‹ Contribution À L'Étude De La Diphtérie Chez Les Nouveau-NésChapitre 10 sur 11 · AD · texte numérisé non relu

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Nous ajouterons encore qu'aucun des nourrissons chez lesquels nous avons trouvé des bacilles n'avait moins de 6 mois et le plus vieux avait 14 mois.

Frappé par le fait que sur les 4 cas positifs il y avait 3 cas où les examens montraient au niveau du rhino-pharynx de la mère, le même bacille ayant les mêmes caractères de culture et de coloration que celui trouvé chez le nourrisson correspondant, nous avons recherché si dans les cas qui nous étaient signalés comme positifs dans les pouponnières, il n'existait pas une période entre le stage à la maternité et l'entrée à la pouponnière, période pendant laquelle le nourrisson se serait contaminé.

M. le docteur d'Hencqueville, médecin chef de la remarquable pouponnière de Boulogne et que je tiens à remercier tout particulièrement, a bien voulu me confier les observations des nourrissons trouvés porteurs de germes dans son établissement depuis plusieurs années. Avec juste raison M. le docteur d'Hencqueville pratique lui-même à tout nourrisson entrant dans sa pouponnière un prélèvement au niveau du rhino-pharynx, les tubes de sérum sont ensuite confiés au laboratoire de l'institut Pasteur qui donne lui-même la réponse.

Sur 100 fiches de nourrissons correspondant à des entrants de l’année 1930, 4 seulement sont positifs. Sur ces 4 nourrissons dont nous publions les observations plus loin : 2 (1170-1173) venaient de leur famille où ils avaient fait un stage variant de 7 à 24 jours.

1 — 1194 étant allé en convalescence 1 mois à l'Hôtel maternel. Seul le 4° — 1161 pouvait être soupçonné d’avoir contracté des bacilles à la maternité encore était-il resté 2 jours dans sa famille avant d'entrer à la pouponnière.

En 1931 il existe un pourcentage plus élevé de porteurs de germes puisque sur 100 fiches nous trouvons 7 porteurs de germes. Sur ces 7 porteurs de germes : |

Les N°, 1223, 1228, 1239 ont fait des stages variant de 4 à 30 jours dans leur famille. Le N° 1239 est né dans sa famille.

Les N°° 1245 et 1226 sont positifs, 7 jours et 3x jours après leur entrée à la pouponnière ils auraient été contaminés par un des porteurs de germe présent à ce moment.

Les N° 1221, 1253 venaient de convalescence où ils étaient restés respectivement 39 jours et 17 Jours.

Le N° 1231 n’était sorti de la maternité que depuis 3 jours.

Enfin chez les nourrissons actuellement présents à la pouponnière du Docteur d’'Hencqueville, nous trouvons 4 porteurs de germes à l'entrée.

Les N°° 1412 et 1400 ont fait des séjours respectifs dans leur famille de 30 et 20 jours.

Les N°° 1407 et 1377 ont été en convalescence

pendant 21 et 34 jours respectivement.

En résumé, sur ces 16 cas de diphtérie d’ailleurs complètement occultes et découverts seulement grâce à l'examen systématique des nourrissons :

7 ont fait dans leur famille des séjours suffisamment longs pour se contaminer en dehors de la Maternité.

5 vétiaient de convalescence.

2 étaient négatifs à leur entrée mais paraissaient être devenus positifs contaminés par des porteurs de germes présents ce qui semble montrer que le nourrisson même jeune peut facilement devenir porteur de germes s’il est contaminé.

2 cas seuls peuvent être discutés où le nourrisson n’a fait qu'un court séjour en dehors de la maférnité. e sont les observations N°° 1161 et 1231.

À notre avis ces deux cas n’infirment nullement notre opinion, t’est-à-dire que le nourrisson ne contracte pas de bacilles diphtériques à la maternité dans la règle :

En effet ces cas apparaissent comme rares au milieu des autres. De plus si le foyer de contagion existait à la maternité :

1° On trouverait de nombreux porteurs de germes avant leur sortie de l'établissement.

2° Ceci aurait pour conséquencé qué non séulement le pourcentage des porteurs dé bacillés à l'en: tirée dé là potiponnièté serait bien plus élevé mais encore que ce sérait beaucoup plus souvent dés nourrissOns récemment sortis de la maternité.

Ces deux faits vont juste à l'encontre de ceux que nous avons constatés.

Il s’agit plus certainement dans ces deux cas de nourrissons contaminés dès les premiers jours par

ÉD” TETE leur nière porteuse de germes sans que la responsabilité en incombe à la maternité: |

Quant au cas où il existe un séjour net dans une famille, nous insisterons encore sur ce fait que cette contamination s'explique d'autant mieux, qu'il est très rare que dans une famille il n’y ait qu’une seule personne à s'occuper du nourrisson, ce qui augmente encore les chances de contages.

Enfin on peut remarquer que dans le 1/3 des cas les enfants venaient de convalescence. On peut se demander si les nourrissons n’ont pas été contaminés par le personnel indirectement, ou bien directement par des malades contagieux en convalescence: Aussi à ce propos nous souhaiterons que les précautions soient multipliées dans ses établisements.

Enfin nous terminerons en insistant sur la nécessité de pratiquer systématiquement des prélèvements au niveau du rhino-pharynx des nourrissons avant leur entrée dans une pouponnière ou dans une crèche. Nous rappellerons que le nourrisson paraît se contaminer assez facilement et devenir porteur de germes: C’est alors un danger grave car les nourrissons peuvent faire des accidents atypiques de diphtérie, coryza; plaies cutanées, troubles de l’état général, dans d’autres cas contracter une diphtérie grave.

Enfin; le professeur Marfan et son élève Somsoen ont bien montré que l'infection diphtérique prolongée, même latente, peut être ultérieurement le point de départ de troubles graves du développement et en particulier favoriserait l’apparition du rachitisme. De plus l'affinité de la toxine diphtéri-

que pour les cellules nerveuses hépatiques et myÿocondiques expliquent l’état de moindre résistance de ces sujets (Thèse de J. Somsoen Paris 1927).

Enfin il importe de traiter au plus tôt ces malades car la réaction de Schik est souvent trompeuse . chez le nourrisson et en tous cas ne rend pas un compte exact du degré de leur immunité (Ribadeau Dumas, Lacomme, Loiseau. Soc. médicale des hôpitaux, 25 juillet 1924). D'ailleurs celle-ci baisse rapidement puisqu’à 6 mois bo % des nourrissons ont des réactions de Schick positives (Zingher) et 30 % entre 3 et 6 mois (Lereboullet, Société médicale des hôpitaux, 17 février 1927).

! Quant au traitement local des porteurs de germes, nous rappellerons qu'il reste délicat. Il existe de nombreuses méthodes de désinfection du rhinopharynx, mais les résultats sont très inconstants. Nous mentionnerons surtout la méthode de F. Hervé par les rayons ultra-violets, mais qui nous paraît d'application difficile (Journal de Médecine de Bordeaux, 20 mai 1930).

Plus intéressante nous paraît être la méthode de Lereboullet et Gournay, soit avec une solution de Trypaflavine titrée à 1/100, 2 gouttes dans chaque narine matin et soir jusqu'à. ce que l’on ait un ensemencement négatif: 5o % de succès certain; soit avec une solution de novarsenobenzol, à o g. 15 pour 2 cc. d’eau distillée :2 à 3 gouttes par jour dans chaque narine. 85 % de succès en moyenne 17 jours après le début du traitement.

Ajoutons enfin que le docteur d'Heucqueville a

obtenu des résultats très rapides ave ccette méthode et qu’il lui semble bon de faire en même temps des instillations d’anatoxine nasale.

Il fait précéder sa cure d’instillations nasales de noversénobenzol ou d’acétylarsan de deux injections sous cutanées à 24 heures d'intervalle de sérum antidiphtérique à la dose de 10 centimètres cubes.

Au bout de 12 jours dans presque tous les cas l'ensemencement est négatif.

Si celui-ci est positif il recommence le même traitement après quelques jours de repos et celui-ci est toujours couronné de succès.

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