IT. L'ÉVOLUTION
Le parallélisme se continue dans l’évolution de la syphilis chez les conjoints l'apparition des accidents du type secondaire est précoce, chez d’autres, il faut attendre des mois (N°° 24.826, 24.425) et même des années pour les voir surgir.
Et les cas sont nombreux de syphilis passée totalement inaperçue chez les deux sujets, jusqu'au jour où elle se traduit par une localisation que rien n’avait pu faire prévoir sur un viscère ou l'axe nerveux (1).
Mais c’est surtout sur les graphiques qu'on peut suivre
(1) La gravité de syphilis ne réside pas dans le degré d'élévation de l'infection, car celle-ci peut partir d’un foyer de tréponèmes placé dans » les terrains vagues » de l'organisme, sans retentissement chimique ; elle réside dans l'importance fonctionnelle des organes touchés, dont la
destruction peut survivre à la disparition complète de l'infection (par ex. : le tahès).
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cette évolution identique chez les conjoints, bien plus que chniquement et ceci nous amène à parler de
IIT. LA SÉROLOGIE
Ici encore, nous trouvons des identités, plus peut-être que dans les autres chapitres envisagés — les graphiques en font foi. Notons tout de suite les notions que l'on retire de leur lecture.
Voici un cas de syphilis conjugale récente (25.112, 25.147), Gr. 1 et 2 colorimétrique avec positivité maxima à l'échelle de Vernes, soit Ho. Même série d’injections arsenicales intraveineuses reçues régulièrement et bien tolérées. Un mois après la dernière, plus trace de l'infection dans le sérum et pendant de nombreux mois, la réaction donne toujours H,. Au bout d’un certain temps, l'examen du liquide céphalorachidien retiré par ponction lombaire, montre que celui-ci est normal tant du point de vue sérologique (H,) que du point de vue chimique (albumine) et éléments figurés.
Des examens du sérum espacés sur plusieurs années restent négatifs depuis. Une seule série arsenicale bien dirigée a suffi pour éteindre définitivement l'infection : 95 % des malades arrivant à l'institut dans ces conditions, traités suivant le même principe et assidus, arrivent au même résultat : l'extinction de l'infection.
Pour les formes plus anciennes ou plus virulentes, il faut souvent insister, répéter les cures devant les réveils de l'infection et l’on obtient l'issue favorable.
Mêmes constatations pour les N°5 24.026, 27.504, Gr. 3-4 avec cette particularité intéressante que l’homme guéri d’une première syphilis relativement bénigne se réinfecte un mois avant son mariage et contamine sa femme. Ces cas de réinfection ne sont pas rares malgré les avertissements prodigués aux malades, Certains ont guéri leur troisième syphilis.
Mais il est évident qu'un gros effort doit être fait dans le but de détruire ce principe désuet et erroné, mais tenace : à savoir qu'on ne rattrape pas la vérole. SE
En vérité, si on ne contractait pas deux fois la syphilis au temps de maître Fournier, c'est qu'on n'était pas armé pour guérir la première infection.
AT 4 je 2
Voici, au contraire, une forme de syphilis particulièrement tenace et sévère (N° 4.961, 21.045, Gr. 5-6) malheureusement, les exigences du métier du mari l’astreignant à des déplacements longs et lointains où il était suivi de sa femme n'ont pas permis au couple de se soumettre régulièrement aux lois du traitement et de la surveillance ininterrompue jusqu'à guérison confirmée. Peut-être le but serait-il déjà atteint malgré la virulence du tréponème s’il en avait été autrement.
Syphilis de 13 mois quand les malades arrivent à l'Institut, l’homme aurait reçu 18 injections de 606 dans une officine louche, la femme n’a pas été traitée.
Suivons la marche de l'infection : on la voit sous l’influence de traitements répétés se traduire sur le graphique par une série d'oscillations d'amplitude variable pour s'éteindre dans le sang définitivement; mais dernière épreuve de garantie, la ponction lombaire dont on découvre l'intérêt puissant révèle l'existence d'une méningite syphilitique en évolutionquoique parfaitement latente cliniquement. La limite de tolérance des malades aux dérivés arseno-benzoliques étant atteinte, on a recours au traitement bismuthique qui donne si souvent d'excellents résultats en cette occasion.
Plusieurs séries d'injections sous-cutanées profondes ont été faites. Une est encore en cours actuellement, Après quoi, il y aura lieu de faire un nouvel examen du liquide céphalorachidien.
Notons en passant :
1° Que ces malades depuis le jour où ils sont arrivés à l’Institut n’ont présenté aucune manifestation clinique de leur syphilis dont la vitalité ne s’est traduite que par les réactions de laboratoire ;
2° Qu'on ne retrouve chez les époux aucune tare ou intoxication organique pouvant expliquer Îla résistance du tréponème qui les a infectés.
AU DOCTEUR ARTHUR VERNES Directeur de l'Institut Prophylactique
Qui a bien voulu inspirer ce travail après m'avoir fait l'honneur d'accepter une faible contribution à son œuvre immense.
AUX MÉDECINS DE LA CLINIQUE ANNEXE ORDENER DE L'INSTITUT PROPHYLACTIQUE;
Monsieur le Docteur GAUTIER, médecin-chef.
Monsieur le Docteur SIGRE.
Monsieur le Docteur BRETON
Que je remercie de leur bienveillante direction
Je tiens à remercier ici
Monsieur P. UFFOLz, archiviste ;
Monsieur R. BRICQ, chef de laboratoire
de l'Institut Prophylactique
Qui m'ont aidé de leurs précieux conseils.