‹ Contribution à l'étude de la géographie physique du DahomeyChapitre 198 sur 276 · TILLY À NI MEY · texte numérisé non relu

TILLY À NI MEY

La falaise, qui forme le rebord du plateau, s'écarte rapidement des bords du fleuve. Elle atteint sa plus grande hauteur un peu au nord de Kollo, où elle est couronnée par deux accidents peu

importants à profil tabulaire (grès probablement). Au delà de ce point, l'éloignement du plateau est telqu'on ne l'aperçoit plus. Le sol, plat sur la rive gauche, est recouvert presque exclusivement de sable, qui forme des élévations en pente douce, sorte de dunes lixées par la végétation (1).

Au voisinage de Dounga, il existe de très faibles ondulations. Quelques-unes, taillées à pie, laissent voir, au-dessus d'un sable plus ou moins riche en éléments ferrugineux, des couches de, limonite pisolitique.

Un peu avant Liboré, on rencontre un grès grossier à ciment siliceux, très altéré; l'érosion l'a profondément affouillé dit manière de la couche 2 de Say.

NIAMEY A GOUDEL

Le camp de Niamey, au bord du fleuve, est bâti sur une falaise qui forme le rebord du plateau. Cette petite falaise est formée d'une sorte de grès argileux riche en éléments quartzeux, et que consolide, par endroits, à la partie supérieure, le conglomérat ferrugineux. L’analogie d'aspect qu'invoque M. Chudeau, pour faire de cette falaise un dépôtlutécien, rapproche au contraire cette for mation de beaucoup de celles que j'ai rencontrées sur les rives du fleuve, au nord de Say, etprovenant, pour un grand nombre, dela reconsolidation, à faible distance du gisement originel, des éléments décomposés des roches cristallines acides.

En face de Niamey se trouve une ile reliée à la rive gauche, en saison sèche, par deux seuils de sable ménageant entre eux un petit lac. Dans cette île se trouve du granite à grain moyen, à biotite. Il est désagrégé en boules de plusieurs mètres cubes, qu'on distingue très bien même sur une photographie prise du camp.

Le lit du Niger est tapissé de galets analogues à ceux du Mono, souvent enchassées dans la vase argileuse, et qui sont les témoins de l’activité du fleuve. Ces galets se retrouvent sur les pentes, et notamment dans le conglomérat ferrugineux du sommet.

1. Je ne me crois pas autorisé à assimiler ces accidents à de véritables dunes, car bien qu'une certaine épaisseur de sable les recouvre, il est possible que la partie centrale de ces élévations ait une constitution différente,

D'une façon normale, ils sont abondants sur la route de Dout va à Niamey.

À une heure environ dans l'intérieur des terres, on aperçoit des hauteurs tabulaires qui sont, selon toute vraisemblance, très analogues à celles de la rive droite dont je parlerai par la suite.

Dans le village même de Niamey, se trouve le lit d'un petit ruisseau, à sec presque toute l'année. Il est bordé par un seul type de roche généralement altéré, c’est le granite de l'île. On trouve tous les stades d’altération, et sans qu'aucun doute soit possible, en raison de la continuité de l'affleurement, à partir la roche intacte (granite à biotite), jusqu'à une arène riche en kaolin, mais dans laquelle la structure originelle n'a subi aucune modification (1).

Cette arène argileuse se poursuit vers le nord et c’est elle qui, aussitôt après les dernières cases du village, constitue encore la falaise, celle-ci offrant les mêmes caractères qu’au camp de Niamey, et toujours recouverte de conglomérat ferrugineux. Cette arène est remplacée, pendant quelques centaines de mètres, par d'autres formations que je vais indiquer, puis reparait exclusivement.

Entre ces deux pointements d’arènes granitiques, se trouve une importante série de formations toutes redressées, mais avec une inclinaison inégale : celles du nord jusqu'à la verticale, celles du sud avec un pendage d'environ 45° vers le nord (fig. 13). Toutes ces formations sont ou des filons éruptifs, ou des schistes cristallins. En dépit de leur altération, leur constitution originelle n’est pas douteuse, en raison de la structure qu'elles ont conservé ou

. de leur constitution minéralogique.

On pourrait prendre de loin la surface horizontale de ces formations pour celle de terrains sédimentaires ; il n'en est rien, cet aspect étant dû à ce que les bandes successives, après redres-

1. Un nouvel argument qui permet encore de fixer la nature de la roche d'où provient l’arène, est la présence, sur les bords mêmes du fleuve, à environ 3 kil. de Niamey et à moins de 100 mètres de la falaise, d'un pointement de granite normal à biotite intact et désagrégé en boules.

La proximité de la roche fraiche et de la roche entièrement décomposée n’a rien de surprenant : jai déjà signalé le cas pour la région de Djougou et pour celle d'Youri.

sement, ont été rabotées horizontalement. C'est un fait très fréquent, au Dahomey notamment, puisque c’està peu près la seule facon dont se présentent superliciellement les gneiss.

A la falaise en amont de Niamey. les différentes formations rencontrées sont, du nord au sud, les suivantes (fig. 13).

1. Filons de pegmatite très altérée, mais nettement reconnaissable.

2. Argile schisteuse, compacte et noire, saupoudrée de lamelles micacées rendant sa surface scintillante,

3. Argile bleu pâle et jaune, fissile et sans consistance, avec quelques grains de quartz non roulés. Cette roche contient en abondance une matière brillante, d'aspect soyeux, qui est sans aucun doute, du mica décomposé en parcelles très fines ; elle est traversée de filons de quartz bleuâtre réduits en pelits fragments anguleux qui s’enchâssent les uns dans les autres. On est à peu près certainement en présence d’un micaschiste décomposé ; cette hypothèsese se renforce encore si l’on considère les formations voisines semblables et parfois plus faciles à déterminer.

Page 1