LA CHAINE DES DASSAS
Le pays habité par les Dassas est une région fort pittoresque. C'est une série de hauteurs formant un arc de cercle-dont la corde, orientée N S., a environ 25 kilomètres de longueur.
Elle commence d'abord au sud, par une série de petites hauteurs isolées, dont la plus importante est dominée par le village d'Ouissi, après quoi apparaîtle massif étroit de Dassas-Puekpéré, puis de nouvelles collines isolées (Dassas-Zoumé, Guédégouhou, etc.), continuées par un second massif, celui de Kammaté (point culminant de la chaine, hauteur de commandement 180 mètres environ), puis par une dernièresérie de collines isolées, dont la plus importante est celle de Sapointa.
Ces accidents, isolés ou non, ont un aspect identique. Ce sont des dômes débités par l'érosion sur toute leur hauteur: véritables amas de boules superposées et de blocs perchés de dimensions colossales, parfois en équilibre précaire.
Ce mode d'érosion a amené le creusement en pleine roche d’ «écuelles », dont quelques-unes sont recouvertes d'humus ; il s'y développe alors une végétation puissante. Ce cas est tout à fait particulier aux Dassas.
La roche dominante des Dassas est un gneiss granitoïde à biotite dont les minéraux atteignent vers Dassas-Zoumé leurs plus grandes dimensions (feldspaths de 4 centimètres) (PI. XIX, 2), et sont sensiblement moins volumineux aux extrémités de la chaine. Tous les, éléments sont rigoureusement orientés N. S. Les accidents pétrographiques qu'on rencontre au milieu de cette Tormation sont d'abord des gneiss feuilletés, généralement très riches
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en biotite, notamment sur le sommet de Dassas-Puekpéré, à Dassas-Zoumé, au lieu dit Coueté, à Tangué (ou Tangui) — où ils forment des sortes de murs verticaux — au sommet du Gangan, enfin sur la route de Sapointa à Kammaté, où ils sont remarquablement plissés.
Le gneiss feuilleté est toujours englobé dans la masse du gneiss granitoïde, où il affecte l’allure de bandes rectilignes aux contours toujours nets. Mais ces bandes disparaissent brusquement (sentier de D. Zoumé au marché d'Oubadio) dans la masse. Parfois aussi elles sont rejetées, le plus souvent par des filons quartzeux postérieurs (sentier de D. Togon à Fita).
Les autres accidents pétrographiques rencontrés sont, outre le quartz : les aplites et les pegmatites, notamment sur le sentier de Crélé (ou Cré), à Chamaya, et au N. E. de Sapointa.
Au point de vue géologique, la chaîne des Dassas se relie aux formations gneissiques du sud par des types peu différents qui se continuent jusqu'au Zou. A l’est, le gneiss granitoïde à grands feldspaths, alternantavec du gneiss feuilleté, se poursuit jusqu'au ruisseau voisin d'Aouaya, et, plus au nord, il forme des hauteurs qui partent de Moudjia et de Tchakalokoué et se relientà Agbanou, de la chaine de Baflo. Vers l'ouest, le gneiss granitoïde se retrouve jusqu'au pied des hauteurs de Fita, avec, comme seuls accidents, un gneiss feuilleté dans le lit de l'Apassé, un microgranite à la traversée du Louto, sur le sentier de Dassas-Togon à Fita, et une pegmatite à proximité du Louto, entre cette rivière et Fita, sur le sentier d'Ouissi. À proximité du granite de Fita, le gneiss granitoïde devient très laminé ou passe à un microgranite. Du côté de Tchagui, le sol est constamment recouvert de conglomérat ferrugineux riche en quartz anguleux, et il n'est pas possible de connaître le point précis où cesse le gneiss granitoïde, mais tout porte à croire que c’est au pied même des monts de Tchagui, comme cela se passe pour la chaîne de Fita.
Vers le nord, après Sapointa, et dans la direction d'Agouagon, on trouve, à proximité de la voie ferrée et à la hauteur de Bovila, un gneiss feuilleté à amphibole, un gneiss normalet du quartz lilonien. Toutes ces roches sont des accidents au milieu du
gneiss granitoïde toujours dominant, mais à éléments plus petits que celui de Dassas-Zoumé.
Au delà de Bovila, sur le sentier d'Agouagon, les affleurements sont surtout constitués par des gneiss feuilletés, le gneiss granitoïde devenant rare et ayant ses éléments fortement laminés.
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