‹ Contribution à l'étude de la géographie physique du DahomeyChapitre 2 sur 276 · NANT-GOUVERNEUR DE LA GUINÉE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

NANT-GOUVERNEUR DE LA GUINÉE FRANÇAISE

= Témoignage d’affectueuse reconnaissance.

LA

À mon arrivée au Dahomey, où j'étais appelé à servir, M. le Gouverneur Liotard voulut bien me charger d’une mission scienüfique dont l'objet principal était l'étude des formations géologiques et des ressources minérales de la colonie dont il avait la haute direction. Ce sont les résultats de cette mission qui font l'objet du présent mémoire.

Afin de réaliser autant que possible un travail aussi important que celui qui m'était confié, j'ai effectué, pendant deux années consécutives (août 1904-août 1906), une série de voyages à l'intérieur de notre possession. Ayant intérêt à connaître un très grand nombre de localités, je me suis attaché à choisir des itinéraires déterminant sur la carte une série de polygones autour des nombreux endroits demeurés inaccessibles. D'ailleurs, par de fréquentes reconnaissances à l'intérieur de ces polygones, j'ai pu, soit vérifier l'identité de leurs formations avec celles de la péri-

phérie, soit connaître la nature des variations dans la constitution

du sol.

J'ai choisi comme sommets de ces polygones tous les accidents orographiques que j'ai pu atteindre, car outre l'avantage qu'ils présentaient de pouvoir être relevés avec précision, ils étaient susceptibles de fournir souvent le maximum de rensei-

- onements sur la constitution géologique d’un pays où les vallées 8 Y

sont parfois recouvertes de formations détritiques puissantes. Enfin, cette méthode de recherches a permis d'obtenir une sorte de « triangulation géologique », pouvant servir de base à

des recherches de détail.

Hubert 4

Dès le début, j'avais prévu quatre voyages successifs (1):

Premier voyage. — Régions de Paouignan, Savé, Acalampa et Djaloucou (Durée trois mois et demi).

Deuxième voyage. — Haut-Dahomey (Djougou, Gourma, Say, Moyen-Niger, Borgou) et partie des Territoires Militaires, sur le Niger (Durée 10 mois) (2).

Troisième voyage. — Recherches le long de la côte, et dans les régions les plus mal connues de la colonie (pays des Sahoués, des Tchis, des Oués ; régions de Tchetti, Doumé, Ouari-Marot ; partie occidentale du pays Soumba ; région de l’Ocpara et pays des Hollis (Durée 6 mois).

Quatrième voyage. — Dahomey proprement dit, c'est-à-dire région comprise entre la côte, l'Ouémé, le Zou et le Couffo (Durée 1 mois).

Tombé malade au cours de mon troisième voyage, je me suis trouvé dans la dure obligation de m'arrêter, puis de rétrograder au moment où je me dirigeais sur Ouari-Marot. L’ampleur qu'il conviendrait de donner dans ce mémoire à certaines parties s’en trouvera fatalement diminuée. Cependant, j'ai été assez heureux pour pouvoir me remettre en route avant de quitter la colonie et visiter la région de Zagnanado, ce qui m’a permis de relier mes précédents ilinéraires à la région orientale du Bas-Dahomey.

Ces voyages successifs, dont la longueur totale est d'environ 7.000 kilomètres, permettent de limiter avec toute la précision désirable les grandes divisions naturelles de la colonie, C’est pourquoi je me crois autorisé, au cours de ce travail, à grouper mes observations et à aborder directement l'étude de chacune de ces divisions, plutôt que de décrire minutieusement tous les itinéraires qui se recoupent, ce qui exposerait à. de nombreuses redites.

Ce travail repose sur la rédaction de notes prises sur place et sur la description de nombreux échantillons (un millier environ) que j'ai recueillis et dont j'ai entrepris l'étude au laboratoire

4. Les itinéraires suivis sont indiqués sur la carte au 1/1.250.000.

2. Depuis mon retour en France, les cercles du Gourma et de Say ayant été rallachés à la colonie du Haut-Sénégal et Niger, il se trouve quemes itinéraires ont de beaucoup dépassé les limites actuelles du Dahomey et Dépendances.

INYRODUCTION 3

de Minéralogie du Muséum national d'Histoire Naturelle. En outre sont annexés quelques-uns des levés, profils, plans et coupes exécutés en cours de route, auxquels sont venus s'ajouter une série de photographies inédites.

Le développement de cette étude comporte trois grandes divisions.

La PREMIÈRE PARTIE est une description géographique sommaire dont le but est de faciliter l'intelligence du sujet traité.

La SECONDE PARTIE comprend exclusivement la géographie physique, la géologie et la minéralogie, ainsi que des sciences annexes (météorologie, pétrographie, ete.). Répondant à un vœu qui m'a été fréquemment exprimé au cours de mes déplacements, l'examen des phénomènes actuels occupe ici une place très importante.

Cette étude ne m'aurait point paru complète si je n'avais essayé de montrer tout le parti qu'on peut déjà tirer de la connaissance, même relative, du milieu ainsi défini. C'est pourquoi dans une TROISIÈME PARTIE, j ai cru devoir indiquer l'influence directe exercée

par les éléments de ce milieu sur les êtres vivants qui s'y sont

développés. Deux exemples typiques ont été choisis : d'une part, la répartition de quelques espèces végétales très abondantes ; d'autre part, l'énumération des races humaines et la distribution

LP géographique des groupements qu'elles forment. | À ce travail est annexée une carte géologique au 1/1.250.000. Les formations constatées au cours de mes itinéraires sont seu-

lement indiquées. C'est pourquoi on remarquera de grands espa-

1 £ ZE A CN rpr #0 ces laissés en blanc. En outre, des régions entières ont été recou- __ vertes d’une teinte uniforme alors que de nombreux accidents

géologiques s'y rencontrent ; on ne saurait cependant me faire grief de ne pas avoir déterminé ces derniers : mon but ayant été

de connaître, dans toute la colonte, la nature et l'importance des

__ formations géologiques principales. Ceux qui savent ce que sont AE 7

58e deux années consécutives de route dans la brousse m'excuseront de n'avoir pas poussé plus avant les recherches de détail. D'ailleurs, dans les parties mêmes que parcourues avec le plus de soin, je ne me dissimule pas qu'il y a d'énormes lacunes à combler. Aussi le présent travail n'est-il qu’une première esquisse

à grands traits, relative à la géographie physique, à la géologie et à la minéralogie du Dahomey. Puisse-t-il éviter à ceux qui voudront s'intéresser plus tard à ces questions les recherches aventureuses et souvent ingrates auxquels il faut s'astreindre dans les pays où les études de ce genre n'ont jamais été abordées.

Je tiens à exprimer mes respectueux remerciements à M. Millès- Lacroix, Ministre des Colonies, à M. le Gouverneur général Roume, à M. le Gouverneur général p.i. Merlin, qui ont bien voulu s'intéresser à mes travaux et m'ont autorisé à terminer mes recherches en France ; — à M. Binger, directeur des Affaires d’Afrique ; — à M. Vassell, directeur des Affaires administratives au Ministère des Colonies, qui, pendant mon séjour en France, se sont employés, avec leur bienveillance habituelle, à me faciliter la tâche que j'avais entreprise.

Aux Colonies, M. le Gouverneur Liotard, à l'initiative duquel je dois d'avoir été mis en mission, n'a cessé de m’entourer de la plus affectueuse sollicitude ; après m'avoir accordé la plus entière liberté d'action, il a toujours suivi avec grand intérêt mes recherches, et m'a constamment prodigué les encouragements les plus bienveillants, les conseils les plus éclairés et les plus précieux. Ce n'est pas sans un souvenir ému que je prie ce haut fonctionnaire de vouloir bien trouver ici l'expression de ma profonde reconnaissance.

Après lui, M. le Secrétaire général Lhuerre a mis tout en œuvre pour la réussite de ma mission. Puis M. le Gouverneur Marchal a bien voulu me réserver le meilleur accueil, dans le temps très court pendant lequel j'ai servi sous ses ordres.

Il m'est malheureusement impossible de citer les fonctionnaires du Dahomey qui se sont employés pour aplanir les difficultés de ma tâche, car il faudrait les citer tous. Partout, toujours, en toute occasion, J'ai reçu d'eux l'accueil le plus cordial et le plus empressé et ils ont mis à ma disposition tous les éléments susceptibles de rendre plus fructueuses mes recherches. Je suis heureux de pouvoir exprimer à mes supérieurs et à mes camarades, dont beaucoup sont devenus mes amis, l'expression de ma profonde gratitude.

Je dois encore mes remerciements bien sincères : à MM. les officiers du 3 territoiremilitaire, à la tête desquels était, lors de mon passage à Niamey, M. le Commandant Froment ; — à M. le Colonel Guyon, à MM. les Commandants Sou et Cambier, à M.le Capitaine Fourn, et à MM. les officiers du chemin de fer, qui ont bien voulu me donner de très précieux renseignements et m'ont souvent communiqué, avec une libéralité à laquelle je suis heureux de rendre hommage, les beaux travaux qu'ils ont accomplis au Dahomey.

Enfin je remercie de tout cœur MM. Drot, Michaut et E. Poisson des observations de grande valeur qu'ils m'ont si aimablement fournies et dont j'ai pu tirer parti au cours de mes déplacements.

Pendant les années que j'ai passées à son laboratoire du Muséum, et pendant celles que j'ai vécues en Afrique, mon maitre, M. A. Lacroix, m'a comblé de toutes les marques d’une sympathie dont je suis particulièrement fier. Avec une inlassable sollicitude, il n’a regardé ni à son temps ni à sa peine pour me faire profiter de ses si précieux enseignements et pour aplanir les difficultés de tout ordre qui n’ont pas manqué de surgir au cours de ce travail.

C'est pour moi un devoir bien agréable à remplir que de pou-

voir, après tant d'autres, renouveler à M. À. Lacroix l'expression

de mon admiration et de ma reconnaissance profonde. |

Je suis également extrèmement reconnaissant à mon maitre M. Ch. Vélain, toujours si accueillant, si bienveillant, qui m'a prodigué, dans son laboratoire de la Sorbonne, les excellents conseils de sa haute expérience scientifique et dont l'inépuisable bonté ne s'est pas démentie un seul instant à mon égard ; — à

M. Berget, mon maître également, qui a bien voulu s'intéresser

d'une facon toute spéciale à mes travaux, et dont les savantes observations m'ont été si profitables.

Au Muséum d'Histoire naturelle, M. le docteur Hamy, M. Boule et son distingué collaborateur M. Thévenin, M. Bouvier, M. Joubin et M. Chevalier m'ont toujours réservé le plus flatteur accueil.

J'ai eu souvent recours à leur si grande obligeance et ils m'ont

toujours fourni les plus utiles et les plus précieux renseignements. En même temps que je suis heureux de leur exprimer ma bien sincère gratitude, je me fais un très agréable devoir d'associer à leur nom celui de M. Ed. Perrier, directeur du Muséum, qui s'est toujours si vivement intéressé à mes travaux, et dont les marques d'attention m'ont si profondément touché.

A l'Ecole des Mines, M. H. Douvillé a bien voulu examiner avec grande attention les échantillons de fossiles que j'avais rapportés. Je lui suis très reconnaissant des indications si utiles dont il m'a fait profiter.

Je remercie encore bien vivement M. Bouquet de la Grye, M. Michel-Lévy, —qui succède aujourd'hui au Collège de France à mou regretté maître M. Fouqué —, pour les si précieux encouragements qu'ils m'ont donnés et pour l'intérêt qu'ils ont bien voulu prendre à mes travaux.

Enfin je tiens à exprimer mes plus affectueux remerciements à MM. Arsandaux et Brongniart dont les judicieuses observations

au cours de mes recherches au laboratoire du Muséum d'Histoire :

Naturelle ont été pour moi d’un si grand profit ; — à M. Meunier, qui à mis spontanément à ma disposition sa belle carte du Dahomey ;.— à M.R.Delaune, qui m'a apporté pour la correction des

épreuves de ce travail la contribution de ses connaissances si

étendues et de sa si bonne amitié.

Les difficultés matérielles ne sont pas les moindres de celles que j'ai rencontrées au cours de ce travail.

Je tiens à exprimer à M. Millès-Lacroix, ministre des Colonies, à M. le Gouverneur général p.i. Merlin, à M. le Gouverneur Liotard, à M. le Gouverneur Malan, à M. le Gouverneur p. i. Van Vollenhoven, mes respectueux remerciements pour avoir bien voulu s'employer à faciliter la publication de ce mémoire.

Dans le même but, l'Association française pour l'Avancement des Sciences a bien voulu m'honorer d’une subvention. Je suis heureux de pouvoir présenter à son président, M. Appell et à son secrétaire général M. Desgrez, l'expression de ma très vive gratitude. ù

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