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premier, celui des Phénols : l'acide phénique, les dihydroxybenzols, le thymol, le gaïacol, le naphtol et l’asaprol, qui sont surtout des antiseptiques, détruisent soit les microbes, soit leurs toxines, agissent fortement comme poisons cellulaires, sont peu analgésiques, ont une action antithermique sérieuse, mais avec des phénomènes secondaires graves : Si plusieurs d’entre eux sont moins nocifs, c’est grâce à leur insolubilité.
Le deuxième groupe est celui des acides aromatiques, comprenant : l'acide salicylique, les acides benzoïque, anisique, paracrésotinique, le salol, le bétol, les acides dithiosalicylique, diiodosalicylique, sulfosalicylique. L'action antiseptique de ces corps est prononcée, mais ils agissent encore sur le protoplasma vivant, du moins à doses fortes. Leur pouvoir analgésique n’est bien marqué que pour le rhumatisme, et l’action antithermique exige des doses fortes. Ils provoquent des phénomènes secondaires, sinon graves, du moins génants: sueurs, bourdonnements d'oreille etc., mais ont le grand avantage d’être des dépurateurs de l’organisme, quand les reins ne sont pas altérés.
La lactophénine appartient au troisième groupe: celui des anilides, où M. Schmitt fait rentrer l’aniline, l’acétanilide ou antifébrine, la méthylacétanilide ou exalgine, la méthylformanilide etc. etc. les toluides, la phénacétine, la méthacétine et ses homologues supérieurs, le phénocolle, l’uréthane,
Dares
le salophène, la malacine etc. etc., qu’il range tous sous le nom d’amidophénols.
Ces corps se décomposeraient ‘ous, en effet, par oxydation et donneraient dans l’organisme de l’amido-phénol ou des composés très simples de ce corps, qui s’éliminent à l’état d’acides sulfoconjugués. Cette oxydation expliquerait l’action nocive de ces médicaments sur le sang: le paraamidophénol étant, du reste, un toxique du sang, les corps qui se dédoubleraient d'emblée en composés plus simples auraient une action nocive moindre que ceux qui, dans leurs transformations successives, passeraient par l’état de paraamidophénol. — Celui-ci provoque, chez l’homme, une chûte thermique rapide, mais fugace, avec sueurs, parfois des frissons, de la cyanose et de l’hémoglobinurie ; c’est l'inconvénient de presque tous les médicaments de ce groupe dont l’action analgésique est cependant très nette.
L'effet des agents chimiques du groupe des anilides variera donc avec leur facilité de décomposition dans l’organisme et la vitesse de leur absorption, qu’il s’agisse de leur effet utile, tout comme de leur effet nuisible.
4 Le groupe de la phénylhydrazine, qui chimiquement se rapproche de l’aniline, renferme des corps se transformant aussi en partie dans l’organisme en amidophénol. Mais ces composés agissent, comme les nitrites, sur le globule sanguin et par suite ne peuvent être employés.
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Le 5° groupe comprend la quinoline et ses dérivés, composés surtout d’après des vues théoriques et par l’association de radicaux, à propriétés plus ou moins bien définies : ils n’ont pas fourni à la thérapeutique de médicament sur lequel on puisse compter.
Le groupe du pyrrol dont le représentant le plus sérieux est l’antipyrine,aeu plus de succès. Ce dernier médicament n’a pu être détrôné encore par ses dérivés, la salipyrine, la tolypyrine, le tolysal etc. C’est lui qui est encore, en somme, le meilleur de nos antithermiques analzésiques, sauf dans quelques cas particuliers.
Il est cependant impossible aujourd’hui encore de formuler une loi définitive de relation entre la constitution chimique et les propriétés physiologiqueset thérapeutiques des médicaments, aussi, quoiqu’on püt prévoir en grande partie, rien que d’après sa formule et sa composition,les avantages et les inconvénients de la lactophénine, nous devions essayer de contrôler par lexpérimentation et la clinique, les résultats obtenus avant nous par M. Landowsky, dans le service de Proust, à Paris, par V. Jaksh, par A. Jacquet et enfin par H. Strauss qui l’ont employée simultanément et en ont apprécié diversement les effets, soit comme antithermique, soit comme analgésique ou enfin comme hypnotique.
Il nous a paru préférable de rapprocher les résultats obtenus par ces différents cliniciens, des
observations que nous avons pu faire nous-même, aussi n’avons-nous pas cru devoir développer ici l'historique de ce médicament dont la découverte est d’ailleurs toute récente.
Nous avons divisé notre travail en cinq chapitres : Dans le premier, nous avons donné les propriétés physiques et chimiques, les réactions d'identité du médicament, que nous avons répétées au laboratoire ; nous avons fait ensuite une courte étude physiologique, nous arrêtant surtout sur le pouvoir antithermique, l’action sur le sang et le système nerveux.
Le troisième chapitre comprendra un aperçu clinique et quelques observations; il sera divisé suivant les indications que peut présenter l’emploi du médicament, indications tirées de son action physiologique. -
Dans le chapitre suivant, nous exprimerons, si possible, son action et nous résumerons ses avantages ct ses inconvénients. Nous terminerons enfin par quelques conclusions ressortant de l'ensemble de notre travail.
Nous aurions souhaité comparer la lactophénine aux principaux antithermiques analgésiques employés en thérapeutique, malheureusement le nombre d'observations sur lequel nous pourrions baser nos conclusions serait trop faible certainement pour leur donner un poids suffisant, qui serait encore diminué par une expérience clinique {trop courte. Si donc, il nous arrive, dans le