Inclusion épendymaire
Voir aussi figures 63 et 64.
F1G. 21. — Coupe de la région épiphysaire d’un fœtus d’agneau de 3 mois, montrant le caractère nettement individualisé de l'appareil pinéal, et notamment du pédicule qui s'arrête brusquement, en coupe nette, dans la substance nerveuse. C’est le cas général.
1, Couches optiques.
2, Corps pinéal. Es 3, Terminaison du pédicule dans la substance nerveuse.
les faces latérales. Chez le Porc où cette disposition existe également, les veines sont logées dans de profondes scissures. Dans les deux espèces, l’épiphyse est solidement encapuchonnée par le confluent des vaisseaux, et on comprend l’opinion de GALIEN (1) qui en faisait un tampon consolidant les carrefours vasculaires et qui combattait l’idée qu’elle pouvait être un portier ou une soupape de l’aqueduc de SYLVIUS, puisque dans de tels cas elle est complètement immobilisée.
F1G. 22, — Pinéale de Nandinia binotata montrant la grande profondeur que peut atteindre le récessus pinéal, et ses rapports avec l’aqueduc de Sylvius.
1, Freins.
2, Corps pinéal.
3, Récessus pinéal.
4, Pédicule ou pièce intercalaire (s’épaississant considérablement en arrière). 5, Aqueduc de Sylvius.
Si on tire un peu sur la veine, tout vient, tant les attaches propres à la glande sont précaires. Il en est de même si on tire sur les méninges avec lesquelles les vaisseaux contractent de solides rapports.
Les freins se prolongent sur les couches optiques de chaque côté d’un profond sillon.
La pinéale du Putois est souvent pigmentée: celle du Furet est semblable mais plus petite.
(1) V. Historique.
RS je
‘ Si nous examinons maintenant une autre espèce de mustélidé,
une Genette, la Nandinie à deux marques (1), nous trouvons qu’au lieu d’être du type porcin, son épiphyse est plutôt du type félin, c’est-à-dire sphérique et de petite dimension.
En avant, deux gros bourrelets blanchâtres longent les bords d’une scissure profonde conduisant à l’orifice de l’aqueduc de SYLVIUS, juste au-dessous de la base pinéale; ce sont les freins, qui ne semblent avoir rien de commun avec la glande, bien
F1G. 23 — Pinéale de Nandinia binotata (même pièce). 1, Corps pinéal.
2, Couches optiques.
3, Récessus pinéal.
4, Pédicule ou pièce intercalaire.
5, Corps para-pinéal.
Remarquer comment la pièce intercalaire en forme de croissant, s’épaissit de plus en plus dans la masse des tubercules quadrijumeaux sans se confondre avec elle.
qu'ils aïllent vers elle en s’épaississant et qu’ils se terminent à son contact. Sur la ligne de faîte de ces bourrelets naissent deux ailettes minces et festonnées qui vont s’élargissant jusqu’à s’unir aux bords latéraux de la pinéale sur toute sa hauteur.
La glande elle-même, profondément encastrée aux pieds des tubercules quadrijumeaux antérieurs, est blanche, comme légè-
(eu) Nandinia binotata, genette africaine (Congo).
se. =
rement translucide. Elle est à peu près aussi haute que large, et son sommet est légèrement arrondi.
En avant et en bas, elle est comme creusée d’une sorte d’anfractuosité assez profonde, triangulaire, à sommet supérieur. Si on passe derrière elle la pointe d’une aiguille, on peut la ramener en avant sans dommages, et elle reprend d’elle-même sa place dès qu’on la libère (1).
Ca
FiG. 24. — Pinéale de Nandinia binotata (même pièce). 1, Corps pinéal.
2, Couches optiques.
3, Récessus pinéal.
4, Pédicule ou pièce intercalaire.
5, Corps para-pinéal.
On remarquera que le corps para-pinéal adhère par certains points aux couches optiques mais ne se confond jamais avec elles. Remarquer aussi comment la pièce intercalaire en forme de croissant, s’épaissit de plus en plus dans la masse des tubercules quadrijumeaux sans se confondre avec elle.
Ce type de pinéale peut donc être doué d’une certaine mobilité, mais ses dimensions trop réduites lui interdisent le rôle de soupape. On peut en dire autant de l’épiphyse des canidés, à la fois très petite et complètement immobile.
(1) Chez les ue animaux, c’est pistes à l’aide du microscope binoculaire ou d’une forte loupe qu’il est possible de faire une bonne observation de la région épiphysaire.
RE
On retrouve aussi ce type chez le Hérisson (Ærinaceus Europeus). Ici, la pinéale, toute petite, est légèrement gaufrée, encastrée entre les tubercules quadrijumeaux antérieurs. Les freins sont volumineux, leur commissure se trouve très en avant de la glande et ne la touche nullement; elle en est séparée par une petite dépression très nette,
Fi. 25. — Glande pinéale du Kinkajou (Cercoleptes caudivolvulus D 1, Sommet de la glande.
2, Tubercules quadrijumeaux antérieurs.
3, Pédicule.
4, Récessus pinéal.
5, Freins.
L’étranglement de la glande correspond à une crypte profonde qui occupe sa face antérieure sur les deux tiers environ de la partie inférieure. - - Remarquer comment la glande se dresse devant les tubereules quadrijumeaux dans une position presque verticale. f À --On a souvent Pimpression que ces freins-sont-uniquement des dépendances des couches optiques sans relations fonctionnelles avec l’épiphyse. RE. 8 5
ie
Chez le Kinkajou (1), se creuse en avant un profond sillon dont le bord supérieur est constitué par le bourrelet des freins, minces et frangés, qui se rejoignent bien avant la base pinéale, et d’où partent deux petits cordons ténus allant jusque sur la pinéale, mais ne s’y insérant pas. La glande est comme plantée verticalement au fond d’une profonde dépression: elle est presque cylindrique, se terminant en cône obtus à son sommet. Sa couleur est blanchâtre avec un fin piqueté pigmentaire.
F1G. 26. — Pinéale de cynocéphale papion, grosse, horizontale, étendue en
arrière.
1, Cervelet.
2, Vestiges méningés et vasculaires.
3, Corps pinéal.
4, Freins.
5, Pédicule.
6, Récessus pinéal.
En avant, toute sa partie inférieure est creusée d’une sorte de grotte très accusée, sur les deux tiers environ de la hauteur totale.
Toute différente encore, est l'épiphyse des Cynocéphales. Nous reproduisons (fig. 26) celle d’un Cynocéphale papion (2) de cinq ans environ. C’est une glande de 20 centigrammes, régulièrement ovoïde, posant bien à plat sur les tubercules quadrijumeaux et atteignant presque le cervelet par son sommet. :
CRE LE TES er ne eee le ee ee - VU
(1) Cercoleptes caudivolvulus, petit subursin de l'Amérique chaude. (2) Cynocephalus papio.
To
Elle est solidement maintenue par des vaisseaux et des adhérences choroïdiennes dans lesquelles elle est comme noyée. Deux tout petits freins allongés, très ténus mais bien nets la prolongent sur les couches optiques. La description de GALIEN (1) correspond assez bien à ce type de glande, mais elle pourrait aussi s'adapter à celle des bovidés ou de l’homme.
F1G. 27. — Glande pinéale de Coati. 1, Corps pinéal.
2, Récessus pinéal.
Chez le Coati sociable {Nasua socialis), la pinéale, triangulaire, est profondément encastrée entre les couches optiques et les tubercules quadrijumeaux et semble n’être douée d’aucune mobilité.
(1) V. Chapitre historique.
en