P. Merril, loc. cit
ROCHES CLASTIQUES
Sofi GRES
À la suite des roches d'origine sédimentaire ayant subi des actions métamorphiques, il semble indispensable de faire une place aux grès à ciment siliceux qui se trouvent au contact où à proximité de roches cristallines et qui présentent un aspect très particulier les rapprochant beaucoup des quartzites. C'est notamment le cas pour les grès de Kirtachi, pour ceux situés entre Konkobiri et Logobou (à la source et au passage de la Pendjari, près du gite d'étape) et pour ceux de Tamou.
L'examen microscopique montre que ces roches ont une partie de leur ciment cristallisé à la manière de celui des quartzites et que les grains anciens se sont plus ou moins nourris. A ce point de vue, le grès de Kirtachi est très voisin d'un quartzite et il est souvent malaisé de le différencier. Le grès de Tamou au contraire n'a qu exceptionnellement son ciment cristallisé.
La nature des éléments anciens varie d'une roche à l’autre. Au gite d'étapes de la Pendjari, ce sont, outre le quartz, le microcline, l'oliglase albite et l'amphibole. Ailleurs on trouve surtout de la muscovite.
Les grès de Kirtachi et ceux de la source près de Konkobiri sont en outre sillonnés de veinules de quartz.
Dans la partie relative à la géologie descriptive, j'ai désigné sous le nom de grès vitrifiés dans le Gourma ét dans le Borgou des roches très voisines d'aspect des précédentes. Mais leur ciment n'est pas cristallisé et leur détermination est facile au microscope.
RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS
La description des roches rencontrées au Dahomey montre que les types éruptifs n'offrent pas une grande variété. Les termes de la série acide sont en somme très dominants et parmi ceux de la série basique quelques types assez communs sont seuls représentés.
Les roches microlitiques sont très rares ; elles ne marquent en somme que des accidents exceptionnels, très localisés.
Les points les plus intéressants à retenir sont : pour la famille des granites, l'existence d'un type remarquable, celui de Fita, et la présence du granite à enclaves de Lamma. Il est à noter que la-plupart des roches granitiques signalées ont subi des actions dynamiques puissantes.
Parmi les roches basiques, ,on remarquera que les diorites ne sont pas représentées par des types francs, mais par des roches offrant de grandes affinités avec les termes voisins, dont elles apparaissent en quelque sorte comme des accidents.
Quant aux gabbros et aux diabases, ils forment une série continue dont on retrouve les différents stades notamment dans la région de Mardaga. Le type de gabbro à olivine n'a pas été rencontré. Quant aux diabases, j'ai cru devoir les répartir en trois groupes différents dont le premier marque la continuité de la famille des gabbros ; le second est caractérisé par l'existence de deux temps de cristallisation; enfin le troisième est marqué par les termes de passage vers des schistes cristallins basiques.
La série métamorphique qui, dans cette partie de l'Afrique, à
pris une extension considérable, offre, relativement, une plus grande variété que la série éruptive.
Le premier caractère commun à toutes ces roches est l'intensité des actions dynamiques qu'elles ont subies. Ce caractère est très important, il a modifié si complètement la structure originelle de certains types qu'il a fallu leur faire une place à part dans la nomenclature.
L'exemple le plus frappant est celui du gneiss granitoïde. Il semble, en effet, que la seule cause qui ait fait de cette roche un type particulier différent du granite porphyroïde est le métamorphisme dynamique. Cette conclusion résulte des faits suivants :
1° On trouve tous les termes de passage depuis le granite porphyroïde (Hogon) jusqu'au gneiss œillé ayant subi le maximum de trituration (Dassas-Zoumé) sans aucun changement notable dans la constitution minéralogique.
2° Tous les termes de cette série se trouvent en continuité sur le terrain.
3 Au contact avec les massifs éruptifs postérieurs, où les actions dynamiques sont plus développées, il n'y a pas de modifications dans la constitution minéralogique.
La première de ces raisons m'a en outre servi d'argument pour ranger ces gneiss parmi les roches éruptives (orthogneiss de M. Rosenbusch). Cette manière de voir reçoit encore une confirmation par ce fait que les gneiss granitoïdes occupent, sans variation de constitution, une surface considérable (en latitude ils s'étendent sur plus de 300 kilomètres, en longitude ils dépassent les limites de la colonie) et qu'ils contiennent des enclaves, assez nombreuses, de roches schisteuses d’origine nettement sédimentaire. Malgré leur caractère de roches éruptives, il y a cependant lieu, au moins pour le moment, de les distinguer des roches qu'au cours de la description géologique j'ai désignées comme granites, lesquelles ont uné structure bien différente et qui leur sont nettement postérieures (1).
De même que dans les roches acides on trouve toute une série
1. Le gneiss granitoïde à amphibole de Baffo, est évidemment à rapporter, lui aussi, au type éruptif.
PÉTROGRAPHIE - 505
continue qui va du granite normal au gneiss le plus écrasé, on possède également dans la série basique des schistes cristallins (schistes amphiboliques) qui se rattachent étroitement aux diabases — exceptionnellement aux diorites — dont elles dérivent. On à ainsi notamment une série très intéressante dont les termes principaux sont : gabbro, diabase ayant subi des actions mécaniques, schiste amphibolique, tous d'origine éruptive.
Je range également parmi les roches d’origine éruptive les gneiss amphiboliques et pyroxéniques dont la forme intacte à été rencontrée à Caboua.
En dehors de ces roches, il est évident que certains gneiss granulitiques, probablement ceux du premier et du second type, sont d'origine éruptive. Il en est de même de certains gneiss amphiboliques : ceux de la région de Mardaga, notamment.
En ce qui concerne les gneiss acides à pyroxène, je n'ai aucun élément — résultant soit de l'étude sur le terrain, soit de l'examen microscopique —, permettant de me faire une opinion.
Quant aux autres roches métamorphiques signalées, je leur attribue une origine sédimentaire. Leurs caractères minéralogiques particuliers sont dus à des phénomènes de contact de l’ordre de ceux si bien mis en évidence par M. Michel Lévy (1).
Cette opinion est à la fois basée sur la constitution minéralogique, sur la structure, et aussi sur ce fait que toutes ces roches occupent des surfaces très limitées el varient de constitution d'un point à un autre.
Les gneiss plissés ou feuilletés paraissent les plus anciens. Il est fort possible qu'ils correspondent à l’archéen, ce terme étant pris ici comme synonyme de formation sédimentaire la plus ancienne.
Les gneiss à scapolite, les gneiss (granulitiques où non) passant aux quartzites, certains gneiss amphiboliques, les schistes micacés fedspathisés sont aussi, sans aucun doute, d'origine sédimentaire.
1. Michel Lévy. -— Sur les schistes micacés des environs de St-Léon (Allier) in Bull. Soc. Géol. Fr. 3° série, IX, p. 181 et suiv. Paris, 1881. — Contribution à l'étude du granite de Flamenville et des granites français en general in Bull. des services de la carte géol. de la France n0 36, V, pp. 18 et suiv. Paris, 1893.
Mais étant données les conditions dans lesquelles ils se présentent sur le terrain, il n’est pas possible d'émettre une opinion sur leur âge probable. Il faut, au moins provisoirement, les ranger parmi les types de la série y.
Toutes les roches dont il vient d’être question immédiatement correspondent donc à ce que M. Rosenbusch a qualifié de paragnelss.
Quant aux micaschistes, aux quartzites, aux cipolins et aux grès métamorphiques, d'une manière générale, on est en droit d'admettre que leur ordre de superposition est celui-là même de leur énumération.
Les différences qui ont été introduites entre les divers termes pétrographiques, et qui étaient indispensables pour la description, ne sont pas toujours très nettes. On a vu que plusieurs séries étaient caractérisées par la continuité remarquable des différents termes. Mais on trouve aussi des stades de passage entre deux séries voisines dont les types caractéristiques sont cependant très distincts. Cette particularité, jointe aux modifications apportées aux roches originelles par les actions dynamiques, vient encore compliquer l'étude de la pétrographie des régions parcourues. La difficulté d'accès de territoires très vastés sera, pendant longtemps encore, un nouvel obstacle au développemeut rapide de nos connaissances dans cet ordre de recherches scientifiques.
MINERALOGIE PROPREMENT DITE