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pighi, par conséquent dans l’épiderme. Dans les cellules de Malpighi existe, entre le noyau et le protoplasma, un espace que Ranvier a appelé zone hyaline perinucléaire et c’est cette zone qui est le siège de la lésion. L’affection débute par une congestion du derme, d’où œdème de la partie envahie. En même temps que se fait cette congestion, la zone périnucléaire augmente et le protoplasma des cellules du corps muqueux disparaît (période de prépustulation. J. Renaut). Puis, l’exsudat épanché dans le derme se précipite dans les cavités ainsi formées et les distend en rompant quelques-unes de leurs cloisons. La vésicule se trouve ainsi formée, limitée au-dessous par la couche génératrice de l’épiderme, et au-dessus par le corps granuleux. Quand la vésicule se rompt, les cellules de la couche granuleuse et celles de la couche cornée sont entraînées, et comme elles ne se reforment que très difficilement et d’une façon incomplète, le corps de Malpighi se trouve ainsi mis à nu ou bien recouvert par des croûtes. A la longue, les papilles du derme s’hypertrophient, les parois des vaisseaux s’épaississent, ce qui nous explique l’aspect rugueux et lichénoïde que présentent souvent les parties atteintes de dermite chronique humide ancienne. Au milieu de tous ces désordres, les cheveux restent sains pendant très longtemps, car leur racine plonge très profondément au-dessous des parties atteintes. Cepen dant, lorsqu'il se forme du tissu de cicatrice, les bulbes pileux peuvent être atrophiés et détruits, d’où la chute des cheveux. Nous avons vu qu’ils repoussaient toujours.
En résumé, la dermite chronique humide est une inflammation du cuir chevelu caractérisée par une altéra-
RARE tion protoplasmique, par la distension des cellules atteintes, par la formation des vésicules dans lesquelles s’épandent des liquides et des cellules exudées des
vAISSEAUX.
II. Diagnostic différentiel. — La dermite chronique humide peut, aux diverses périodes de son évolution, être confondue avec certaines autres affections du cuir chevelu, et nous devons insister sur les signes qui différen cient ces divers états morbides.
La séborrhée du cuir chevelu ou eczéma séborrhéique de Unna, présente beaucoup de ressemblances avec la dermite chronique humide. Comme la dermite chronique, l'eczéma séborrhéique se présente sous la forme séche et sous la forme humide, comme elle, il se développe chez les enfants, comme elle, il a une très longue durée, et assez souvent, ces deux affections existent en même temps chez le même individu, la séborrhée étant le plus souvent première en date. Cependant les squames de la dermite chronique sont plus grossières, plus larges, moins abondantes, plus sèches et surtout moins graisseuses que celles de la séborrhée. Elles se détachent beaucoup plus facilement. De plus, dans la séborrhée, le cuir chevelu tout entier est envahi d'emblée et toutes les parties sont à la même phase, tandis que l’eczéma débute toujours par une petite plaque rouge qui se développe peu à peu et ici nous trouvons des lésions à divers degrés. Dans la séborrhée, le derme qui supporte les croûtes est plus poli et plus pâle qu'à l’état normal, tandis que dans Ja dermite chronique, les croûtes reposent sur une surface rouge, ulcérée et chagrinée. Ici, les démangeaisons
sont très fortes d'habitude, tandis que quelquefois on n’observe pas de prurit dans la séborrhée, et dans tous les cas, la démangeaison est moins intense,
Lorsque l’éruption de la séborrhée-n’est pas limitée au cuir chevelu, elle se rencontre dans les. endroits où les glandes sébacées sont abondantes, tandis que la dermite chronique humide atteint toutes les parties voisines sans distinction.
La teigne tonsurante, dans sa forme type, avec ses plaques arrondies sur lesquelles les cheveux ont disparu ne peut pas être confondue avec la dermite chronique humide - du cuir chevelu. Maïs quand l'affection dure depuis très longtemps, qu'une grande surface est envahie et quand les cheveux ont repoussé, la véritable nature de la maladie peut être méconnue et on peut confondre la tricophytie avec la dermite chronique. Cependant les croûtes de la dermite sont plus minces et plus jaunâtres que celles de la teigne tonsurante, qui sont couleur de plomb ; de plus, dans la tricophytie, les cheveux sont courts et cassés, leur terminaison est frangée, ils s’arrachent facilement ct enfin le microscope peut trancher le diagnostic en nous montrant le champignon caractéristique de la teigne tonsurante. i ‘ Le psoriaris existe fréquemment sur le cuir chevelu et peut donner lieu à une desquamation très abondante ; mais ici les espaces envahis sont plus petits et régulierement arrondis; la dermite chronique, au contraire, présente des plaques plus larges à bords mal délimités. De plus, la dermite est une affection essentiellement humide, tandis que le psoriasis est toujours sec; ses croûtes reposent sur une surface absolument sèche, et l’on ne ren-
MALLAVAL 6
contre ni infiltration, ni épaississement du derme sousjacent, comme dans la dermite chronique. Les écailles du psoriaris sont disposées en couches épaisses, adhérant entre elles, les croûtes de la dermite sont plus minces et plus étendues. Enfin un autre signe qui vient confirmer le diagnostic : lorsque le psoriasis existe à la tête il est très rare de ne pas en rencontrer une où plusieurs plaques dans un autre endroit du corps.
Le pityriasis cst constitué par une exfoliation exagérée des cellules épidermiques avec quelquefois un peu de rougeur de la peau, s’accompagnant d’une démangeaison très modérée qui manque assez souvent. Ici le processus est essentiellement sec et on ne constate jamais des croûtes épaisses, jamais le moindre suintement.
Le favus peut présenter quelquefois une forme squameusé qui ressemble à la dermite chronique au début; mais l’état sec, le brillant, la finesse des cheveux et surtout l’histoire de la maladie feront naître des soupçons sur la nature de la maladie, et généralement on trouvera une ou plusieurs croûtes de favus. Le microscope peut encore ici, être d’un utile secours en nous montrant la présence du parasite favique.
Quand la dermite chronique humide a atteint les parties voisines du cuir chevelu, elle peut être confondue soit avec l'érythème simple, avec l’érésipèle, soit avec certains lupus ‘érythémateux. L’érythème simple s'accompagne de rougcur et-d’œdème en même temps que de picote ments, mais il n’y à jamais de papules, ni de vésicules.
L’érésipèle atteint assez souvent les oreilles, le front, le cuir chevelu, mais les progres du mal et Le bourrelet caractéristique viendrontrapidement désignerla nature du mal,
En LUS
Le lupus érythémateux atteint assez souvent les oreilles 3
mais dans ce dernier cas on a à faire à une affection chronique qui restera absolument la même pendant des années, offrant des plaques sèches légèrement surélevées, des squames très adhérentes à la surface desquelles on voit d'habitude l’orifice des glandes sébacées remplies des
, débris épithéliaux. |
IT. Traitement: — Il nous resterait encore à dire quelques mots du traitement de la dermite chronique humide du cuir chevelu, mais cette maladie est si rebelle,
--sa marche est'en quelque sorte si fatale, qu’il semble qu'une fois établie l’affection doive aller jusqu’au bout ne disparaissant qu'avec l’âge et que la thérapeutique impuissante doive s’incliner. . F
Nous nous bornerons à conseiller les plus grands soins de propreté, on coupera les cheveux Le plus courts pos-‘ sible ; on saupoudrera les parties humides avec une poudre antiseptique et on recouvrira. Les parties sèches de pommades également antiseptiques.: "129