‹ Contribution à l'étude de la géographie physique du DahomeyChapitre 230 sur 276 · GRANITE DE LAMMA · texte numérisé non relu

GRANITE DE LAMMA

Cette roche, très altérée, est un granite granulitique de constitution minéralogique banale. Mais elle offre un intérêt particulier

en raison de ses enclaves sphériques abondantes, indiquées déjà lors de la description du massif.

Ces enclaves sont formées par un microgranite dont la couleur foncée est due à la grande abondance de la biotite. Elles renferment un certain nombre de boutonnières de plusieurs millimètres de longueur, riches en éléments blancs et contenant des cristaux relativement volumineux de quartz, d’albite, de sphène, de fluorine violette et d’épidote.

Certains de ces cristaux ont des formes géométriques parfaites. Ainsi la fluorine présente exclusivement les faces 4! (111). Pour le sphène, les angles mesurés au goniomètre sont de 136°19:, ce qui correspond aux faces d!? (111) : l'angle calculé étant de 136012.

La pâte de ces enclaves est surtout constituée par la biotite, très répandue, et par de l'orthose (feldspath dominant), de l'oligoclase et du quartz.

Il convient de rapprocher ces enclaves de celles qui ont -êté antérieurement décrites par M. A. Lacroix au sujet des granites des Pyrénées (1). Le type dont elles se rapprocheraient le plus serait celui du pic de Madres. Elles s'en différencient à la fois par leur aspect, car elles sont toujoursrigoureusementsphériques ; par leur distribution dans le massif, où elles sont plus régulièrement réparties et toujours distantes de plusieurs mètres les unes des autres ; enfin par leur constitution minéralogique. En outre, contrairement à ce qui se passe pour les enclaves endopolygènes de. l'Ariège, la distinction entre le granite et les enclaves de Lamma est très nette, mais, par une réaction endomorphe, celles-ci sont généralement entourées, à quelques centimètres de leur périphérie, d'une couronne, peu large mais toujours très visible, riche en amphibole, minéral qui fait défaut partout ailleurs dans le granite. | |

L’altération superficielle de ces enclaves est la même que celle de la roche encaissante, mais en profondeur, le granite paraît se

1. A. Lacroix. Le granite des Pyrénées et ses phénomènes de contact (2° mémoire), pp. 20 et suivantes. Paris, 1900.

PÉTROGRAPIIE 163

décomposer plus vite, si bien qu'on peut extraire en certains points l'enclave tout entière.

M. A. Lacroix (1) a montré que le granite à enclaves endopolygènes de l'Ariège était une roche de contact du granite normal et d'une bande calcaire. Or le pointementde Lantma est lui aussi une roche de contact, mais avec des gneiss basiques.

Quant au calcaire, je n'en ai pas trouvé au voisinage, mais plusieurs gisements de carbonate de chaux concrétionné existent à 10-15 kil. du village de Lamma. J'ai attribué l’origine de ces calcaires à la présence antérieure de cipolins, ce qui se justifie d’autant mieux que, dans cette région, ceux-ci ont été rencontrés. Il n'est donc pas impossible que le carbonate de chaux ait existé dans cette région. Si cela avait été, on pourrait alors conclure

à l'identité d'origine des enclaves endopolygènes de l'Ariège etde

celles de Lamma.

Page 1