‹ Contribution à l'étude de la désarticulation intertibio-calcanéenne de ricardChapitre 9 sur 12 · RESULTATS · texte numérisé non relu

RESULTATS

Si l’on recherche maintenant les résultats du Ricard, on voit que, dans la totalité des cas, les amputés furent rapidement en état de marcher.

Quelle que soit la cause de l’opération, le blessé quitte, ‘e plus souvent, l’hôpital au bout de deux à quatre mois. Et quand on cherche, dans fes observations, quel était l’état de celui-ci à sa sortie du service, on retrouve partout les mêmes phrases*: marche comme tout le monde — marche bien pieds nus — s’appuie bien sur son pied — le raccourcissement est léger et facilement corrigé — le moignon est solide, souple, indolore — les mouvements d'extension et de flexion sont conservés — le calcanéum est en bonne position, horizontal, bien encastré — pas d'appareil, seulement un soulier ordinaire bourré dans le bout, avec une semelle intérieure corrigeant le raccourcissement. |

Mais on a accusé les résultats du Chopart d’être inconstants; un moignon bon et utile pendant quelque temps pouvant devenir mauvais au bout de six mois, ou même d’un an, sous l’influence de la marche ou de la station debout. Il est donc important de savoir si le Ricard donne lieu aux mêmes critiques, d’où l’impor-

tance des observations avec résultat éloigné; celles-ci sont malheureusement bien peu nombreuses. Nous n'en avons pu recueillir que trois :

: Une de Chochon-Latouche (obs. 3 de sa thèse) qui ne porte que sur une période de neuf mois;

Une de M.Quénu, rapportée au début de ce travail (obs. 9): 10 mois;

Une de M. Cauchoix, citée ici également (obs. 12): deux ans.

Nous y ajoutons les trois cas inédits de M. Toupet : obs. 6, deux ans; obs. 7, deux ans, et obs. 2, cinq ans et demi.

Il ést bien évident que, au bout de deux ans, et, à plus forte raison, de cinq ans et demi, on peut considé:rer les résultats obtenus comme définitifs. Or, nous constatons que tous ces résultats concordent.

Le malade de Latouche, neuf mois après l’intervention, « fait chaque jour 4 à 3 kilomètres à pied, monte e et descend les escaliers. con calcanéum, bien en pla- « ce, m'a pas de tendance au renversement. Le malade « porte une chaussure ordinaire à l'avant garni de « liège, avec une petite semelle pour obvier au racCcour- « cisséement. Il ne boite pas. »

Celui de M. Quénu (obs. 9), après dix mois « marche « et court avec une chaussure ordinaire. »

Celui de M. Cauchoiïx, après deux ans, marche sur un moignon doué d’une certaine mobilité avec seule-

ment une bottine lacée.

NA

Ne —

Quant aux opérés de M. Toupet :

S..., au bout de deux ans, « marche très bien en appui direct ; il peut marcher sans canne en posant son moignon sur le sol; il porte une chaussure ordinaire dans laquelle on a ménagé un logement pour son

moignon; il se tient très bien en équilibre sur son

moignon qui est de qualité parfaite et possède de légers mouvements de flexion volontaires. « (obs. 6.) Ne... également au bout de deux ans, « le moi: gnon est parfait, le calcanéum est bien horizontal, les mouvements sont assez étendus, le malade a repris depuis deux ans ses occupations habituelles et marche correctement en appui direct » (obs. 7).

Quant à/M..., cinq ans et demi après l'opération, il

donne les renseignements suivants : « Il n’a pas eu de

troubles du côté de son moignon, sauf pendant les

grands froids (il ne faut pas oublier qu'il avait été amputé pour g gelure des pieds); il marche bien mais utilise toujours une canne et se fatigue assez vite, au

bout de 1 à 2 kilomètres ; les mouvements de la néar-.

throse existent, mais sont assez limités » (obs. 2). . : L'examen des: radiographies nous montre,sur toutes,

‘un calcanéum bien encastré, bien ‘horizontal, recouvert . de parties molles épaisses, bien étoffées. Les photogra-

phies nous montrent un moigno à cicatrice antérieure

mais ne portant pas surf le sol, car la face inférieure est

plane, régulière, base solide sur laquelle peut PRET le poids du corps.

Nous constatons enfin que, dans presque toutes les observations, le blessé n'a pas eu besoin d’appareilla-: ge : une chaussure ordinaire lui a suffi, bourrée dans le bout, et avec une semelle au niveau du moignon. Il n'est donc pas étonnant que les prothésistes paraissent ignorer le Ricard. Eux qui Sont si sévères pour la sousastragalienne et encore plus pour le Chopart, eux dont les préférences vont du Syme au Lisfranc, sans intermédiaire, ne parlent guère du Ricard.

Et ceux qui le citent le considèrent comme une bonne opération n'ayant guère besoin de leur concours.

Roederer, au Congrès français d’orthopédie, dit : « Nous avons vu un certain nombre d'opérations de : Ricard extrêmement satisfaisantes avec mobilité con:

.« .servée et horizontalité du calcanéum. »

En somme, on voit que tous ceux qui ont exécuté le Ricard le considèrent comme une excellente opération permettant d'obtenir un moignon qui donne le maxi- mum d'utilisation et, en matière d’amputation, c’est le résultat fonctionnel qui compte le plus ; opération aux indications nombreuses et variées: En effet, si l’on ex- cepte quelques rares circonstances où un, Lisfranc, ou - bien un Chopart, paraîtront indiqués, on voit que, presque toujours, c’est au Ricard qu’il faudra avoir recours et cela avec la certitude d’obtenir, dès les premiers mots et pour toujours, un moignon souple, solide, indolore, permettant une marche facile et uné station debout sans

fatigue.

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