LE ONE
TEWOOD (1916 et 1919), Calvin SMYTH (1920), LEJARS (1929 également), Léopold ROUSSEAU (thèse Toulouse, 1923-1924), GUTMAN (1926), BERNARDBEIG et DROUET, GUILLEMIN (1928), CHAUVENET et ZENO, LOEPER, de SÈZE et LEROY (1929), PATEL, SENEQUE et LEROY (1), CREYSSEL et ARNULF (1933), FOLLIASSON et HÉRAUD, HUET (1933), DELANOY, MOURE et BARRAYA (1934).
Enfin, nous clôturerons cette longue énumération par l’apport d’une observation inédite qui porte à trente-deux le nombre des cas que nous avons pu relever.
(1) Le sommaire des « Bulletins et Mémoires de la Société de Chirurgie » (1929) mentionne cette observation, mais l'exposé ne s’y trouve nulle part développé.
OBSERVATION INEDITE FOURNIE PAR M. LE D: CUIBAL
Ch. V.., a été admis, à l’âge de 74 ans, dans le service de M. le Docteur AUBRY, à l’Asile Public d’Aliénés de Maréville, pour tentative de suicide.
L'examen médical pratiqué, le 8 mai 1930, a révélé la coexistence d’une hernie inguinale double et d’une hernie siégeant à quelques centimètres au-dessus de l’ombilic, à gauche de la ligne médiane, et dont le volume est celui d’une mandarine.
Interrogé à ce sujet, V... a déclaré que ses hernies inguinales ne le gênaient nullement. Quant à la tumeur de la région épigastrique, elle est apparue depuis vingt-cinq ans environ, dans des circonstances que nous n'avons pu parvenir à faire préciser.
Cette dernière hernie, depuis quelques années et à plusieurs reprises, est devenue le siège de crises douloureuses s’accompagnant de troubles digestifs, en particulier de vomissements et de constipation passagère. Notre malade, d’abord inquiété par ces accidents, à peu à peu appris à rentrer sa hernie devenue plus volumineuse au cours de ces syndrômes douloureux, et alors tout rentrait dans l’ordre pour quelque temps.
Cependant, au cours de l’année 1933, des incidents du même ordre se sont renouvelés au point d'amener V.. à demander la cure radicale de sa hernie. La nécessité d’une intervention fut néanmoins rejetée : le grand âge du malade et son état général déficient assombrissaient par trop le pronostic d’une opération dont l’urgence ne se faisait nullement sentir. A | | 2e
Mais, le 30 décembre de cette même année, une nouvelle
ne Mu
crise d’engouement survient qui, dès le début, paraît prendre té degré de gravité anormal : V.. éprouve brusquement une violente douleur au niveau de l'épigastre, accompagnée de vomissements alimentaires abondants. Il y a, dès ce moment, arrêt complet des matières et des gaz. La hernie est devenue subitement volumineuse, tendue, et tous les moyens employés iusqu'ici avec succès pour la réintégrer dans l'abdomen restent vains. Les vomissements se succèdent et deviennent bilieux. L'état général s’altère et devient rapidement précaire chez ce vieillard de soixante-dix-sept ans. L’interne de garde, mandé quarante-huit heures seulement après le début des accidents, diagnostique facilement l’étranglement herniaire, L'intervention d'urgence est alors décidée.
Éxamen préparatoire :
Le malade présente un très mauvais état général ; il est presque adynamique. Son pouls bat à 100. Sa température est de 38°7. Le facies est terreux, presque péritonéal ; les yeux excavés ; la langue sèche, rapeuse, recouverte d’un enduit fétide et brunâtre. Au niveau de l’abdomen, on constate l'existence d’une grosse tuméfaction à siège sus-ombilical, occupant le tiers inférieur de la ligne blanche. Son volume est celui d’une grosse orange.
L’ombilic est refoulé à la partie inférieure de cette tuméfaction. |
La peau est tendue, lisse, violacée. La palpation donne une impression de rénitence régulière ; elle ne détermine aucun gargouillement, et la tumeur est totalement irréductible. A la percussion, cette dernière donne une matité totale.
Le pédicule de la tuméfaction herniaire est difficilement perceptible ; cependant, l’ombilic l’est encore sur la partie inférieure de la tumeur, indiquant par conséquent qu'il s’agit d'une lésion sus-jacente, d’une hernie sus-ombilicale de la ligne blanche, d’une hernie épigastrique de calibre tout à fait anormal.
RE Ti EE
Intervention : (Opérateur: Docteur GUIBAL ; aide : PASSE- BOIS, interne des Asiles).
Anesthésie locale à la scurocaïne à 1 %. Incision transversale circon$crivant la tumeur comme pour aborder une hernie ombilicale, Section de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané jusqu’à l’aponévrose. On coupe le tractus ombilical, et on libère le pédicule du sac herniaire situé à trois centimetres au-dessus de l’ombilic ; ce pédicule est nettement limité par un oritice fibreux constitué par l’aponévrose ; ses dimensions sont de trois centimètres sur deux centimètres environ. Débridement de cet anneau fibreux. Libération du sac constitué uniquement par un feuillet péritonéal dans lequel on ne retrouve pas le ligament rond. Incision du sac herniaire : il s'écoule à peu près 150 cc. de liquide hématique trouble et létide ; on aperçoit une anse grêle, de teinte noirâtre, de quarante centimètres de longueur ; Son méso est épaissi, infiltré, ecchymotique. Après arrosage au sérum physiologique chaud, l’anse intestinale redevient rouge, s’assouplit, en particulier au niveau de la limite de l’étranglement. On décide de la réintégrer dans la cavité abdominale. Fermeture du collet péritonéal au catgut en bourse.
L’aponévrose est suturée transversalement à l’aide de quatre crins en « U ». Cette suture est renforcée par quelques points de catgut. Fermeture de la peau aux crins. Un drain est placé à chaque extrémité de l’incision. Injection de 500 cc. de sérum physiologique.
Le lendemain de l'intervention, l’état général est satisfaisant, les vomissements ont cessé, les gaz circulent.
Le malade émet spontanément une selle quarante-huit heures après l’opération. Sa température est deveñue normale après trois jours. Le pouls se rétablit rapidement.
Lever au dixième jour.
Guérison sans aucune complication post-opératoire.