‹ Contribution à l'étude de la géographie physique du DahomeyChapitre 159 sur 276 · Sable sur lequel coule la rivière Houédo · texte numérisé non relu

Sable sur lequel coule la rivière Houédo

Dans toute cette partie, le plateau d'Abomey, assez abrupt, a des contours très découpés.

À Dan, on ne rencontre que de la terre de barre et du conglomérat ferrugineux, également très abondant.

Le vaste éperon dont il vient d’être question n'est sillonné d'aucun cours d'eau, mais il est par contre un nœud hydrographique important pour la contrée. J'ai signalé plusieurs des sources qui prennent naissance à sa base. En réalité, il y en à beaucoup d'autres, mais sauf celles de Dan, d'Abomey et de Sinhoué (?), elles sont toutes taries en hiver.

es PLAINE ENVIRONNANTE

Si les roches cristallines sont rares sur l'éperon d'Abomey proprement dit, en revanche elles sont extrêmement abondantes dans toute la plaine environnante. Je signalerai celles que j'ai pu examiner, mais il y en a certainement beaucoup d'autres.

M. le Capitaine Fourn à bien voulu me communiquer dix échantillons qu'il a recueillis dans la région de Sinhoué. Ce sont surtout des roches amphiboliques à très grands cristaux (amphibolites', des pegmatites et de l’hématite (1).

À Djidja, dans le conglomérat ferrugineux, on trouve, dans la partie où les indigènes ont creusé des excavations pour recueillir l'eau, des fragments de pegmatite, extrèmement altérée, mais bien en place et très nette. Tout autour le sol est couvert de sable granitique.

Sur la route de Djidja à Agouna, aux lieux dits Monsourou et Adjiba-mpé, il y a deux affleurements de gneiss: le premier formant une dalle, le second des blocs verticaux semblables à des pans de murs de 2 mètres de hauteur. Dans l’un et l'autre cas, la roche est formée de feuillets orientés rigoureusement Nm — S$S. A partir d'Adjiba-mpé jusqu'à LÔ, les affleurements se suivent à peu près sans interruption. À Lô, qui est l'un des points les plus élevés de la région, se trouve un pointement de

1. Dans l’ancien palais (?) de Béhanzin à Abomey, près des lombeaux, des fétiches sont formés par des tas de pierre comprenant un échantillon différent de toutes les roches de la région. Il y a certaines d'entre clles dont je n'ai pu retrouver le gisement. D’autre part M.le Hérissé indique, dans sa carte manuscrite, des affleurements rocheux auxquels je n'ai pu me rendre. Il est certain que ces affleurements sont constitués soit par des granites soit par des gneiss. Un gabbro et des mierograniles, dont je n’ai pu retrouver les gisements, viennent aussi de celte l'ÉSION.

gneiss granitoïde, d'une vingtaine de mètres de hauteur, ayant subi la désagrégation en boules. Cette formation se relie directement à celle d'Agouna, localité située à environ une dizaine de kilomètres vers l'ouest.

De Djidja à Setto, on rencontre, à Aouamé, un gneiss amphibolique, très plissé, sillonné de filonnets de granulite et d'aplite, s’'anastomosant fréquemment, puis, un peu avant Lapo, un pointement granitique. À partir de Lapo, le sentier passe presque constamment sur des affleurements sans intérêt de gneiss, de granite etde granulite, enfin, au lieu dit Azouanou, un affluent de V’'Abla est barré par un pointement étendu de gneiss à grain fin, leptynitique, qui a digéré partiellement un quartzite zoné dont il reste d'importantes enclaves.

À Setto même, il y a du gneiss analogue à celui d'Aouamé, notamment à proximité de la source, où l'on trouve aussi du kaolin et des pegmatites.

Dans la même région, il existe, dans le lit de l'Abla : une granulite très altérée à Dona et du granite au point où la rivière traverse la route d'Abomey. Un peu plus au sud, à d'Agboïsouto, se trouve encore du granite.

Enfin entre Setto et le Zou les affleurements rocheux sont assez fréquents. En dehors des gneiss, il faut citer, au kilomètre 173,2 du chemin de fer, une aplite leptynitique, très altérée, dont les éléments orientés originellement Nm — 10°— W — avec un pen-

.dage de 10°, s'écartent au point d'atteindre une direction Nm — 80° — W (avec un pendage de 30°), par suite des actions mécaniques subies en ce point. En se décomposant, la roche se disloque suivant deux directions grossièrement perpendiculaires, puis certaines parties, plus résistantes, demeurent sous la forme de lits horizontaux séparés par les parties devenues meubles. Si bien que, finalement, on a des petits alignements de quartz et de kaolin, qui ont tout à fait l'apparence de dépôts stratifiés.

À proximité de la voie ferrée, le lit du Zou est traversé normalement par des gneiss décomposés.

Les seules roches détritiques anciennes qu'on trouve sur le plateau d'Abomey ont été mises à nu par la tranchée de Motchi,

au nord du grand remblai, lequel est établi tout entier sur le conglomérat ferrugineux.

Cet affleurement, au kil. 147,7, s'étend sur 200 mètres environ. Il comporte notamment une couche de 20, à 50 centimètres de conglomérat à ciment siliceux reposant en discordance sur une roche rubanée qui n'est autre chose qu'un gneiss complètement altéré.

L'ensemble du gisement comporte les éléments suivants :

». Terre de barre. ,

Page 1