EXAMEN DES TRAVAUX PUBLIÉS
Lorsqu'on parcourt la littérature relative à l'action de la lumière sur les protéines, on est frappé de l’analogie qui existe avec l’action de la chaleur (1) sur les protides desséchés ou en solution.
WooDMANSEY (2) a étudié comparativement l’action de la chaleur sèche et de la chaleur humide sur la laine.
HRErMmaANx (3) a observé qu'un tissu de laine exposé à
() Voir « Bibliographie » dans BLaNcHerIèrE® (loc.-cit.).
(2) WoopMansEey. J. of Soc. Dyers and Col., t. xxx1v, n° 11, p. 227-232 (1918).
(3) HeerManx. Ch. Zeitq, t. xxxxXVIIx, p. 837 (1924).
la lumière solaire perd graduellement son toucher caraciéristique et prend l’aspect élimé d’un vêtement longtemps porté. Avec la plupart des auteurs, il rapporte aux rayons Ce faible longueur d’onde du spectre solaire, c’est-à-dire aux radiations ultra-violettes, le principal de cette action. Un tissu exposé sous une plaque de verre ordinaire; qui arrête ces dernières radiations, ne subit que da faibles dommages.
L'action est évidemment d'autant plus accusée que la surface insolée est plus grande; les laines fines seront donc les laines les plus sensibles.
La laine insolée devient plus soluble dans les alcalis, même très dilués et très faibles, comme CO? Na?; NH4 OH.
Becxe (1) a proposé de suivre l’altération provoquée par l’insolation par dosage colorimétrique des produits biurétiques (1 b2s) passant en solution légèrement alcaline. SAUER (2), de son côté, emploie la détermination de l’azote passant en solution dans une liqueur alcaline d’eau oxygénée dans des conditions bien déterminées.
WoopMansEx (loc.-cit.) signale que la laine devient plus soluble dans l’eau distillée. Von BERGEX (3) utilise cette propriété pour la mesure de son « chiffre de solubilité » ; il désigne ainsi le pourcentage de la laine qui passe en solution dans cinquante fois son poids d’eau distillée, chauffée deux heures au bain-marie, à une température voisine de 95°. Par emploi de l’eau distillée, il exclut la
(1) Beoxx. Lehnes Fäàrb. Zeitg, fase. 8, p. 45 (1919).
(1%) Voir Gezmo-Surpa. Thèse ExceLer, p. 17, et KerTesz, Fürb. Zeitq, fase. 12 (1919).
(2) Sauer, Z. f. angew. Chem., p. 424 (1916).
(3) W. von Beraex. Mell, Textilb., p. 77-123 (1998), et Mell. Teætilb. (octobre 1925).
Voir aussi:
Enrar. Bull, Soc. Encouragement, p. 167 (1920).
possibilité des réactions secondaires, dues à l’alcali, qui peuvent se produire dans les méthodes précédentes.
L’insolation fait disparaître l’eélasticum d’'ALLWORDEN, comme WANTIG l’a montré.
Léo ViGxox (1), s'appuyant sur des mesures de résistance à la rupture, conclut que, par insolation, les fibres végétales perdaïent plus vite leur résistance que les fibres'animales, peut-être, parce que l’hydrolyse est plus facile sur les premières ; mais les fibres animales subissent néanmoins une altération marquée, un abaissement considérable de leurs qualités physiques, ainsi qu’il ressort des expériences de nombreux savants, particulièrement W 4xmiG (2), Kaprr (3), KerTesz (4), W. BERGEN et ENGe- LER (9).
KerTESZ signale que les laines chromées sont plus résistantes que les laines non traitées; qu'en général, une laine teinte résiste mieux qu’une laine non teinte et qu'une laine naturellement colorée subit des dommages moins prononcés qu’une laine blanche.
Il y a là, vraisemblablement, un phénomène de protection (6). Les matières colorantes naturelles (pigments) ou artificielles, agissent à la façon des antioxygènes de SEYEwerz et SISLEY, des polyphénols de GiILLET et Gior, antioxygènes dont l’emploi et la théorie ont été magistralement étendus, dans ces dernières années, par les recherches de Moureu et DUFRAISSE. :
(1) Léo Vrcenon. C. R., t. czxx, p. 1322 (1920).
(2) Wawric. Melliand Textilberichte, p. 586 (1923).
(3) Karrr, Fürb. Zeitq, p. 273 (1919) ; Textub., t. 1v, n° 4, p. 181- 188 (1923).
* (4) Kerresz, Z. ang. Chem., p. 168 (1919); Färb. Zeitq, I (1920).
(5) W. Bercen-ExceLer. Thèse de A, Encerer, Zurich, 1925, n° 412, p. 49, note 1.
(6) Action protectrice du Suint, WaenriG, C. 4, 285 (1921).
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GizLer (1) représente le processus d’altération des laines teintes, à l’aide du schéma suivant :
laine (soie, coton) + O? + lumière —> ozonide ozonide + eau —> laine oxydée + H? 0°
mat. color. + H? O0? > couleur dégradée
La lumière étant sans action dans le vide sec, l’eau joue donc un rôle prépondérant.
Dans tous ses états, la laine est sensible à la lumière. Les accidents de teinture, provoqués sur des tissus ayant subi cette action auparavant, sont bien connus des praticiens (2). C’est ainsi que les teinturiers français disent que l’étoffe a reçu une « frappure d’air ». Les teinturiers allemands parlent des propriétés tinctoriales particulières de la laine dégradée, passée (Verchossener Wolle) : tous savent les difficultés qu'il y a à unir des nuances sur de tels tissus, difficultés qu’ils sont obligés de tourner par des traitements préliminaires à la teinture (chlorage, par exemple).
La laine est, cependant, plus particulièrement sensible à la lumière lorsqu'elle a été préparée en acide, comme le cas se présente, notamment, lors de l'opération industrielle du carbonisage (3), (4).
WoopMANSEY (d) prétend que les colorants acides tirent plus sur laine insolée que sur laine non insolée et inversement pour les colorants basiques. W. von BERGEx (6) n'est pas de cet avis.
(1) -Ginzar. Voir p. ex. 1, 1. B. 4. t"1r, p. 477 (1993).
(2) Lompner. Cité par W. BERG et Lacacmm® (3), Mel. Texætilb. (octobre 1925).
(3) Lacaome. 7. I. B. A\., t. x, p. 911 (41995).
(4) -GRax TU NBA. tr, p271K (1926).
(5) et (6) Loc.-cit.
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Wacxer (1) dit que les laines insolées possèdent, après teinture en bain salin neutre, un toucher rugueux comme si elles avaient été traitées par de la soude ; ce qui prouve que leur surface a été transformée en une substance soluble. Ce phénomène est plus net avec une matière colorante renfermant des traces d’alcalis et n'apparaît pas par teinture en bain acide, l’acide agissant comme coagulant et empêchant ainsi la solubilisation de la laine amorcée par la lumière, Nous avons observé ce toucher rugueux particulièrement dans la teinture avec des colorants de cuve, c’est-à-dire en milieu légèrement alcalin ; mais nous avons constaté également que, contrairement à l’avis de la plupart des auteurs, les portions insolées ne se teignent pas toujours en nuances plus foncées. Ce fait est d'accord avec les observations de V. BERGEN; nous verrons toutefois qu'à ce sujet nos conclusions ne sont pas conformes à celles de ce chimiste.
Von BERGEN attribue au fait que les pointes de laine reçoivent plus de lumière que le corps de la fibre, les différences d’affñinité tinctoriale existant entre ces deux parties.
Cette cause est certaine, mais non seule responsable et nous pensons que l’âge de la fibre de laine influe sur ses propriétés chimiques et physiques, donc sur son affinité tinctoriale, comme l’âge d’une cellulose, par exemple, en conditionne les propriétés (ScHWALBE).
Cette manière de voir pourrait gagner en vraisemblance, si on rappelle que, dans les conceptions modernes sur les protides et les hydrates de carbone, on envisage une structure analogue pour ces deux classes de produits (2). En
(1) Wacxer. Fürb. Zeitq, t. xxxr, p. 52-53 (1920); C'. B., t. xx, p. 673 (1920).
(2) BerGManx. Uber den Hochmolekular Zustand von Kohlenhydrate und Proteine ; Zeit. f. angew. Chemie, p. 1141 (10 dcembre 1925).
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fait, on aurait des juxtapositions d’anhydrides de sucres, d’un côté, d’amino-acides, de l’autre; les liens entre deux moellons consécutifs étant constitués par des valences secondaires.