‹ Contribution à l'étude de la géographie physique du DahomeyChapitre 22 sur 276 · LEA TER AR · texte numérisé non relu

LEA TER AR

Tz

Fig. 5. — Températures (Ouagadougou).

Moyenne des maxima et des minima de chaque mois pour 4905.

———— Limites extrêmes atteintes par les moyennes des maxima-et des minima de chaque mois depui 1902 jusqu’à 1907.

un obstacle contre le rayonnement nocturne, de sorte que depuis avril jusqu'en juillet-août la courbe de tous les minima va se rapprocher de plus en plus de celle des marima.

Or, à partir de juillet-août jusqu'en octobre novembre, toutes

les courbes se relèvent, mais les minima beaucoup moins que les maxima. Les causes de ce nouveau changement d'allure sont extrèmement complexes. Le second passage du soleil au zénith ne semble avoir cette fois aucüne influence, puisque son action calorifique est contrariée, au nord de la colonie par les pluies qui subsistent, au sud par des causes mal définies, parmi lesquelles il faut faire entrer la nébulosité et l'influence des vents humides, de quelque côté qu'ils viennent. Par contre, il est naturel de penser que la diminution progressive des pluies dans le nord facilite le relèvement des températures. Mais cela n’est pas vrai pour le sud, puisque la petite saison des pluies à Porto- Novo n'est marquée par aucune modification de la courbe. Il y a certainement, pour l'ensemble des pays qui nous occupent, des causes d'ordre général ayant périodiquement une même influence sur la température ; mais comme elles sont nombreuses et souvent contraires, il-est impossible de dégager celles qui sont prépondérantes à un moment donné. Leur influence inégale a surtout une répercussion sur l'allure des courbes des minima, qui subissent durant la période août-octobre un flottement notable. Aussi nous nous bornerons à constater que /a période juillet-août marque un abaïssement constant de tous les maxima et de tous les minima.

L'obliquité des rayons solaires devenant appréciable à partir de novembre, il est naturel que les températures baissent. C'est ce qui se produit en effet pour les pays du nord; mais, pour Porto-Novo, cette baisse se produit très capricieusement par suite de l'influence du voisinage de la mer.

Ainsi le so/stice d'hiver marque, pour la plus grande partie du pays, #n abaissement général des minima et des maxima. C'est en méme temps la période des minima absolus pour les stations.

En dehors de ces faits d'ordre général, l'observation de chaque groupe des deux courbes (minima et maxima) pour un même lieu montre des différences notables. Tandis que les cour-

bes de Porto-Novo sont remarquables par leur faible, amplitude et leur parallélisme constant, les courbes des stations septentrionales affectent, au contraire, de brusques sinuosités, et, tandis qu'elles sont parallèles d'avril à octobre, elles sont divergentes au moins d'octobre à janvier. Les premières affectent un maximum etun minimum bien nets, puis un maximum et un minimum plus vague et non constant; les secondes, au contraire, affectent deux maxima et deux minima très prononcés. Cela traduit très bien la différence des climats des pays parcourus. Au sud, un elimat maritime avec des variations saisonnières faibles (le mois le plus chaud avec une moyenne des extrêmes de 25 et de 36° ; le mois le plus froid avec la moyenne des extrèmes de 22 et 290) ; au nord, le climat continental avec des variations saisonnières importantes (le mois le plus chaud avec la moyenne des extrêmes de 28 et de 46°, le mois le plus froid avec la moyenne des extrémes de 14 et de 32°).

Si l'on compareles extrèmes absolus pour une année quelconque, 1906 par exemple, on voit qu'à Porto-Novo la plus basse température observée a été de 16° (8 janvier), la plus élevée de 318 (8 mars), soit une différence de 21°8. Pour Niamey, le minimum absolu, la même année, a été de 795 (21 janvier), le maximum absolu de 47°3 (19 avril), soit une différence de 3908, c'est-à-dire près du double de la précédente. Ces chiffres sont suffisamment probants pour qu'il soit inutile de pousser plus loin la comparaison.

En ce qui concerne Ouagadougou, on voit que les courbes sont bien parallèles à celles de Niamey. Il est permis de supposer que si les maxima sont inférieurs pour Ouagadougou cela résulte de la différence de latitude. La même supposition peut être faite pour le moins grand abaissement de la courbe des minima d'Ouagadougou au solstice d'hiver. Enfin la courbe plus basse des minima à Ouagadougou, de mars à octobre, s'explique très bien par la quantité d’eau tombée pendant cette période en ce lieu, où les pluies sont beaucoup plus abondantes et durent beaucoup plus longtemps. Il y à sans doute d’autres facteurs encore à faire intervenir.

Il convient d’insister tout spécialement sur l'identité d’allure

des deux courbes de Niamey et d'Ouagadougou pour l’année 1905. Cette identité se vérifie pour 1906, et cela autorise à croire qu’elle avait lieu auparavant, et permet une substitution des courbes d'Ouagadougou à celles de Niamey, du moins pour la discussion.

Les courbes de Parakou, très incomplètes, ont bien l'allure générale des autres en ce qui concerne 1905. Nous n'avons aucun moyen de contrôle relativement aux chiffres de ce poste. Ce qu'il y à de plus curieux, c’est l'allure de la courbe des minima, qui, pour les deux années 1905 et 1906, se trouve constamment inférieure à toutes les autres, ce que ne fait pas prévoir la position géographique de Parakou. Jusqu'à présent la seule cause possible est l'abondance des précipitations atmosphériques, qui, dans cette région, peuvent être supérieures à ce qu'elles sont à la côte. Mais cela n'explique pas pourquoi, en saison sèche, les minima de Parakou sont inférieurs à ceux de tous les autres postes. L'influence de l'altitude paraît difficile à invoquer.

VARIATIONS BIURNES

Les variations diurnes sont absolument conformes à la théorie. . Elles se traduisent, pour tous les lieux, par une courbe dont la branche est régulièrement ascendante depuis le moment qui précède le lever du soleil jusqu'aux environs de 13 heures, un peu après le passage du soleil au méridien. Puis la courbe devient régulièrement descendante depuis 13 heures jusqu'au lever du soleil, le: lendemain. Ces variations diurnes sont, pour un même lieu, plus fortes pendant la saison sèche que pendant l'hivernage, et pour deux stations différentes, beaucoup plus fortes pour la station septentrionale.

La courbe normale représentative de la température d’une journée se trouve profondément modifiée par une perturbation locale (orage, pluie). Une pluie survenant au milieu de la journée fait brusquement descendre la température de plusieurs degrés, et celle-ci peut remonter de nouveau si la pluie à duré peu longtemps. I n’a pas été fait d'observations précises à ce sujet.

Les courbes des moyennes de minima et de maxima mensuels donnent une très bonne idée des variations quotidiennes au cours

d'une même année. Il n'y à pas d'intérêt à publier de longues

séries de chiffres. Toutes les observations relatives à Porto-Novo et Ouagadougou que j'ai consultées ne donnent aucun nombre aberrant.

Page 1