ISOLEMENT ET PRÉPARATION DU FACTEUR DE DIFFUSION TESTICULAIRE
Nous venons de voir les différentes sources qui peuvent fournir du facteur de diffusion, mais il est bien évident que la plus importante demeure le testicule de mammifère et notamment (tout au moins dans les recherches faites jusqu’à présent), le testicule de lapin ou de taureau.
C’est en effet sur ces deux sortes de testicules qué furent faites la plupart des expériences que nous avons rapportées dans ce travail comme celles que nous avons pratiquées.
Testicule de lapin — Broyat total.
La méthode de préparation la plus simple du facteur de diffusion, et qui, d’ailleurs, semble avoir été ulilisée toujours au début, par tous les auteurs qui se sont intéressées à ce problème, est le broyage avec un pilon dans un mortier, d’un testicule de lapin.
Le serotum étant préalablement rasé, on l’incise après asepsie de la région ; on ouvre la vaginale et on tombe sur l’albuginée ; on fait une ligature au catgut sur le cordon ; on énuclée alors le testicule et l’épididyme que l’on recueille dans une boîte de Pétri stérile. On ouvre alors l‘albuginée ; à l’aide de ciseaux fins on découpe de petits fragments de testicule ; les morceaux placés dans un mortier, on assure aussi bien que possible le broyage du matériel dans cinq parties d’eau physiologique.
Si l’on prend alors un peu de cette grossière suspension e! qu’on l’injecte avec de l'encre de chine ou du virus vaccinal en intradermique dans le flanc de l’animal, on obtient un des plus beaux exemples de diffusion.
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Liquide de décantation.
Pour éviter que des fragments ne viennent obturer la lumière de l'aiguille servant à l’injection intradermique, on peut préalablement laisser déposer ces fragments au fond du tube et n’injecter que le liquide surnageant ainsi décanté. On note, de même que prééédèmment, une parfaite diffusion avec ce liquide.
Liquide de centrifugation.
Le même procédé peut être mis en œuvre plus rapidement en aidant la décantation par une centrifugation à petite vitesse.
Testicule de taureau — Broyat total.
C'est pour l'utilisation du testicule de taureau, qui procure du matériel en quantité beaucoup plus importante, que les méthodes plus perfectionnées ont pu être mises eh œuvre.
Après ouverture des membranes, décollement de l’albuginée et ablation de lPépididyme, on recueille le uissu testiculaire dans un cristallisoir stérile.
Le broyage pose alors, comme pour celui de tout organe le même problème : à savoir la réduction des fragments en particules le plus fines possibles sans que l'opération ne risque d’infecter le broyat et sans qu’une perte importante de matière première ne soit enregistrée.
Les différents broyeurs peuvent être utilisés : soit petit broyeur de BORREL, soit encore mieux, broyeur de LATAPIE où CHALYBEUS.
Nous avons dans nos expériences, utilisé le broyeur de LATAPIE. On obtient ainsi une sorte de broyat épais de
consistance visqueuse, que lon recueillera dans un vase stérile. |
Ce broyat, suspendu dans einq parties d’eau physiologique, peut être utilisé directement en injection intradermique et détermine une diffusion particulièrement intense des particules colorées ou virulentes que l’on peut Y incorporer.
Liquide de centrifugation :
Il semble pourtant plus indiqué de centrifuger ce broyat primitif, et de n’utiliser que le liquide surnageant.
Celui-ci, exploré en ingection intradermique, présente un effet diffuseur beaucoup plus marqué que le produit de décantation repris dans du sérum physiologique ‘et expérimenté de la même manière.
Cette impression est confirmée si l’on a soin de pra- Liquer des lavages successifs du culot de centrifugation et de réunir ces différentes eaux de lavage et le liquide surnageant après centrifugation.
C’est ce liquide qui constitue en somme notre « extrait brut » : il a une teinte opalescente, il ne dialyse pas et peut être identifié à la fraction protéinique du broyat.
Purification de l'extrait brut.
Il paraissait intéressant de préciser à quelle fraction des protéines appartenait le facteur de diffusion (34) ”.
* Les recherches suivantes ont été effectuées sous la direction de M. le Dr Barbier, chef du laboratoire de Chimie de la Clinique Médicale Propédeutique de lPHôpital Broussais-la- Charité.
Nous sommes heureux de profiter de l’occasion pour exprimer ici à M. le Dr Barbier, en dehors de nos remerciements, l'expression de notre admiration pour la synthèse si difficile qu’il a su réaliser en lui, d’une haute compétence physico-chimique et d’un très fin esprit clinique.