‹ Contribution à l'étude de la laineChapitre 30 sur 61 · LT RIES · texte numérisé non relu

LT RIES

- On ne peut guère fournir d'explications à ces changements survenus dans l’affinité tinctoriale, attendu que le phénomène de la teinture est loin d’être élucidé.

Il semble toutefois que l’abaissement de tension superficielle de contact et le pouvoir réducteur de la fibre jouent des rôles importants.

En effet, l’abaissement de la tension superficielle se traduit par une rapide pénétration de la matière colorante, favorable à la teinture.

Si, d'autre part, on fait précéder la teinture d’un tissu partiellement insolé d’un traitement oxydant (eau oxygénée, permanganate léger, hypochlorite), les différences de nuances entre les parties insolées et les parties non insolées s’estompent et disparaissent dans de nombreux cas ; on sait que les teinturiers procèdent souvent à un chlorage des objets de laine déjà portés, lorsqu'on leur demande de les reteindre (1).

Si l’on traite un tissu de laine partiellement insolé dans un bain de mordançage au bichromate, la partie insolée fixe et réduit rapidement l'acide chromique; c’est pourquoi toutes les matières colorantes à mordants monteront plus sur les parties insolées que sur les portions non insolées. |

Nous avons essayé de voir s’il existait une relation entre la constitution du colorant et san aptitude à monter plus (ou moins, suivant les cas) sur les parties insolées que sur les parties non insolées.

Nous avons choisi comme matière première, une serge fine d'excellente qualité, bien neutralisée par des lavages prolongés à l’eau distillée pure et ne renfermant que 0,1 à 0,15 % de cendres.

(1) Cf. Textile Institute, p. 367 A (1926).

Nous avons découpé ce tissu en bandes de 20 centimètres de long sur 6 centimètres de large, pesant environ ? gr. 5 et nous avons soumis la moitié d’une face seulement à l’insolation.

Nous avons prélevé ensuite un certain nombre de matières colorantes pures dans chaque classe et procédé à la teinture des échantillons.

Ce travail était déjà fort avancé lorsque von BERGEN publia ses résultats sur le même sujet. |

À la vérité, les techniques suivies n’ont pas été identiques puisque ce chimiste a employé, comme source lumineuse, le soleil et que nous avons eu recours à la lampe à vapeur de mercure.

Nos expériences confirment pleinement celles de von BERGEX sur l'influence de la durée de l’insolation et du procédé de teinture (bain salin, neutre, acide, alcalin).

Nous avons trouvé que la plupart des matières colorantes se fixent plus vite et en quantité plus grande sur la face insolée, ce que nous exprimerons simplement en disant que ces matières colorantes présentent une absorption positive; mais nous avons constaté que certaines autres, en nombre restreint, présentent une absorption négative.

Nos propres essais ne s'accordent pas toujours avec ceux de von BERGEN sur le caractère positif ou négatif d’une matière colorante déterminée.

La règle proposée par von BERGEN suivant laquelle le nombre relatif des groupes aminés basiques et sulfoniques acides suffit à déterminer l’absorption positive ou négative d’une matière colorante, nous semble comporter trop d’exceptions pour être retenue.

Les nombreuses contradictions proviennent certainement plus d’une différence dans les matières premières que d’une

différence dans le mode d’insolation. Ce dernier facteur peut entraîner des différences dans l'intensité de l’action et, le premier, des différences dans la nature même de ces actions.

IT est permis de supposer que la nature et la quantité des impuretés minérales. jouent un grand rôle. Peu d’auteurs ont porté leur attention sur ce point.

La réaction de la fibre, au moment de l’insolation, a une influence prépondérante. Nous avons vérifié expérimentalement que la différence d’affinité tinctoriale entre les portions insolées d’une part, non insolées d’autre part, était d'autant plus grande que l’acidité de l’échantillon était elle-même plus grande au moment de l'expérience.

Lorsque les différences sont faibles, on peut les augmenter et rendre ainsi l'observation plus facile en procédant à un quinonage (0,5 à 1 %) avec la parabenzoquinone ou son dérivé sulfonique, après l’insolation et avant la teinture.

De même, dans le cas des colorants acides, qui sont les plus employés sur laine, la différence est d'autant plus accusée que le bain de teinture est plus acide. Ce qui explique que, si après insolation on épuise la laine à l’eau distillée chaude, on voit la différence des nuances décroitre, mais sans s’annuler.

Nous donnons ci-dessous les résultats que nous avons obtenus par comparaison des teintes réalisées sur laine insolée et non insolée :

A. — MATIÈRES COLORANTES A CARACTÈRE NETTEMENT POSITIF (teinte plus foncée sur laine insolée).

Colorants acides : tartrazine, orangé Il, rouge foulon : à \ ; :

G L, rocceline, fuchsine acide, lanafuchsines, violet for-

pires

myl St B L, bleu alcalin, bleu foulon brillant B L N, bleu patenté, noir naphtol 12 B, noir alphanol, noir naphtylamine D, etc.

Colorants basiques : Chrysoïdine, fuchsine, safranine, Colorants de résorcine : rhodamine, éosine.

Colorants à mordants : tons nets, notamment : naphtine

S, alizarines, bleu d’alizarine $S, galléine, céruléine, etc.

Colorants chromatables : tons nets, surtout : le nacarat, jaune anthracène R N, brun d’anthracène $S W N, noir

P V, bleu d’anthracène R E.

Colorants directs : orangé direct R, brun diamine M, rouge diamine 4 B, rouge congo, violet diamine N, bleu pur diamine FFS, vert diamine G.

Colorants de cuve : rouge thioimdigo.

B. — CoLORANTS NE DONNANT PAS DE DIFFÉRENCE SENSIBLE.

Colorants acides : vert sulfo B, crocéine brillante, dérivés nitrés.

Colorants basiques : vert malachite, violet de méthyle.

Colorants directs : chrysamine.

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