OBSERVATION V (PERSONNELLE
(Recueillie au service de M. le Professeur Bernheim.)
Rhumatisme articulaire subaigu.
René S..,17 ans, charpentier, entre au service le 11 juillet 1895, malade depuis 5 jours. L'’affection débute par de la céphalalgie et de la fièvre, puis les genoux et les poignets deviennent sensibles. Pas de battements de cœur. Le malade a déjà eu antérieurement deux attaques de rhumatisme.
11 juillet. — Etat actuel. Constitution bonne. Les articulations métacarpo-phalangiennes, le poignet et le coude gauches sont douloureux à la pression et pendant les mouvements. Douleurs dans le genou et le cou de pied gauches. Appareil respiratoire normal.
Souffle au 1 temps à l’auscultation du cœur.
Langue sale, ventre ballonné. |
T. matin 400 9, soir 88° 8. P. 88,
Urines : D 1022, pas d’albumine.
À partir de son entrée, jusqu’à l’époque où nous avons employé la lactophénine, c’est-à-dire jusqu’au 5 août, le malade à été traité par le salicylate de soude, l’antipyrine et la phénacétine. Tous ces médicaments ont produit les
mêmes effets antithermiques et analgésiques, mais n’ont pu guérir le malade, qui à eu une série d'accès aigus de rhumatisme dans diverses articulations.
2 août. — Le malade ne présente plus que quelques douleurs légères dans le poignet gauche. Temp. 37° 8.
Le lendemain, le genou gauche, la nuque, les poignets sont repris. Temp. 37° 6. On ordonne 0 gr. 50 de lactophénine.
4 août. — Les douleurs persistent. Le malade a eu des sueurs profuses comme ce:les que produisait la phénacétine.
Même traitement. Temp. le soir : 380 6; P. G6.
5 août. Même état.
6 août. — Douleurs moindres. Peu de sueurs. Temp.38° ; P. 68. Lactophénine 0 gr. 50 par cachet : Cachets n° 4.
7 août. — Plus de douleurs ni de sueursla nuit. Sommeil calme. Quelques éblouissements. Douleurs stomacales dans l’après-diner dues au rhumatisme.
8 août. — Le malade se trouve bien, mais rapporte ses douleurs stomacales au médicament, que nous supprimons.
9 août. — Le malade est repris de douleurs violentes dans
les poignets, les muscles des gouttières vertébrales et la nuque. Crises gastralgiques. Il réclame un traitement. On lui rend ? gr. de lactophénine. Temp. 38° 4. P. 68.
10 août.— Mieux considérable. Sommeil calme, précédé d’un peu d’excitation.
11 août. — Même état.
12 août. — Un peu d’angine. Genou gauche plus doulou- ‘reux.
18 août. — Le malade a continué le traitement, mais à doses variables suivant l’intensité des douleurs. Il peut se lever.
23 août. — Le mieux persiste.
24 août. — Le malade est repris dans le poignet gauche.