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Gneiss kaolinisé

Epaisseur variable.

La couche 2 contient comme éléments figurés des galets roulés de quartz, peu abondants, et quelques cristaux du même minéral, souvent brisés, ayant des arêtes extérieures vives. Ce quartz, très transparent, peut être criblé de baguettes de tourmaline.

On trouve encore dans ce conglomérat du feldspath, déjà altéré, mais de consistance normale, et dont les cristaux atteignent 2 cm. de longueur. Cette roche, très dure, ne contient en certains points presque pas d'éléments figurés, si bien que certains échantillons détachés de la masse ont plutôt l'apparence de grès.

Les éléments les plus volumineux sont au voisinage de la partie inférieure, de sorte qu'ils correspondent à une phase de dépôt analogue mais plus active que celle qui à contribué à la forma-

tion du grès supérieur. Dans la partie inférieure, le conglomérat, par suite d'actions mécaniques, se transforme en une roche schisteuse de même composition (10 cm. au maximum).

-Le gneiss kaolinisé a ses plans de schistosité, d'allure très variée, redressés jusqu'à la verticale. Cette roche à perdu toute consistance, mais ses éléments actuels : quartz, kaolin, chlorite, qui ont conservé l'aspect et la disposition des minéraux originels avec l'orientation primitive des plans de schistosité,

(Ni —70° est d'ailleurs traversé de petits filons de quartz atteignant 30 cm. de puissance ; on y trouve encore de petites poches de kaolin.

E) ne laissent aucun doute sur sa nature Ce gneiss

La partie supérieure de ce gisement subit une dissolution partielle et les eaux superficielles, qui ont réussi à traverser le conolomérat, ontlentement déposé surle kaolin des nodules de limonite assez volumineux.

Sur la route d’'Abomey à Zagnanado, les roches cristallines apparaissent également, un peu après Zazoumé d'abord, sous l'aspect de microgranite, puis de gneiss plissé à amphibole. Enfin un peu avant le Zou se trouve un nouvel affleurement gneissique d'environ 200 m. de longueur. La même roche, très altérée, se

rencontre encore dans le lit de la rivière.

MONTS DE BADAGBA

Bien que les monts de Badagba (ou Gbhadagba) forment une région naturelle distincte du plateau d'Abomey, il convient de les y rattacher parce qu'ils ne sont pas suffisamment indépendants dans leur partie méridionale. Dans leur ensemble ils représentent une zone étroite de relief notable, dirigée rigoureusement N.S. et s'étendant depuis Dona jusqu'à une quinzaine de kil. au nord du Zou.

Jusqu'à la rivière Patchika, il n'y à pas de collines proprement dites, mais la route passe à peu près sur la ligne de faite d'ondulations appréciables qui dominent des deux côtés les plaines avoisinantes. À Badagba, les collines atteignent rapidement leur plus haute altitude et elles s’abaissent ensuite très lentement jusqu'à l’extrémité septentrionale de la chaine.

*Ilest très intéressant de noter les rapports de l'orographie et de l'hydrographie dans cette partie du pays.

Dans la partie méridionale, l'Abla (ou Agbla) de direction S. N. passe à l’est de la ligne de faite, et tous ses affluents, qui sont des torrents, viennent de l'ouest. Or, ceux-ci se sont tous avancés à l'assaut de la ligne de faite, certainement continue à l'origine, et l'ont découpée, morcelée en autant de petits mamelons isolés. Puis, ayant continué leur marche vers l’ouest, ils prennent aujour-

d'hui naissance dans la plaine, d'altitude très médiocre, qui se trouve à l'ouest de la ligne de hauteurs.

Le Zou agit d'une facon un peu différente. Après avoir coulé du nordau sudet avoir longé le versant occidental de la ligne de hauteurs, il s’incurve brusquement, affecte une direction W.-E. etfranchttla ligne de hauteurs parune coupureétroite au nordde Badagba. Vue avec un recul suffisant, de manière à apprécier une certaine partie de la chaîne, cette coupure, très brusque, apparait bien comme un accident de premier ordre dont il est difficile de rencontrer dans toute la région un équivalent. Il est hors de doute que l'érosion par les eaux si actives de la rivière à beaucoup contribué à la formation de cet accident, mais je crois néanmoins que celui-ci est d'origine tectonique. Je ne me suis pas occupé de l'établir : il sera d'ailleurs peu aisé de le faire dans un pays où il n y à que des roches cristallines, difficiles à différencier les unes des autres, et qui, par surcroit, ont subi de telles décompositions que les investigations deviennent souvent impossibles.

Il est malaisé de connaitre la constitution pétrographique des hauteurs, en raison de la décomposition superticielle, très avancée, des roches qu'on y rencontre. Dans la région accidentée qui domine Badagba, le sol est recouvert entièrement de blocs détachés qui ont favorisé le développement de la végétation. Ce sont des fragments de lamasse, ayant exceptionnellement 50 cm. de longueur et au milieu desquels on ne voit plus que le quartz en baguettes parallèles très nombreuses. Lorsqu'on peut discerner le feldspath et le mica (celui-ci en fines trainées), on voit qu'on se rapproche beaucoup de l'aplite leptynitique d'Atchéribé signalée précédemment. Souvent aussi on trouve des filons de quartz et de la granulite.

La constitution pétrographique, au défilé où passe le Zou, est nettement différente. On y rencontre un gneiss plissé traversé de filons de granite et de pegmatite, celle-ci riche en amphibole. Au delà, jusqu’à l'extrémité de la chaine, la roche dominante est un gneiss riche en quartz et à petits éléments rectilignes.

Ces hauteurs se continuent par un vaste plateau couronné de conglomérat ferrugineux qui les sépare des monts de Savalou.

Il faut noter, au sujet des monts de Badagba, l’action combinée

des eaux sauvages qui ont déterminé l'érosion superficielle, et des eaux courantes contribuant à l'isolement des diverses parties de

la chaîne.

B) Plateau de Zagnanado.

DU ZOU A L'OUÉMÉ

Le plateau de Zagnanado offre une topographie identique à celle de l’éperon d'Abomev. Il sépare les deux vallées du Zou et de l'Ouémé, au-dessus desquelles il se dresse brusquement.

Lorsqu'on à franchi le Zou et les faux-bras que ses débordements ont déterminé de part et d'autre de son lit, la route passe sur des arènes granitiques et des filons de quartz plus où moins désagrégés, auxquels succèdent, dès qu'on commence à s'élever, le conglomérat ferrugineux et la terre de barre.

La rivière Laha, qui descend du plateau de Zagnanado avec une pente très forte, coule dans une vallée très encaissée. L'ondulation importante qui, vers l’ouest, la sépare du Zou, est couronnée de conglomérat ferrugineux, avec, sur chacun des versants, des galets roulés, identiques à ceux de Locossa et aussi abondants. En redescendant sur le lit du Laha, on s'aperçoit que ces galets cessent à mi-pente, tandis que le gneiss apparaît, puis le conglomérat ferrugineux tapisse le sol jusqu'au fond du thalweg.

Le versant oriental forme le rebord du plateau de Zagnanado. Les galets roulés y apparaissent tout d'abord puis de nouveau le gneiss, sensiblement à la même hauteur que sur le versant occidental, après quoi les galets roulés se retrouvent encore, mais de plus en plus petits, dès qu'on est arrivé au sommet du versant escarpé ; ils disparaissent avant Cové.

De même que l’éperon d'Abomey, le plateau de Zagnanado est entièrement recouvert de terre de barre. Ce n’est qu'à la faveur de dénivellations brusques, comme celles produites par la rivière Laha, qu'on peut reconnaître le substratum. C'est le cas notamment à Agony et à Ouémélo, où le plateau s'abaisse brusquement.

On à vu précédemment que les sources d'Agony sont dues à des formations de grès grossier à ciment ferrugineux reposant en discordance sur un gneiss imperméable très décomposé. Les feuil-

lets de ce gneiss, verticaux et rectilignes, ont en ce point une orientation de Nm — 30° — K,

Après la descente du plateau, vers l'est, len allant à l'Ouémé, on trouve assez fréquemment de la pegmatite normale, de la pegmatite graphique et du quartz filonien, émergeant fréquemment de l'argile noire provenant des débordements de l'Ouémé. Ces roches sont très abondamment recouvertes de nouveaux galets quartzeux, identiques à ceux du Laha et du Mono.

Au sujet de ces galets roulés il est impossible de ne pas faire un rapprochement entre les différents gisements que nous avons signalés et qui se trouvent tous : d'une part, à proximité des grandes artères du Bas-Dahomey, d'autre part aux points où finissent les roches cristallines, c'est-à dire dans la région qui servait de rivage à la mer éocène (1).

Les berges de l'Ouémé, à Ouéméto, forment des petits bourrelets argileux isolant des faux-bras du fleuve, mais moins importants que ceux du Zou.

Le plateau de Zagnanado, à l'est d'Agony, est couronné de petits dômes cristallins, comme l'atteste l'abondance des sables granitiques, mais ils sont tous recouverts soit de conglomérat ferrugineux, soit surtout de grès grossier. Celui-ci constitue presque exclusivement la hauteur la plus orientale, à laquelle il à donné un modelé tabulaire très net.

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