêter tout larmoiement, ont eu recours à une opération. radicale, l’extirpation de la glande lacrymale.
Ces temps derniers, différents traitements ont été appliqués en se basant sur lés connaissances bactériologiques actuelles.
Mazet conseille les moyens antiseptiques et particulièrement le formol à 1/200 dont les avantages seraient nombreux : il ne précipite pas les matières albuminoïdes. Il jouit d’une grande diffusibilité, possède un pouvoir défertilisateur remarquable et émet à température ordinaire des vapeurs très antiseptiques.
Guaita, dans les Annales d’ophtalmologie italienne, combine « le curettage de la cavité du sac destiné à déterger et à modifier la surface interne de la muqueuse lacrymale et la
du
dilatation consécutive et permanente du canal nasal anrès stricturotomie, au moyen d’une canule d’os décalcifié qui offre le triple avantage d'empêcher l’accollement des parois du canal, de favoriser l’écoulement par les narines des larmes et des déchets provenant du curettage, et de se résorber enfin en très peu de temps. Ces canules, faites avec des tibias de gros crapauds ou de jeunes lapins, ont 2 1/2 à 3 1/2 millimètres de diamètre intérieur et une longueur de deux centimètres et demi environ. Il résulte des expériences de l’auteur, sur les animaux, que ces canules ne subissent pas une résorption proprement dite, mais s’éliminent par les narines totalement et en moins d’un mois. » Ce procédé donnerait, d’après l’auteur, de nombreux succès.
Terson, de Toulouse, conseille le procédé suivant : « Après cocaïnisation, on incise larsement de canalicule lacrymal supérieur avec le couteau de Weber. On pratique ensuite un cathétérisme jusqu'au fond du canal nasal avec la sonde de Bowman, n° 4; une petite curette tranchante et fenêtrée introduite par le canalicule incisé, est poussée jusqu’à la paroi inférieure du conduit lacrymo-nasal. Après curettage du canal nasal, l’instrument est ramené dans le sac lacrymal dont toutes les parois sont râclées méthodiquement, sauf peut-être la paroi postérieure, lorsque le sac est distendu. » Ce
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procédé de curettage rétablit instantanément dans toutes ses parties le calibre normal du canal nasal et permet aux malades intelligents de compléter eux-mêmes la cure, en évitant toute nouvelle stagnation par des pressions réitérées du sac. Il peut être pratiqué plusieurs fois s'il y a lieu. « Le curettage pourra servir de préface à l'opération de la cataracte, quand celle-ci est compliquée de catarrhe des voies lacrymales. » On peut reprocher à ce procédé d'agir un peu à l’aveuglette. De plus, d’après le D: Kalt, 1l n'existe pas, à proprement parler, de fongosités, mais un simple épaississement de la paroi conjonctivale du sac.
Le traitement qui nous semble le meilleur est le suivant :