Ou Djema
Hubert 20
Cette route passe constamment sur des gneiss traversés par des filons de pegmatite (au sud de Zalimi, à la branche septentrionale du Couflo et à environ 2 kilom. au nord d'Agouna). Les gneiss correspondent à trois types différents.
Le premier, de beaucoup le plus abondant, est le gneiss granitoïde de Lô, qui forme de vastes dalles tout le long de la route. Ses éléments sont d'autant plus nettement orientés qu'on se rapproche davantage de Djaloucou. I apparait laminé aux environs de Zalimi, où d'épais filons de granite à grain fin le traversent; à trois kilomètres au nord d'Agouna, ses éléments ont une direction rectiligne Nm — 15°— E, mais à deux kilomètres d'Agouna ils n'offrent plus d'orientation uniforme. Dans ce dernier gisement, il est associé à un gneiss à grain fin, renfermant des enclaves très micacées, des enclaves de gneiss.très plissés et des enclaves de gneiss très clairs. Des filons de pegmatite traversent le tout.
Le second type de gneiss est un gneiss granitoïde à grands feldspaths, analogue à celui de Paouignan. Le troisième est un gneiss feuilleté, abondant surtout au voisinage de Djaloucou. Toutes ces roches forment de vastes dalles, où les phénomènes de décollement et de cassures par lachaleur, ainsi que ceux de décomposition en boules sont assez fréquents (PI. ILE, 2).
À proximité d'Agouna, au lieu dit Sapiti, on trouve un granite à sphène analogue à celui de Djaloucou.
Sur la route de Djaloucou-Tchetti, on rencontre, à proximité de la rivière Bohon, des gneiss plissés très altérés; puis, à un kilomètre de là, un affleurement de gneiss remarquablement plissé, à texture très variable, et fréquemment recoupé par des filons du granite de Djaloucou. Celui-ci, dont leséléments sont volumineux et sans aucune orientation, peut devenir prédominant au point de former des masses isolées par l'érosion en boules de grandes dimensions.
Le gneiss plissé ne subsiste que par endroits, en lambeaux partiellement digérés. C'est une nouvelle raison pour assimiler la roche de Djaloucou à un granite (1).
1. À Djaloucou même, celie roche contient en assez grande abondance des enclaves schisteuses dont la présence vient encore apporter une nouvelle justifi-
Entre cet affleurement et les hauteurs de Tchetti, on trouve successivement des gneiss feuilletés (orientation Nm — 30° — E), des gneiss granitoides du type de Lô et des gneiss plissés traversés par des filons de pegmatite.
La région de Djaloucou serait donc caractérisée par un pointe]
tement de granite éruptif s'élevant au inilieu de roches qu'il faut rattacher les unes aux gneiss de Savalou, les autres aux gneiss de oranitoïides de la région Paouignan-Lô, ces derniers commen- 8 5 5 çant à apparaître, dans la direction Parahoué-Djaloucou, au village d'Agouna.
cation à l'hypothèse que j’ai formulée au sujet de la nature éruptive de la roche de cette localité.
Soit
LA RÉGION TCHETTI-BASSILA
Les descriptions que j'ai données jusqu'à présent m'autorisent à envisager d'un seul coup d'œil la région comprise entre Tchett et Bassila, dont la constitution géologique est d'ailleurs très uniforme.
Le village de Tchetti est au milieu d'un groupe de dômes sans orientation générale précise et dont les cinq plus importants ont une hauteur de commandement variant de 40 à 100 mètres. Ils sont constitués par un granite à grain assez fin. C’est dans cette région que j'ai pu le mieux étudier les différents modes d'érosion du type granitique parce qu'on les y rencontre tous (desquamation, cassures, isolement en boules, blocs perchés, etc.) (PL IE, 2 ; V, 1, 2).
De Tchetti à Bassila, et même au delà, on trouve, abondamment répartis dans tout le pays, des dômes isolés, analogues comme aspect à ceux déjà signalés et toujours dénudés. Seuls ceux de Tchetti sont constitués par un granite ; mais, comme à Djaloucou, l'aire occupée par cette roche est fort limitée. Sur la route de Djaloucou, elle commence à la rivière Ouelly, à 2 kilomètres avant Tchetti. Sur le sentier de Canaon, à 5 kilomètres de Tchetti, les dalles rocheuses ont encore bien l'aspect de granite ; mais 1.500 mètres plus loin, le granite ne se manifeste plus que sous la forme de filons traversant le gneiss granitoïde à grands éléments. En même temps, d'une manière générale, à mesure qu’on s’écarte du village de Tchetti, on observe que le granite a une tendance à l'orientation de ses éléments.
A 4 kilomètres au delà du gisement précédent, la roche dominante est un gneiss granitoide traversé de filons assez rares de granite aplitique dont la direction est Nm — 50° — W,
Enfin à 1.500 mètres de ce point, le gneiss granitoïde, voisin du type précédent (mais plus riche en quartz qui forme des sortes d'amygdales au milieu de la roche) passe au gneiss feuilleté. Alors celui-ci domine définitivement : il est d'ordinaire plissé, l'ensemble des plissements avant une direction sensiblement Nm S.
Le dôme de Canaon, qui à au moins 150 mètres de hauteur de
commandement, est très abrupt. La schistosité de la roche rend difficile la décomposition en boules. Le plus fréquemment les feuillets se décollent à la partie-supérieure. Le gneiss granitoïde et des filons de granite aplitique ne sont que des accidents dans cette région.
De Canaon à Louba, il y a partout du gneiss feuilleté, aussi bien dans la plaine que sur les dômes, sauf toutefois à la rivière Adohéhou (15 kilomètres au nord de Doumé) où l'on rencontre un pointement de gneiss granitoïde à amphibole traversé par un filon de pegmatite.
Les mêmes roches se rencontrent entre Louba et Banté. Leur altération superficielle accuse encore plus nettement leur allure feuilletée, avecleurs plans de schistosité passant de Nm — 10° —E à Nm — 30° — E.
Banté occupe le centre d'un triangle formé par trois dômes : ceux du nord et de l’ouest étant notablement plus élevés. On retrouve là le gneiss granitoïde à grands feldspaths, avec toujours les dômes allongés dans la direction de l'allongement des éléments de la roche (Nm — 8° — E).
D'Agoua à Banté, je n'ai rencontré que quelques pointements de gneiss normal, toujours traversé de filons de pegmatite.
Au delà de Banté, sur la route de Diagbalo, il n'y à guère à signaler que des gneiss feuilletés et des schistes micacés (orientés Nm — 20° —E), à 2 kil. avant Bobé, et une pegmatite laminée, très riche en muscovite, à 5 kil. de Banté.
En allant de Banté sur Pira, on ne trouve plus qu'un peu de
gneiss granitoïde avant le Zou (1),etdu gneiss normal très altéré , dans le lit de cette rivière. -
Aux environs immédiats de Pira, le gneiss granitoïde et la pegmalite apparaissent de nouveau. Puis, en dehors de la route, à une dizaine de kilomètres au nord, au lieu dit Caboué, se dressent trois dômes constitués par un gneiss feuilleté aux alignements parallèles (Nm — 80° — E), mais qui peuvent prendre exceptionnellement un aspect plissé. Cette roche est traversée de filons de pegmatite à éléments très volumineux — parmi lesquels sont” la biotite et l’'amphibole — et des filons contenant des cristaux pentadodécaédriques de pyrite.
Pendant les 5 premiers kilomètres de la route Pira-Cabolé on trouve quelques pointements de gneiss granitoïde, passant de plus en plus au gneiss.
Puis de là jusqu'à Nioro (entre Pénésoulou et Aledjo) on ne rencontre plus que du conglomérat ferrugineux. Est-ce à dire que les formations cristallines cessent d'exister pendant une centaine de kilomètres ? Non, et cela résulte : d'une part de la composition même du conglomérat contenant en abondance des fragments anguleux de quartz ; — d'autre part, de la présence d’un filon de quartz dans le poste même de Cabolé, ce qui est un indice du voisinage de formations cristallines ; — enfin, de l'existence de ces formations elles-mêmes, lorsqu'on s’écarte quelque peu de la route. À ce sujet, il est particulièrement intéressant de signaler, à mi-chemin entre Cabolé et l'Adjiro, sur le sentier de Cagouillé, un gneiss dont la partie superficielle est déjà transformée en conglomérat ferrugineux et qui permet de voir, sur un même échantillon, les passages à partir de la roche intacte.
Dans le lit de l'Adjiro, il existe du gneiss granitoïde qu'on
4. On admet généralement que le Zou traverse la route de Banté à Pira. En réalité la rivière dont il s’agit est d'importance médiocre. La branche principale du Zou semblerait être l'Odola,-qui passe un peu à l'ouest de Louba. Mais l'Odola lui-même ne peut pas s'étendre loin vers l’ouest, car il pénètrerait alors dans le bassin .de l’Ogou. Cependant, élant donné l'importance de l'Odola, il est difficile d'admettre qu’il prenne naissance à quelques kilomètres seulement du sentier de Louba. Au point de vue de l'hydrographie de cette région, il y a évidemment là un problème à éclaircir.
retrouve au lieu dit Cagouillé, où il forme un petit dôme. En ce point, la roche est traversée de filons de pegmatite riche en muscovite. Un autre dôme analogue, mais notablement plus élevé se rencontre à Kékélé, à l’est de Bassila.
Ainsi on es{ bien autorisé à conclure à la présence de gneiss sous le revêtement de conglomérat ferrugineux dans toute la région comprise entre Pira et Nioro.
En cette dernière localité seulement les dalles gneissiques (gneiss feuilleté, gneiss granitoïde à grands feldspaths) affleurent de nouveau. C’est, dans la direction d'Aledjo, el dernier point où on les rencontre.
La région des dômes gneissiques se poursuit très loin en terri- Ô 5 toire allemand, du moins à la hauteur de Tchetti-Louba, ainsi , qu'on peut s’en rendre compte en suivant le sentier qui unit ces deux localités.
LES MONTS DE TIHO ET D'ACALAMPA
Au nord des derniers dômes de la chaine de Baffo, le seul élément coloré des gneiss est exclusivement la biotite.
Le village d'Agouagon esthâtisur une dalle de gneiss granitoïde. Sur la route de Savalou à Savé, cette roche n'apparait guère qu'entre la plateforme du chemin de fer et l'extrémité est du village, encore est-elle interrompue à la hauteur de la gare d’Agouagon, où l'on trouve de nombreux contacts avec le gneiss feuilleté.
Entre Agouagon et l'Ouémé, tous les affleurements sont constitués par des gneiss feuilletés, fréquemment traversés par des filons de pegmatite. Ils sont remarquablement plissés à 2 kilomètres environ d'Agouagon tandis qu'à proximité de l'Ouémé, au contraire, leurs plans de schistosité sont rectilignes et dirigés N. S. comme le fleuve lui-même. Ils encombrent d'ailleurs son lit, et sont débités par ses eaux, parfois à la manière de petits murs verticaux. |
Le gneiss granitoïde se rencontre au nord jusqu'à la hauteur d'Oco ; il forme jusque-là une série de dômes très analogues à ceux de la chaine de Baffo, et qui en sont, géographiquement, le prolongement. Le plus important de ces dômes est le mont Ocpa, à quelque distance à l’est de la route.
Le lit de la rivière immédiatement au sud d'Oco est barré par des quartzites micacés lustrés par les eaux.
Ce sont encore des gneiss feuilletés, le plus souvent à grain fin, qu'on rencontre aussi au nord d'Oco jusqu'à Acalampa, et ils for-
ment fréquemment de petits dômes toujours dénudés entre Oco et Assanté,
Acalampa se trouve à l'extrémité septentrionale d'une petite chaine qui rappelle assez celle de Fita par son aspect et ses caractères topographiques, mais elle est sensiblement moins élevée. Cette chaîne est surtout intéressante par sa constitution. Dans la partie où j'ai pu l'aborder je n'y ai guère rencontré qu'un granite à grain trés fin et, accessoirement, un granite normal.
I n’y à aucun affleurement entre Acalampa et Abocolomé. En allant de cette dernière localité sur Coutago, on voit, avant l'Agbado, plusieurs pointements de gneiss feuilletés traversés parfois de quartz filonien ; et, à 7 kilomètres après Abocolomé, un peu de micaschiste.
On voit que la constitution pétrographique de cette région est fort différente de celle de Savalou, dont l'Agbado marque la limite.
La région comprise entre les monts d'Acalampa et l'Agbado est un nœud hydrographique assez important. On voit qu'il ne coïncide, comme c'est la règle, avec aucun accident du relief.
En dehors de la route parcourue entre Agouagon et Abocolomé, il existe un certain nombre de dômes isolés que je n'ai pu atteindre, mais dont le profil est si semblable à ceux de la chaine de Baffo à Assanté qu'on ne peut avoir aucun doute sur leur constitution, évidemment gneissique. Ils se trouvent notamment soit à l’est, soitau nord du sentier suivi, à des distances très variables. Ils relient, par delà de la vallée de l'Ouémé, le pays considéré avec la région qui s'étend de Savé à Diguidirou.
Comme pour les monts de Baffo, la décomposition superficielle des roches entre Agouagon, Acalampa, et l'Ouémé donne surtout naissance à une arène gneissique. On y rencontre cependant des lentilles parfois puissantes de conglomérat ferrugineux, lesquelles proviennent, selon toute vraisemblance, de roches dont la composition chimique était sans doute légèrement différente de celle des précédents, à moins qu'on admette que la décomposition par suite d'actions physiologiques se soit très localisée. Dans ce cas particulier, je pencherai cependant plutôt vers la première hypothèse, |