CHAPITRE PREMIER
INFLUENCE DU POUVOIR INDUCTEUR SPÉCIFIQUE DU SOLVANT SUR LA DÉCROISSANCE DU POUVOIR FLUORESCENT EN FONCTION DE LA CONCENTRATION EN MATIÈRE FLUORESCENTE.-- CAS DE L’URANINE
$ 34. — On a remarqué depuis longtemps que la nature du solvant exerce une influence importante sur la fluorescence. De nombreux auteurs ont comparé les intensités de fluorescence présentées par une matière fluorescente dans divers solvants. Kwopzaucx [$] notamment a publié un grand nombre de résultats qualitatifs portant sur les principales matières fluorescentes connues. Cette étude a été reprise de manière plus précise par LEPINE [4].
WawiLow |} à déterminé les rendements de fluorescence de l’uranine dans divers solvants en se bornant, comme les auteurs antérieurs, à faire porter son étude sur une seule concentration de la matière fluorescente. On trouve - dans un travail ultérieur du même auteur [#] les résultats de recherches relatives à la décroissance du pouvoir fluorescent en fonction de la concentration de l’uranine et de l’éosine dans divers solvants. Une étude analogue a été faite par Mlle Vivre [2]. Ces deux auteurs ont montré de manière précise que la décroissance du pouvoir fluorescent est moins rapide dans les solutions alcooliques que dans l’eau.
| Nous nous sommes proposé d'étudier systématiquement les conditions de cette décroissance dans des solvants les plus divers. IT nous à paru intéressant, en particulier de faire porter ces recherches sur des mélanges en proportions variables. de solvants pris deux à deux.
Une difficulté s’introduit dans les mesures du fait des modifications qu’éprouvent les spectres d’absorption et de luminescence de la plupart des matières fluorescentes avec la nature du solvant. D’après la règle de Kuxpr [°] : « Etant donné deux solvants incolores dont l’un est plus réfringent ou plus dispersif
que l’autre, les bandes d'absorption d’un même corps coloré dissous se déplacent vers le rouge lorsqu'on passe du second solvant au premier ». Cette règle comporte de nombreuses exceptions [?]. Conformément aux prévisions qualitatives de SrENGER [1°], Scnminr [1] a pu vérifier une théorie de LeNaRD [?°] dont la conclusion est la suivante : « Les longueurs d’onde correspondant aux maxima d’excitation de la luminescence doivent varier comme la racine carrée de la constante diélectrique du diluant ». VarLLanT [*] a montré sur l’érythrosine que la loi de LÉNARD permettait de prévoir le déplacement de la bande d’absorption à condition toutefois de tenir compte des variations de densité. Corrélativement au déplacement de la bande d’absorption, le spectre d’émission éprouve un déplacement analogue dans le même sens. En général, le déplacement des bandes spectrales est notablement inférieur à celui qu'indique la loi de LENARD.
ÉTUDE DE L'URANINE
Nous avons utilisé pour ces recherches la fluorescéine Merck (*). Dans tous
les cas, les solutions contenaient de la soude décinormale. +
$ 35. — Solutions alcooliques. Une première série d'expériences a porté sur l’étude de la variation du pouvoir fluorescent, en fonction de la concentration de fluorescéine, dans des solvants constitués par des mélanges en proportions variables d’eau et de différents alcools.
Examinons la cause d'erreurs s’introduisant dans ces mesures du fait des modifications qu’éprouvent les spectres d'absorption et de fluorescence lorsque le $Solvant change.
A l’aide d’un spectrophotomètre JoBiN et Yvon, nous avons étudié les spectres d'absorption de solutions d’uranine de différentes concentrations € (exprimées en g/cm° de fluorescéine acide) dans des mélanges contenant 5 cm° d'alcool éthylique (**) pour 1 cm° de solution. Le tableau 2 donne les longueurs d'onde 2» exprimées en angstrôms correspondant aux maxima d’absorption. Les mesures étaient faites à la température de 160.
(*) Voir note page 34.
(**)} Pour préparer les solutions alcooliques, nous utilisions l'alcool absolu. La masse spécifique de cet alcool était 0,7932 à 180 ; il contenait donc 99,95 %, d'alcool C’HSOH. Sa pureté était prouvée par sa conductibilité égale à 0,3.10—*ohm—1. La conductibilité de l’eau distillée qui nous servait pour préparer les solutions variait de 1,1 à 1,9.10—5ohm-21. Les mesures de conductibilité étaient faites dans un vase de Kohlrausch étalonné au moyen d’une solution de
CIK Le pont était alimenté par du courant alternatif parfaitement sinusoïdal fourni par
un oscillateur à lampes à 5 électrodes.
Longueurs d'onde du maximum d'absorption pour des solutions de concentration © en fluorescéine et de teneur 5 en alcool.
Alcool éthylique e D —— — SE — EE = pe LEE (k | | MTS CAO C— 10 0,00 5 050 UA 4 990 UA 4 910 UA 010% 5 060 UA 5 010 UA 4 920 UA 0,30 5 080 UA 5 030 UA 4 950 UA 0,50 d 5 090 UA 5 050 UA & 960 UA.