‹ Contribution à l'étude de la géographie physique du DahomeyChapitre 24 sur 276 · MOUSSON · texte numérisé non relu

MOUSSON

La mousson s'établit pour tous les points un peu avant le passage du soleil au zénith sans doute parce que, dès que cet astre est assez haut au-dessus de l'horizon, il échauffe suffisamment le continent pour produire un courant aérien. Pour l'année 1906, à Porto-Novo, la dernière fois qu'a soufflé, le matin, le vent du nord venant contrarier la brise de mer, était le 9 mars ; le lendemain la mousson s'établissait. Pour Niamey, le changement est appréciable avec une grande rigueur. Les vents qui, depuis le début de la méme année, venaient de l'est (est, nord-est, sud-est), soufflent brusquement, le matin, de l'ouest (ouest, nord-ouest, et sud-ouest) dès le 13 avril (1).

1. On pourrait faire cette objection que les vents d'ouest qui soufflent à Niamey ne sont pas nécessairement des vents de mousson, ceux-ci devant venir du sud. Mais il ne faut pas oublier : 4° que nous avons affaire aux indications des

Mais au lieu de cesser après le passage du soleil au zénith, la mousson continue à souffler fort longtemps. D'une part ilest vraisemblable que les masses d'air, en vertu de leur inertie, entretiennent le courant aérien pendant un certain temps. D'autre part il ne faut pas oublier que l'équateur thermique se trouve au nord du Dahomey et que sa présence doit avoir une certaine influence sur le jeu des courants aériens.

On à constaté pour 1906 que les vents d'ouest cessent définitivement à Niamey le 2 novembre. Ceux du nord, qui, à Porto-Novo, indiquent que la mousson est remplacée par un autre courant aérien, sont signalés le matin depuis le 13 du même mois (1).

La valeur de ce vent est plutôt faible, elle est exceptionnellement représentée par le chiffre 3 (assez fort), le plus souvent par le chiffre 1 (faible).

On à vu précédemment que du conflit de la mousson avec les masses aériennes de l'atmosphère, en mouvement ou non, lors de son établissement ou de sa cessation, devaient résulter des ‘orages. Les premiers qui aient été constatés sont : à Porto-Novo, au début de février, mais ils ne deviennent réguliers que depuis mars ; à Niamey, le 18 avril. Les derniers sont, à Porto-Novo, ceux de fin novembre ; à Niamey, ceux du 27 octobre. On remarquera, pour Niamey surtout, avec quelle précision ils cadrent avec les limites de la période de la mousson.

HARMATTAN

Dans toute l'Afrique occidentale, on désigne sous le nom d'harmattan le vent qui, en hiver, souffle de l’intérieur du continent.

girouelles impressionnées par des vents rasant la surface du sol et dont la direction est modifiée localement par le moindre accident de terrain ; 20 qu'a cette lalitude, il y a également des moussons venant d'ouest, et que leur direction peut influencer celle des moussons venant du sud. Ce qu'il faut retenir c'est qu’il va un changement brusque dans la direction des vents et que ce changement dure T mois de suite sans aucune interruption. Ce n'est donc pas une perturbation locale, mais bien un régime nouveau qui s'établit.

4. Pour les vents autres que ceux duS.-W., on ne peut lenir compte, à Porto- Novo, que de ceux qui soufflent le matin, puisque la brise de mer règne loute la journée.

À Porto-Novo, on constate qu'il vient du nord ; à Niamey, qu'il vient de l'est. En réalité, c’est tout simplement la branche de retour du grand courant de retour qui, à l'époque où la mousson ne souffle plus, se trouve à une très basse altitude. A la latitude de Niamey, il conserve sa direction normale. Quant aux régions méridionales de la colonie, elles ont à la même époque une température plus élevée que celles du nord, ce qui détermine un courant inverse de celui de la mousson. Mais au lieu que celui-ci se manifeste d'une facon indépendante, il se confond avec l'harmattan qui est dévié vers le sud. Il est possible aussi que l'harmattan se refléchisse partiellement sur la ligne continue de hauteurs que forme l’Atacora, depuis l'océan jusqu'au Niger.

L'harmattan a soufflé à Porto-Novo, pour 1906, du 1°" janvier au {e" mars, et du 20 novembre au 31 décembre, ce qui fait un peu plus de 3 mois par an. À Niamey, on l’a observé du 1° janvier au 11 avril et du 3 novembre au 31 décembre, soit environ pendant 5 mois. Bien entendu, pendant ces durées, il ne s'agit pas d'un vent qui souffle constamment à la surface du sol, mais il est néanmoins très régulier.

Au contraire des moussons, l'harmattan est un vent extrêmement sec. Dans les points où son action n’est pas neutralisée par des vents locaux humides (brise de mer), il détermine des effets mécaniques puissants (1).

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