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PHÉNOMÈNES DE DÉFLATION
L'action érosive de l'atmosphère est des plus affaiblies au Dahomey. Du reste, les eaux sont la cause de phénomènes tellement importants qu'ils viennent presque toujours masquer ceux dus à l’action des vents. Qu'on compare en effet la manière d'agir des vents, purement mécanique, et celle des eaux, à la fois mécanique et chimique. Tandis que les vents burinent lentement les seules faces voisines de la normale à leur direction, les eaux s'insinuent dans les moindres fissures, dissolvent les éléments de la surface, décomposent ceux de la profondeur, désagrègentdes blocs énormes et du même coup entraînent, avec une force irrésistible, les matériaux qu'elles rencontrent. De plus, le vent sec, qui est seul capable d'actions érosives notables, ne souffle que pendant quelques mois par an. Il faut remarquer enfin que le pays est couvert de végétation (ce qui exclut la possibilité pour le vent de rencontrer des « outils » d’érosion) et qu'il est essentiellement composé de roches riches en quartz (granites, gneiss, quartzites), sur lesquelles l’action éolienne est très limitée. Aussi l'on comprend que le Dahomey soit un des pays où cette action laisse forcément le moins de traces.
On peut tout au plus lui attribuer, dans le nord, les effets de corrosion de certains grès ferrugineux très meubles (à Bossia notamment) et le déchiquetage du conglomérat ferrugineux en petites cellules (dentelles de pierre), comme au voisinage de Niamey.
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PHÉNOMEÈNES DE TRANSPORT
En ce qui concerne les phénomènes de transport, les vents agissent de deux manières : soit qu'ils déplacent simplement les sables de proche en proche, soit qu'ils les transportent directement à des distances considérables, comme c'est le cas pour l'harmattan. Ce vent, nous l'avons vu, soulève des particules très fines, qui, en raison de leur légèreté, demeurent très longtemps en suspension dans l'air, à une grande hauteur, pour ne retomber qu'à des distances de plusieurs milliers de kilomètres. Mais ces matériaux n'apportent aucune modification appréciable au modelé de la colonie.
L’intensité du vent qui fait cheminer les sables sur le sol est très variable. Sur le bord de la mer, à la Bouche du Roi, près Grand-Popo, la brise de mer est normalement suffisante pour qu'un trou de 0 m. 30 de profondeur sur 10 cm. de diamètre soit comblé par le sable marin en une heure environ. Dans le nord, le vent est beaucoup moins fort, souvent même nul : mais, dans les moments de tornade, il atteint une violence inouïe. Il soulève alors de véritables nuages de sable qui obscurcissent complètement l'horizon et laissent, après leur passage, un dépôt de plusieurs millimètres.