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SCHISTES MICACÉS ET FELDSPATHISÉS

Les roches que je désigne sous ce nom se présentent, au milieu du gneiss granitoïde à grands éléments, sous la forme de bandes rectilignes étroites (souvent moins d'un mètre) et ne dépassant généralement pas quelques dizaines de mètres de longueur. Elles sont toujours à grain fin et de couleur très foncée. Elles correspondent aux roches que M. Michel Lévy a décrites sous le nom de schistes micacés feldspathiques (1), aux leptynolites de Cordier et de M. A. Lacroix ; elles représentent certainement des lambeaux de formations sédimentaires, métamorphisées au contact des types éruptifs (2).

Au métamorphisme de contact, qui à atteint une intensité remarquable, sont venues se superposer des actions dynamiques très puissantes. Ces caractères font de ces roches des types très analogues à certains de ceux qui se rencontrent sur la rive gauche de l'Oriège, et dont M. À. Lacroix (3) a donné autrefois la description.

Les actions dynamiques auxquelles ces roches ont été soumi-

4. Michel Lévy. Sur les schistes micacés des environs de Saint Léon (Allier) in Bull. Soc. géol. Fr. 3 série, IX, p. 181 et suiv. Paris, 1881.

2. Bien que la nature originellement sédimentaire ne soit pas douteuse, il est bon de rappeler ici que les assises sédimentaires intactes ne se rencontrent nulle part dans la région.

3. À. Lacroix. Le granite des Pyrénées et ses phénomènes de contact (4er Mémoire) in Bull. Carte géol. n. 64, p. 278. Paris, 1898.

PÉTROGRAPHIE 495

ses, après leur métamorphisme de contact, sont telles qu'il est parfois impossible d'établir quelle pouvait être la nature de la roche originelle.

À l'œil nu, on nedistingue dans ces types pétrographiques, très schisteux, que de la biotite. Au microscope, on voit qu'ils sont constitués par de l’apatite, de l'oligoclase-albite, de l'orthose, de la biotite et du quartz. Certains d’entre eux présentent en outre : les uns, de la magnétite, de l'amphibole et de la micropegmatite ; les autres, de l’ilménite et du sphène (celui-ci pouvant être soit automorphe, soit secondaire). On peut encore y trouver, comme produits secondaires, de l’épidote et de la calcite.

Dans toutes ces roches la biotite est remarquablement abondante."Les lamelles de ce minéral, constamment orientées, entourent souvent les autres éléments. On peut cependant en trouver englobées dans les feldspaths.

Le quartz est, après la biotite, le minéral le plus répandu.

La structure cataclastique atteint dans ces roches une impor-

tance remarquable.

Les schistes micacés de l'Agbado, que je fais rentrer dans le même groupe que les précédents, en sont cependant différents. Ils ne représentent pas des enclaves limitées comme ceux-ci, mais affleurent sur des étendues assez appréciables. En outre une composition minéralogique particulière les caractérise. L'orthose a disparu presque complètement ; par contre, les feldspaths basiques (labrador A4, An,) se présentent en petits grains arrondis, ayant subi des actions dynamiques puissantes (extinction roulantes), Ils sont noyés dans une pâte dont tous les éléments sont alignés parallèlement, et où la biotite domine. On trouve encore un peu de magnétite et du quartz, celui-ci étant rare.

Les schistes de l’'Agbado marquent donc un terme basique, surtout lorsqu'on les compare aux précédents. Il paraît évident qu'ils représentent, eux aussi, des formations sédimentaires modifiées par le métamorphisme de contact.

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